Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Historique du 84e Régiment d’Artillerie Lourde, 1914-1918

Written By: BT

Historique du 84e Régt d’Artillerie Lourde (R.A.L.) pendant la guerre 1914-1918Imprimerie Berger Levrault, Nancy, Paris, Strasbourg

Transcription effectuée par Bernard Théry à partir du site gallica de la BNF

Passerands ayant servi au 84e Régt d’Artillerie Lourde pendant la Grande Guerre : DUPRAZ Pierre, classe 1898, du 23 août 1917 au 28 janvier 1919 ; FIVEL René Emile, classe 1909, du 24 décembre 1915 au 11 juillet 1919 (9e groupe).

Note CHePP : Texte écrit juste après la guerre et destiné aux anciens combattants. D’où le style…

« Le 84e R.A.L. fut constitué le 1er novembre 1915.
Ce n’est pas qu’à cette date les douze groupes du régiment aient apparu, complets, avec leur
vie propre. Jusqu’en juin 1916, la formation du régiment se poursuit, les groupes étant enga-gés sur le front au fur et à mesure de leur mise au point.
Les éléments de formation furent assez divers, et consistaient principalement en servants
d’artillerie à pied, pour la plupart de vieille classe. Un grand nombre appartenaient
même à la réserve de l’armée territoriale et provenaient de batteries de travailleurs ayant déjà occupé leur place au front.
Nous voyons en premier lieu se former les 5e, 6e, 7e, 9e groupes, puis, quelque temps après,
les 1er, 2e, 3e, 8e, 10e, 12e. Enfin les 11e  et 4e groupes et la section de réparations.
Nous ne donnerons pas les dates exactes de formation de chaque groupe. Qu’importent-elles en effet ? Le 84e R.A.L., au 1er novembre 1915, n’existait pas.
En juin 1916, ses douze groupes étaient formés, mais plus ou moins anciens en date, ils ont
toujours été égaux en bravoure, en courage, en dévouement.

D’ailleurs il n’est pas question de donner jour par jour la vie de chacune des unités du

régiment. Le journal de marche de chaque batterie existe. Ce qui importe, ce que nous garderons tous dans notre mémoire,
c’est l’ensemble des efforts consentis par tous, c’est notre participation à la guerre, c’est
la vie des camarades tombés, qui firent la personnalité morale du 84e R. A. L., comme la vie
et le dévouement de tous les Français, les efforts consentis par tous, font la personne de
toute la France et ont fait sa victoire.

La fin de l’année 1915 vit déjà sur le front quelques éléments du 84e R. A. L.
Les 7e et 9e groupes (155 C. et 220) prennent part à l’attaque du 21 décembre sur l’Hartmannswillerkopf.
C’était la dernière opération active, dans ce secteur si violemment agité pendant tout l’été 1915, et c’était l’entrée en ligne du régiment.

Canon de 155 Court Schneider modèle 1917 

Canon de 155 Court Schneider modèle 1917 (site passioncompassion1418.com)

Canon de 155 Court Schneider modèle 1917 (site passioncompassion1418.com)

Fin janvier 1916, ces deux groupes rejoignent Toul, par voie de terre, commençant leur apprentissage de la marche sur route.
A Toul les attendaient d’autres groupes, récemment formés : le 2e (120 L.), le 5e (155 L.), le 6e (100 T. R.*).
*Le canon de 100 mm TR (Tir Rapide), monté sur un affût De Bange donnera si peu satisfaction que même dans une version
réalésée à 105mm il sera retirée du service en novembre 1917 (site clausuchronia.wordpress.com)

 Une batterie d’artillerie lourde (120 Long) se rendant au front après Verdun 

Une batterie d’artillerie lourde (120 Long) se rendant au front après Verdun (site etab.ac-poitiers.fr)

Une batterie d’artillerie lourde (120 Long) se rendant au front après Verdun (site etab.ac-poitiers.fr)

Canon de 155 L  Schneider modèle 1917 

Canon de 155 L Schneider modèle 1917 (site clausuchronia.wordpress.com)

Canon de 155 L Schneider modèle 1917 (site clausuchronia.wordpress.com)

Après quelques jours de remise en main, sous la direction du colonel KATZ, commandant le régiment, les groupes prennent part
à une concentration de feux de quarante-huit heures au saillant de Flirey.
C’est ensuite le retour à Toul, la reprise du travail, on se prépare à des écoles à feu ;
mais pendant ce temps, l’orage s’amoncelait. Ce n’était plus d’écoles à feu qu’il s’agissait :

le 12 février 1916, un laconique télégramme lançait tous les groupes dans la direction de Verdun,
avec ordre d’arriver au combat de toute urgence.
Trente-six heures d’étape sans arrêts et le régiment était au travail.

Ce furent alors les grands jours : que ceux qui y prirent part disent s’ils oublieront jamais ces journées.
Le cœur serré, tout le monde travaillait fébrilement. C’est l’époque où les échelons
étaient dans le faubourg Pavé et dans l’avenue Miribel, où les obus de 380 tombaient
nombreux sur l’hôpital, sur Verdun ; c’est l’époque où la traversée de certains passages de
Verdun était une action dangereuse.

Les troupes qui arrivaient, infanterie ou artillerie, étaient jetées en avant, hâtivement,
isolément, comme des roches lancées au-devant d’une inondation, et sur qui s’acharnaient
les flots furieux.
Plaine de Woëvre, villages de Moranville, de Dieppe, hauteurs des bois Bourrusforêt
d’Esnes, tels sont les noms qui resteront de cette lutte obscure des premiers jours de Verdun.
La pression ennemie devint trop forte, il fallut reculer.
Le 24 février (1916) tout le front français fut reporté en arrière, sur les Hauts de Meuse.
Un fait entre mille, à ce sujet, qui montrera aux jeunes soldats de plus tard ce que fut alors la
lutte : le 7e groupe était devant Moranville, ses huit pièces de 155 C. en batterie dans un
marécage gelé. A lh 30 du matin, un télégramme arrive : « Sortez de batterie immédiatement, rassemblement à l’arrière, laissez ce que vous ne pourrez pas emporter. »
Les tracteurs étaient à 15 kilomètres dans la cour de la caserne Miribel. On n’avait pas le
téléphone. Tout le corps d’armée refluait sur les quelques routes existantes, battues par le tir
allemand. Un motocycliste part, dans la nuit noire toutes les pièces sont mises sur route au
cric, et à 7h 20 tout le groupe quittait la position, dans la brume, sous la neige,
n’abandonnant que deux roues de rechange et une vingtaine d’obus hors service.
Le jour même eurent lieu les reconnaissances, et après quelques heures de repos au bord de la route,
toujours sous la neige, le groupe se remettait en batterie, la nuit suivante, sur les Hauts de
Meuse.
Voilà les premiers moments de Verdun. Ce qu’un fit, tous le feraient ; et petit à petit
les roches jetées devant la vague allemande s’amoncelèrent, se soudèrent les unes aux autres, la digue devint solide peu à peu,
et finalement infranchissable. Verdun resta inviolée.
Ce furent alors les mois terribles de la longue résistance pied à pied, au Tillot, à la route
d’Étain, au bois Bourrus, à la tranchée de Calonne ; rive droite et rive gauche, devant le
fort de Vaux comme devant Thiaumont ou la cote 304, les groupes du 84e furent engagés
partout.
Est-il besoin de dire comme ils firent leur devoir partout ?
Le total des pertes subies à cette époque montre assez ce que furent  ces positions, ce que fut l’attaque allemande,
ce que fut cette lutte de près d’un an, terminée par les deux
éclairs de gloire d’octobre et décembre, reprise de Douaumont, reprise du fort de Vaux,
rétablissement à peu près complet de l’ancien front.
A ce moment, une partie du régiment combattait déjà dans un autre secteur. Seuls les 5e, 6e et 9e groupes continuaient
à défendre Verdun.
Les 1er, 2e, 3e, 4e, 7e, 8e, 11e, 12e groupes étaient dans la Somme, depuis le 1er juillet (1916).
Au milieu de l’été, le 6e groupe, retiré de Verdun et après avoir touché de nouveaux canons
à l’arrière (145 mod. 1910), vint les rejoindre.

Canon de 145/155 Saint Chamond modèle 1916 

Canon de 145/155 Saint Chamond modèle 1916 (site passioncompassion1418.com)

Canon de 145/155 Saint Chamond modèle 1916 (site passioncompassion1418.com)

Ce fut alors un autre genre de lutte, au nord et au sud de la Somme. C’était nous qui attaquions, et que ce soit à Combles,
à Maurepas, au bois Étoilé ou à Vermandovillers, l’atmosphère
n’était plus le même qu’à Verdun. Autre région d’abord, autres sites. Cette grasse plaine ondulée du Santerre est autrement riante que les froids
remparts, les bastions dénudés de Verdun, les bords brumeux et ternes de la Meuse.
Certes, les combats furent durs, sanglants et pénibles.
Après les positions brûlées du soleil en août et septembre, après la plaine semée de cadavres décomposés,
ce fut la plaine d’octobre à décembre transformée en
une mare de boue liquide, ce furent les positions inondées, les tranchées effondrées,
toutes les souffrances de l’hiver tout proche.
Cela, vous vous en souvenez, mes camarades ;  et si vous étiez tentés de l’oublier, le souvenir de tous les camarades qui dorment dans la
Somme, dans ce pays autrefois riche, et qui n’est maintenant qu’un désert, ce souvenir des
braves disparus serait là pour vous rappeler ce que fit le 84e R. A. L., ce que vous fîtes.
Mais c’est un souvenir joyeux, presque, que vous en emportiez. Dans la Somme, vous avez
senti s’accroître vos forces, votre richesse en matériel, en munitions, votre propre
connaissance de ce dur métier qu’est la guerre.
Vous aviez senti enfin que vous meniez le combat, que vous aviez battu le Boche, que vous marchiez à la victoire.
Cette sensation, les camarades des groupes restés à Verdun l’eurent aussi, après les
victorieuses attaques de l’automne, et c’est avec une confiance entière, dans la joie du repos
bien gagné après un an de lutte ininterrompue, que tous vous prîtes la route de Bresles [note CHePP :
dans l’Oise, entre Beauvais et Clermont], dans les premiers jours de janvier 1917.
Tout le régiment était groupé dans la région.
Hiver froid, cantonnements plus froids encore, ces quatre semaines de repos furent bien
employées. Remise en état du matériel, cours pour les officiers, instruction pour la troupe.
Pendant que le 84e se prépare ainsi aux luttes futures, jetons un coup d’œil sur les mois
écoulés. C’est toute la période d’enfantement du régiment qui est maintenant révolue.

Fin 1915-1916, qu’était-ce alors que le 84e R.A.L. , sinon une série de groupes, portant au col le même numéro, mais que n’unissait à peu près aucun lien.
Les officiers s’ignoraient d’un groupe à l’autre, les
hommes, ignoraient l’existence de certains groupes. Et chacun, certes, à Verdun ou dans la
Somme, avait dû souffrir maintes fois de se sentir ainsi isolé, d’avoir l’air presque d’un organe parasite sur l’organisation
serrée et complète des corps d’armée et des divisions.
Maintenant, à Bresles, l’esprit de corps apparaît, d’un groupe à l’autre, d’un cantonnement à
l’autre, on se voit, des liens de camaraderie se forment, et à se sentir ainsi plus de 2.000 hom-mes,
tous animés du même esprit de devoir, tous ayant fait leurs preuves, et tous ayant au col
le même numéro 84, chacun se dit alors que ce qu’il avait fait, ce qu’il avait vu, ce qu’il avait
souffert, tous ces hommes l’avaient aussi fait, avaient vu les mêmes choses, souffert les
mêmes peines, que tous ces hommes étaient vraiment des camarades, et que tous tenaient à
chacun par un lien étroit, tout nouveau et puissant, par la dévotion à cet être moral qu’était le
régiment, représentation réduite de la patrie.
Aussi quand il fallut reprendre la lutte, en février, pour achever ce que la bataille de la Somme avait commencé,
c’est vraiment un corps, avec tout ce que ce mot comprend d’union
et de cohésion, qui monte en ligne.
Réparti sur trois corps d’armée, de Lussigny à Montdidier, le régiment conserve sa vie propre et c’est sans heurts,
avec confiance et connaissant bien sa tâche, que chacun se met au
travail.

20 mars 1917. — L’ennemi renonce à résister et se replie, sans attendre notre attaque, mais il n’était pas
question pour le 84e de pousser de l’avant, sur ce terrain défoncé, où n’existait plus aucun
pont. Le régiment allait être appelé à donner un autre exemple de force raisonnée et d’entraînement.
Le 20 mars au soir, le colonel reçoit l’ordre de partir avec tout le régiment, réparti alors sur le territoire du 3e corps d’armée ;
le 21 au matin, tout le monde était sur la route ; le 21 au soir, tout le monde arrivait à Pont-Sainte-Maxence
[département de l’Oise, en région Picardie, au sud-ouest de Compiègne],
première étape, et point de rendez-vous.
Les douze groupes et la S. R., tout le régiment faisait étape, avec ses matériels de poids
différents et d’allures diverses, deux autres régiments le précédaient.
C’était une colonne formidable qui se déplaçait, cela n’allait pas sans
à-coups et sans encombrement. Les étapes furent longues et pénibles,
des chauffeurs passaient vingt heures de suite au volant.
Mais la tâche fut accomplie, et le 14 (lire 24 ?) mars, tout le régiment était rassemblé
autour de Suippes [Marne en région Champagne-Ardennes, au nord-est de Châlons-en-Champagne],
ayant franchi 300 kilomètres pour venir jouer son rôle dans la grande
attaque projetée.

16 avril 1917. — Là recommence l’époque des vraies batailles. Engagé à l’extrême droite du front d’attaque,
devant Aubérive-sur-Suippes, tout le régiment est sous la main de son colonel.
Moins coûteuse que Verdun, moins pénible physiquement que la Somme, cette bataille de
Champagne a laissé parmi nous pourtant bien des souvenirs, et trop de camarades encore y
trouvèrent la fin glorieuse de leur carrière de Français.
Là comme ailleurs, le régiment fit tout son devoir, et fut remarqué. Rappelons-nous les
positions de batterie de Saint-Hilaire ; les hommes des 1er, 3e et 5e groupes et des groupes
de 155 court et 220 ne sont pas près de les oublier.

Canon de 220 

Canon de 220 (Larousse 1916, page 219, section photographique de l’armée)

Canon de 220 (Larousse 1916, page 219, section photographique de l’armée)

Aussi vivaces sont certainement les souvenirs des 2e, 4e, 6e groupes, en batterie dans la
région du bois de la Chaise ; ne faut-il pas citer aussi le tour de force accompli par le
11e groupe, déplaçant ses lourds mortiers de 280 en trente-six heures
de la ferme des Wacques au bois des Territoriaux, s’y trouvant prêt pour l’attaque, et
revenant quarante-huit heures après à ses anciennes positions.

Mortier de 280 mm 

Mortier de 280 mm (site Wikipedia, art. Mortier de 280 mm Schneider)

Mortier de 280 mm (site Wikipedia, art. Mortier de 280 mm Schneider)

VOIR aussi le site fortificationetmemoire.fr http://fortificationetmemoire.fr/canon-versus-cuirasse-le-vainqueur-est-part-13/

Toute cette période fut marquée pour le régiment par une lettre officielle de félicitations et de remerciements
du colonel commandant par intérim l’artillerie du 12e corps d’armée,
par une citation à l’ordre de la IVe armée des 4e et 6e groupes, par de nombreuses citations
individuelles aux différents échelons.
Jusqu’en juin (1917), le 84e resta en position dans ce secteur. Les groupes longs
restant dans la région de Suippes, les groupes courts se déplacèrent vers l’ouest et connurent
les moments les plus pénibles et les pertes les plus cruelles de leur histoire.
Après une courte semaine de repos fin juin au nord-ouest de Vitry-le-François
[au sud-est de Châlons-en-Champagne] (Pringy, Drouilly, Songy, Soulanges, etc. ;
note CHePP : au nord-ouest de Vitry-le-François), le régiment remonte encore en ligne dans cette
région terrible de Moronvilliers [ancienne commune de la Marne détruite pendant la guerre 14-18 ;
Moronvilliers est situé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Reims], dont il fallait achever la conquête.

Ce fut pour peu de temps, et le régiment allait bientôt revoir un autre secteur, déjà familier à
tous, Verdun. Concentration et remise en ordre, pendant quarante-huit heures, autour de
Courtisols, quelques étapes, et le 25 juillet (1917) tout le 84e était de nouveau
en batterie devant la cité inviolée. Autre atmosphère, pourtant, que lorsque la plupart de nous l’avions quitté, en juillet 1916.
Maintenant nous dominons nettement. Verdun
est toujours le secteur nerveux, irritable, avec l’attaque ou la fausse attaque quotidienne. Mais la digue que nous avons opposée
aux efforts allemands est inviolable, ils ne la perceront pas et c’est nous qui nous préparons à pousser de l’avant, à rejeter
le Boche une fois de plus. 1er, 2e, 5e groupes sur la rive droite, 3e, 4e, 6e sur la rive gauche, avec tous les groupes
courts, tout le monde est au travail ;
et le 20 août 1917 une belle attaque nous rend la cote 304, la cote 344, le Mort- Homme,
etc., et nous rétablit presque dans nos lignes de 1916.

Cela ne fut pas sans pertes sérieuses, et l’apparition de l’ypérite avait fait dans nos rangs des
vides sérieux. L’état-major du 10e groupe était évacué en entier, le 7e groupe perdait son
commandant de groupe et un adjoint, la plupart des batteries évacuaient environ 40% de leur
personnel. Évacuations temporaires, heureusement, la plupart de nos camarades purent nous
rejoindre quelque temps après, et le 84e garda son secteur à Verdun jusqu’au 15 décembre
1917. 

En cette période d’automne, le mauvais temps occasionna un ralentissement des opérations
actives, le calme relatif fut compensé, au régiment, par une plus grande activité organisa-
trice. Tous les matériels anciens, ou presque tous, nous sont retirés et les groupes vont, à tour de rôle à Noailles
ou à Saint-Dizier s’équiper en matériels modernes.
Les 1er et 3e groupes prennent ainsi du 155 G. P. F. [Note CHePP : Canon de 155 mm Grande Puissance Filloux (GPF)
modèle 1917 était un canon de 155 mm utilisé par l’armée française], le 6e rend ses 145 modèle 1910 pour toucher du 145 modèle 1916.
Le 13e groupe arrive de l’intérieur au début d’octobre, avec du G. P. F.

Canon de 155 Grande Puissance Filloux (GPF) 

Canon de 155 Grande Puissance Filloux (GPF) (site clausuchronia.wordpress.com)

Canon de 155 Grande Puissance Filloux (GPF) (site clausuchronia.wordpress.com)

Le 1er octobre également, les six groupes courts, dont la vie depuis quelques mois était assez distincte de celle du régiment,
en sont définitivement détachés et forment le 284e. Le
13e groupe devient bientôt le 7e.
Après avoir touché du nouveau matériel, il faut apprendre à s’en servir, c’est ce à quoi l’on
s’emploie pendant les deux mois et demi d’hiver passés à l’arrière autour de Meurcourt,
près de Luxeuil. C’est pour tous une période d’instruction intense.
Tout le monde est rassemblé (sauf le 2e groupe, un peu à l’écart, près de Giromagny) et tout le monde travaille.
Cours de toutes espèces, pointeurs, mitrailleurs, commandants de batterie, T. S. F. C’est que
chacun sent qu’il faut plus que jamais être prêt, pour la grande attaque que les Allemands nous annoncent pour les premiers
beaux jours.
On répare autant que possible les camions, qui ont déjà parcouru tant de kilomètres sur tous
les fronts. La vieille organisation des sections de munitions est remplacée par celle, plus
souple, de groupe des sections de transports.
Le 4e groupe (155 long 1877-1914) quitte le régiment, qui se trouve ainsi ramené
à sa composition type, six groupes. Le 7e groupe devient le 4e.

Canon de 155 GPF 

Canon de 155 GPF (Wikipedia, art. Canon de 155 mm GPF)

Canon de 155 GPF (Wikipedia, art. Canon de 155 mm GPF)

Plus solidement que jamais, le régiment est constitué, plus que jamais il forme un corps,
conscient de sa force, connaissant sa puissance, prêt à tout entreprendre parce qu’il sait que
son courage sera à la hauteur des pires épreuves.
Aux premiers beaux jours, un petit déplacement, quelques jours passés à Mandres, dans la
région de Gondrecourt.
Et le 21 mars 1918 arrivé, l’attaque allemande se déclenche. Vous apprenez les bombar-dements de Paris.
Tout le monde n’a plus qu’un désir alors, se battre. Et comme tout était prêt
la mise en marche fut prompte et facile.
Le 25 mars, à 9 heures, l’ordre arrivait de partir sans délai et d’être le lendemain matin à
Coole, à 110 kilomètres de là. Départ le soir, et à 6 heures du matin le lendemain, la
file interminable des voitures du 84e étaient rangées sur la route, à Coole. Vous vous rappelez tous ces étapes,
les cantonnements insuffisants et encombrés, cette sensation de l’armée
française entière se ruant au combat pour arrêter le Boche, boucher la brèche qu’il a ouverte,
là-bas, vers le nord-ouest.
Des troupes anglaises reviennent, momentanément en détresse, d’innombrables camions
français, d’innombrables soldats français vont les remplacer.
Le 31 mars, dans la nuit, vous étiez à hauteur de Montdidier, et l’entrée en ligne du 84e fut
une opération magistrale, qui étonna vos camarades de l’armée et montra de suite la
valeur de l’unité ainsi jetée dans la bataille.
Arrivés le 31 mars au soir, vous passiez la journée du 1er avril aux derniers préparatifs, dans des cantonnements
où vous n’aviez pas même la place pour dormir. Pendant ce temps
se font les reconnaissances. Et le 2 au matin, après 500 kilomètres de route, partis de
Gondrecourt, vous aviez vos quarante-huit pièces en batterie, de Montdidier à Amiens,
avec assez de munitions pour arrêter toute attaque de l’ennemi.

Et ce fut la lutte la plus âpre, 4 avril, 26 avril, de Montdidier à Amiens l’ennemi fait des
efforts surhumains pour avancer ; de Montdidier à Amiens, aidés des camarades d’autres
régiments, solidement établis derrière la rivière, déplaçant vos batteries, changeant l’orien-tation de vos pièces,
tirant jour et nuit, d’avril à mai, vous arrêtez toutes les attaques, et
l’ennemi épuisé renonce à prendre Amiens, que vous avez contribué à sauver.
Tous les moyens modernes de servir et d’employer vos matériels modernes, vous les avez.
Vos caterpillars [tracteurs d’artillerie] sont à pied d’œuvre. Vos sections de transport font des prodiges pour vous
apporter des munitions, accomplissant jusqu’à cent quatre-vingts kilomètres par jour
pour que vous ayez toujours de quoi remplir votre mission d’artillerie.
Notre aviation est arrivée à l’entente complète avec nous et ne ménage ni son temps, ni sa peine, ni la vie de ses observateurs
[note CHePP : aviateurs-observateurs qui guident les artilleurs].

Mais tous ces moyens ne seraient rien, sans votre esprit du devoir, votre froide énergie, votre habileté manœuvrière,
votre ardeur au travail. Rappelez-vous, mes camarades, vos positions de Cottenchy
au bois des Gentelles, de MaillyRaineval à Cheppois.
Rappelez-vous tous les combats de cette époque, et votre conscience
vous rendra justice et vous dira que le 84e a été alors un bon ouvrier de la victoire.

Impuissant devant Amiens, l’ennemi reporte ses efforts plus au sud et attaque, le 9 juin, entre Montdidier et Compiègne.
Le 1er et le 6e groupe du 84e, transportés d’urgence sur ce front,
reçoivent le choc le plus rude. Le reste du régiment, changeant encore une fois l’orientation de ses pièces, bat de ses feux
le flanc de l’attaque ennemie.

Le 12 juin (1918), le 84e contribue de même à la contre-attaque.
C’est le signal de la réaction contre les attaques sans trêve de l’ennemi.

Pendant que se précise l’échec ennemi, sur les fronts de Champagne et du Soissonnais, les
opérations reprennent également sur ce front de la Somme. Le 12 juillet, le 23 juillet,
ce sont de petites attaques qui peu à peu nous rendent le cours de l’Avre
et la maîtrise du terrain.

Le 8 août (1918) enfin, c’est la grande affaire, qui nous rend maître en quelques heures de
Montdidier et est le signal d’une marche en avant qui ne cessera plus.
Pour le 84e, c’est encore le moment d’un glorieux et fertile travail. Déplaçant des pièces, des
sections, des batteries, des groupes, établissant à la hâte des lignes téléphoniques, le régi-
ment sut garder la liaison avec le commandement, le contact avec l’ennemi, et si vite
qu’avançaient les fantassins ; nos obus ne cessèrent de les précéder, leur ouvrant le chemin et
démoralisant l’ennemi par des harcèlements perpétuels et de brutales concentrations de feux.

Durant les premiers jours de septembre (1918), le mouvement se continue
sur la Somme. Plus n’est besoin du 84e. D’autres champs de bataille nous réclament.
Après huit jours de repos à Bresles, bref intermède au bout de plus de six mois d’engagements sans répit,
après quelques étapes de nuit, nous revoici en secteur connu, entre Suippes et

Mourmelon, dans ces plaines de Champagne qui virent en 1917 les débuts du 84e R. A. L. en tant que corps constitué.
Et le 26 septembre (1918), c’est le déclenchement de l’attaque, de celle qui sera la dernière,
de l’attaque qui de Reims à l’Argonne, déracine peu à peu le Boche de ses retranchements
formidables.
Toutes ces opérations se tiennent, l’ennemi est progressivement rejeté de partout. C’est la poursuite acharnée,
la guerre « joyeuse et fraîche » que les Boches ont voulue.
Ils n’ont plus le temps ni le pouvoir de s’accrocher à notre sol. Franchissant la Sin, la Suippe,
la Retourne, arrivant jusqu’au bord de l’Aisne, le 84e pousse ses pièces ; met en batterie
sur un terrain que nos fantassins ont libéré quelques heures auparavant.

Et puis c’est la fin ; l’ennemi ne recule plus, il fuit, sans même prendre le temps, comme
autrefois, de tout détruire derrière lui.
Plus n’est moyen de le suivre et le 5 novembre, devant Vouziers, arrive au régiment cet
ordre : « Cessez 1e feu. »
Dès lors, c’est la fin pour nous. Rassemblement à l’arrière, à Courtisols. C’est là que la
nouvelle de l’armistice vint vous trouver, mes camarades. Quelle joyeuse fierté fut la vôtre,
alors, à cette annonce de victoire, ayant, comme vous l’aviez, conscience de la part de gloire
qui vous revenait. Devant vous s’ouvraient enfin les perspectives de la paix, de cette paix que
vous aviez si bien gagnée.

Comme un rappel de tant d’étapes parcourues pendant la guerre, le 84e va encore de
Courtisols à Rebais, près de Meaux, et, en janvier 1919, couvre 500 kilomètres de plus, de
Meaux à Strasbourg. Vous étiez arrivé dans cette Alsace enfin rendue à la patrie, dans cette belle Alsace
que vous avez contribué à reconquérir.Depuis, c’est la vie du temps de paix, la démobilisation a déjà éclairci
les rangs des anciens du régiment ; des jeunes camarades, classe 18, classe 19, nous sont arrivés. Quelques
semaines encore, quelques mois, et tous les anciens seront partis, rendus à la vie du foyer
qu’ils ont défendu et sauvé.

Ce sera, aux jeunes gens des classes suivantes, à ceux qui n’auront que peu ou pas vu la guerre, qu’il appartiendra
de continuer la tradition, de garder intacte la réputation du 84e, de faire ensorte que le régiment soit pendant la paix
ce qu’il a été pendant la guerre, un magnifique corps, où l’esprit de devoir a toujours fait trouver faciles toutes les tâches,
où la compétence a toujours permis de les mener à bien.
Dans le labeur parfois monotone du quartier, quand ils seront las des manœuvres et des
instructions, fatigués de la discipline du régiment, qu’ils se rappellent, les jeunes soldats
des classes à venir, ce que fut le régiment pendant la guerre, qu’ils aient présent à la mémoire ce que firent leurs camarades.
Qu’ils se disent : pendant trois ans, depuis sa formation, le 84e a été partout. Pas une attaque
importante, pas une opération de grande envergure où le 84e n’ait figuré : Belgique, Somme, Oise, Champagne,
Argonne, Verdun, Alsace
, d’un bout à l’autre du front français les canons du 84e se sont fait entendre.
Bien rares ont été les repos, mais nombreuses ont été les appréciations élogieuses, nombreux
les témoignages de satisfaction, nombreuses les récompenses.
S’il n’est pas possible de publier ici toutes les citations, on trouvera néanmoins après ces lignes le texte de
quelques-unes des plus belles, et le nombre total des récompenses ainsi
décernées. Que nos jeunes camarades s’inspirent de ces chiffres éloquents, qu’ils parlent du
84e à leurs anciens chefs de corps, officiers, hommes de troupe, ils n’en trouveront pas un,
maintenant ou plus tard, qui n’ait conservé de l’attachement pour le régiment, et ne se rappelle avec émotion
les heures pénibles ou joyeuses qu’il y aura vécues.
Qu’ils interrogent les chefs sous les ordres de qui le 84e a combattu pendant la campagne. Pas un qui ne leur dise
que ce régiment était un corps de parfaite tenue morale et technique, à
hauteur de toutes les tâches qui lui ont été confiées, remarqué toujours pour sa bonne humeur, sa cohésion, son entrain.

Est-il besoin de conclure ? Les faits parlent d’eux-mêmes et la série des combats auxquels prit part le 84e R. A. L.
montre sans autre commentaire ce que fut le régiment. Comme finale cependant, que les jeunes soldats méditent la mort du
téléphoniste HENRION, de la 14e batterie, 7e groupe, tué au Mont Haut, en avril 1917.

Parti pour réparer une ligne téléphonique, il fut blessé mortellement, ainsi que le camarade
qui l’accompagnait. A son lieutenant, parti à sa recherche et le trouvant enfin gisant à terre
près de la ligne téléphonique, il dit seulement :
« Oui, mon lieutenant, nous avons été touchés, mais la ligne est réparée jusqu’à là. » et il
mourut. Qu’ils gardent cet exemple présent à la mémoire, qu’ils adoptent pour devise
les trois mots qui peuvent synthétiser ce que fit le 84e R. A. L., et la façon dont le travail y fut toujours accompli :
« Gaiement, courageusement, consciencieusement. »

Et dans l’avenir, quand le 84e R. A. L., dans l’organisation du temps de paix sera installé dans un quartier,
que les jeunes soldats aillent de temps en temps à la salle d’honneur, où
seront gravés les noms de tous les braves du 84e qui ont trouvé sur les champs de bataille le
glorieux couronnement de leur dévouement à la patrie.
En attendant, qu’ils lisent ici cette liste de leurs anciens tués à l’ennemi, de ces braves qui
firent la valeur morale du 84e R. A. L. Que leur mémoire et leur souvenir soit présent
en nous, que leur mort, qui a donné la gloire à la France victorieuse, soit pour nous le symbole du dévouement
avec lequel nous devons servir dans l’avenir ! »

CITATIONS INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES
décernées au personnel du 84e R. A. L.
Le cahier des ordres du régiment donne connaissance des citations collectives suivantes :

ORDRE N° 81
Ordre général n° 174 de la IIe armée, du 16 mai 1916.
Citation à l’ordre de l’armée.

L’artillerie du 32e corps d’armée, sous l’habile direction du général FRANIATTE :
« A, par des tirs bien appropriés, exécutés sans relâche depuis le 15 mars 1915, de nuit
comme de jour, sans souci de la fatigue ni des pertes, contribué tout d’abord
à briser l’offensive allemande dans le secteur du Mort-Homme
et de Cumières, préparé et appuyé ensuite les attaques, infligeant à l’ennemi de lourdes pertes en hommes et
en matériel et donnant à, notre infanterie la plus belle confiance et la certitude
du succès. Les canonniers des 40e, 46e et 61e régiments d’artillerie de campagne et de l’artillerie lourde du groupement,
se sont montrés dignes de leurs camarades de l’infanterie. »

Les 1er et 5e groupes du 84e R. A. L., le 5e groupe du 1.14e, faisaient partie de l’A. L., rattachée à ce groupement.
– Le Colonel, Signé : KATZ.

AUTRE DOCUMENT tiré du site pages 14-18  :

Un soldat du 84 RALT a tenu un journal que son petit-fils m’a prêté. Il commence en septembre 1915.
« Après un séjour de près de deux mois dans un dépôt de convalescents à MaisonsAlfort, je rentre au dépôt de mon régiment, ce dépôt est également à Maisons-Alfort.
Je n’y reste que quelques jours. Ayant retrouvé mon ancien capitaine, blessé quelques temps avant moi, il me fait savoir qu’il va prendre le commandement d’une batterie lourde et il me propose de partir avec lui dans cette nouvelle batterie, c’est une aubaine pour moi et j’accepte de bon cœur. Mon séjour au dépôt sera écourté mais c’est bien préférable pour moi de repartir au front avec un officier que je connais déjà depuis longtemps, en plus de ça le dépôt du 59e fournit en ce moment beaucoup de personnel pour des formations d’artillerie de tranchées       (crapouillots). A ma nouvelle batterie je vais retrouver Sautereau, un collègue de la 1ère batterie du 59e qui sera mon maréchal des logis chef.
27 Septembre (1915).  Depuis la veille j’appartiens à la 4e batterie du 83e Régiment d’artillerie lourde. Nous avons des 155 court modèle Fillon 1888 transformé en 1913. C’est pour moi un canon tout nouveau qui est bien moins maniable que le 75. Ce canon se compose de 2 parties bien distinctes, la plate-forme pesant 4200 kgrs et le canon en pesant 3200.
Ma nouvelle batterie se trouve à Joinville-le-Pont, pays connu car c’est à côté de Maisons-Alfort. Chaque jour, nous faisons de la manœuvre et je commence mon instruction d’artillerie lourde. Beaucoup de sous-officiers sortent comme moi de l’artillerie légère et ignorent le 155.

Pour la suite, les secteurs tenus sont dans l’ordre :
12/1915 – 25/02/1916 : Alsace, Hartmannswillerkopf – Steinbach.
07/02/16 – 16/02/1916 : Bois le Prêtre – Bois de Mortmart.
17/02/1916 – 06/07/1916 : Verdun – Secteur Fort de Tavannes.
17/07/1916 – 21/03/1917 : Somme
24/03/1917 – 20/07/1917 : Champagne – Secteur de Prosnes, Mont Cornillet.
20/07/1918 – 28/07/1917 : Argonne – Vienne le Chateau – Four de Paris.
28/07/1917 – 20/09/1917 : Bois d’Avocourt – Cote 304 – Ravin des Fontenettes.
02/10/1917 – 07/11/1917 : Laffaux – Chemin des Dames.

Fin du récit le 24/12/1917 :
« La Guerre se prolongeant, je n’ai pas le courage de continuer mon journal. J’ai fini la campagne avec la même batterie devant Guise, c’est là que le 11 novembre 1918 nous avons eu le grand bonheur d’apprendre que ce cauchemar était enfin terminé.
Parmi les camarades partis avec moi en 1915 avec le 84 peu sont restés.
J’ai participé en 1918 à la défense de Belgique, au Mont Kemmel, là, les pertes ont été sévères pour ma batterie, ensuite aux attaques de Moreuil et de Montdidier, ce qui a valu à mon groupe le port de la fourragère, c’est le seul groupe du régiment, un peu plus tard, les attaques de l’Ailette et ensuite la poursuite jusqu’à Guise.
Je regrette de ne pas avoir continué ce journal au jour le jour, car en 1918 j’ai vu des choses intéressantes, si toutefois des choses terribles peuvent être intéressantes. »

Les Régiments d’Artillerie Lourde à Tracteurs (R.A.L.T.) étaient numérotés de 81 à 90 au moment de leur création à partir de 1915.
En 1917, tous ces régiments comprenaient douze groupes composés chacun de deux Batteries numérotées de 1 à 24.
Cette organisation très lourde avait imposée la création de deux Groupements au sein de chaque Régiment, le 1er Groupement réunissait les groupes  N° 1 à 6 armés de canons longs et le 2ème Groupement les groupes N° 7 à 12 armés de pièces courtes (canons courts ou mortiers).
Le 1er octobre 1917, une nouvelle organisation crée 20 R.A.L.T. en scindant les 10 R.A.L.T N° 81 à 90 pour aboutir à l’organisation suivante :

– R.A.L.T. N° 81 à 90 gardent chacun leurs six premiers groupes de canons longs sans changement d’appellation des groupes et batteries.

– R.A.L.T. N° 281 à 290 nouvellement créés à partir des groupes N° 7 à 12 des régiments existant antérieurement (les « nouvelles » batteries sont désormais numérotées de 21 à 32).

En clair, pour le 84ème R.A.L.T : pas de changement pour les Groupes N° 1 à 6.
Pour le 284ème R.A.L.T nouvellement créé :
Le 1er Groupe (21 et 22ème batteries) est l’ancien 7ème Groupe du 84ème R.A.L.T. (13 et 14ème batteries) et ainsi de suite.

Le 4ème Groupe (27 et 28ème batteries) du 284ème R.A.L.T. est donc l’ancien 10ème Groupe du 84ème R.A.L.T. (19 et 20ème batteries), sans changement de matériel ni de personnel. L’armement du groupe est le mortier de 220 C modèle 1916 Schneider.
La 14ème SM est une Section de Munitions.
J’espère que vous m’avez suivi ! Car l’organisation des Régiments d’artillerie n’est pas simple ! Cordialement, Guy.
Au 30 septembre 1919, les R.A.L.T. de la série 281 à 290 étaient dissous depuis plusieurs mois, seuls subsistaient les 81 à 90ème R.A.L.T.
Les conditions de la démobilisation sont très compliquées, les changements d’affectation sont très nombreux.
Les R.A.L.T. sont très différents des R.A.L., car les R.A.L.T. sont entièrement motorisés, y compris les Sections de Munitions.
Les R.A.L. sont hippomobiles et ne disposent que d’un faible nombre de véhicules à moteur.
Les dotations, les tableaux d’effectifs sont différents, les R.A.L.T. disposent d’un grand nombre de spécialistes, mécaniciens, chauffeurs, etc…
L’emploi des R.A.L.T. est aussi particulier, ils sont actionnés par le G.Q.G. ou la R.G.A.L. Les tirs des pièces longues des R.A.L.T. sont plus souvent réglés avec l’aide de l’aviation, etc… Cordialement, Guy.

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en particulier

– Les Passerands des Régiments d’Infanterie Alpinehistoire et uniforme
Les fantassins de Passy en 14-18 : biffins et havresac 

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– Passy de 1920 à nos jours.

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 Les ex-voto du temple romain de Passy
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– L’étonnant « Cahier » d’Eugène Delale, école de Passy, 1882
–  La méthode Freinet à l’école de Passy, 1932-1952
– La conduite forcée de 1947-1952 et la production hydroélectrique à Passy
– L’Arve des Gures aux Egratz, à Passy
– Vues panoramiques sur le Mont-Blanc depuis Passy
– L’inalpage dans les « montagnes » de Passy, « l’emmontagnée », et la « remuée » pendant l’été
– La gare de Chedde à Passy et la ligne Le Fayet-Chamonix
– La sculpture d’Albert FERAUD (1921-2008), La Porte du soleil (1973), sur la « Route de la Sculpture Contemporaine » à Passy
– La stèle de la Torchette à Passy et les commémorations du maquis de Montfort

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