Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Les Passerands dans les troupes alpines en 14-18

… des unités d’élite

Lire notre revue Vatusium n° 18, 2015 « Les Passerands dans la Grande Guerre », 1ère partie : 1914 et 1915.

Près de 40% de Passerands ont servi dans les troupes alpines pendant la Grande Guerre (voir dans Vatusium n° 18 p. 10, 14-15, p. 42-43, p. 59 et  l’article « Les Diables bleus sur la ligne bleue des Vosges », pages 16 à 22).

Il faut distinguer deux types d’unités :
les chasseurs alpins, organisés en bataillons (BCA), parfois regroupés en demi-brigades et les chasseurs à pied (BCP ou BCAP). Voir notre page sur les chasseurs alpins.

l’infanterie alpine, organisée en régiments (RIA). Voir notre page sur les régiments d’infanterie alpine.

Alors que les régiments d’infanterie alpine portent l’uniforme de l’infanterie (pantalon garance et vareuse noire), les bataillons de chasseurs alpins portent la tenue bleue des bataillons de chasseurs à pied dont ils continuent à faire partie.
Les deux types d’unités se retrouvent au sein des mêmes divisions alpines.

Histoire des troupes alpines en Europe

Alpini (site Musée militaire de Lyon)

Alpini (site Musée militaire de Lyon)

« L’Autriche joue un rôle de précurseur, elle possède depuis le milieu du XIXème siècle une troupe de chasseurs tyroliens spécialisés dans le combat en montagne. (…) Les succès militaires remportés par les chasseurs tyroliens autrichiens en 1866 font prendre conscience aux Italiens que les Alpes ne constituent plus une fortification naturelle suffisante. Cette obligation stratégique impose au jeune royaume d’Italie la formation d’unités préparées aux opérations en zone montagneuse : les Alpini. Créés en octobre 1872, les Alpini s’imposent rapidement comme le corps d’élite de l’armée italienne.

La répercussion sur la France est immédiate. La présence des Alpini sur la frontière oblige l’Armée française à s’adapter et à former des troupes pour la montagne. » (Amont, Association Montagne et Patrimoine)

Histoire et évolution des troupes alpines françaises
« Le terme de « chasseur » apparaît en France au cours du XVIIIème siècle, il sert à désigner les unités chargées de missions de reconnaissance et de coups de mains. Toutefois, c’est en 1837 qu’une compagnie de chasseurs à pied est formée pour expérimenter une arme nouvelle, la carabine à canon rayé.
Ainsi, dès l’origine, les chasseurs sont conçus comme une troupe d’élite dont la qualité première est la mobilité. Les bataillons de chasseurs à pied sont « testés » sur tous les fronts : Algérie, Crimée, Italie, Chine… Mais c’est dans les Alpes que les chasseurs scellent définitivement leur mythe.
Le rapprochement entre l’Italie et l’Allemagne inquiète l’Etat-major français. A la fin des années 1870, les chasseurs expérimentent des marches de reconnaissances dans les vallées alpines. Le constat est sans appel : bien que parfaitement entraînés, les hommes éprouvent les pires difficultés à se déployer. Il apparaît impératif de former des unités adaptées aux conditions particulières de la montagne et disposant d’une plus grande autonomie.
Ces exercices permettent la mise en place des groupes alpins interarmes, associant chasseurs, artilleurs et sapeurs du Génie. Toutes ces observations aboutissent à la loi du 24 décembre 1888 qui désigne « douze bataillons plus spécialement chargés d’opérer dans les régions montagneuses » (MARTIN J.-P. Les troupes alpines, montagnards et soldats, Editions Le Dauphiné, 1999).

Chasseur alpin en 1888 (site Musée militaire de Lyon)

Chasseur alpin en 1888 (site Musée militaire de Lyon)

Les nouvelles unités sont stationnées face à la frontière italienne dans les XIVème (Grenoble) et XVème (Marseille) régions militaires (XVème Région (Décret du 16 décembre 1891) – Basse Alpes (moins 3 cantons) ; Alpes-Maritimes ; Var ; Bouches-du-Rhône ; Gard ; Vaucluse, Ardèche ; Corse. Quartier Général – Marseille.). Ce positionnement explique que l’appellation officieuse d’Armée des Alpes s’impose rapidement dans tous les esprits.
Pour servir de point d’appui à ces unités, une formidable ligne de fortifications est mise en place conformément aux directives du général Raymond-Adolphe Séré de Rivières responsable du comité de défense entre 1874 et 1880. En une vingtaine d’années, les Alpes-Maritimes sont transformées en un véritable camp retranché. L’Authion, le Tournaïret, la Bonnette, le Mont Agel, le Mont Chauve, la Drette, la Revère,… toutes les hauteurs entourant Nice sont mises en défense.
Les ouvrages sont confiés aux Régiments d’Infanterie Alpine qui voient le jour en 1889.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, l’Italie restant neutre, les bataillons alpins sont envoyés sur le front de l’Est. (Amont, Association Montagne et Patrimoine)

« Durant le premier conflit mondial, les troupes alpines participent à la majorité des engagements menés par l’armée française, des Vosges à la Somme, de la Lorraine à l’Italie, en passant par le front d’Orient. Troupes d’élite, elles sont durement éprouvées en 1915 dans les Vosges, où elles vont payer un lourd tribut. » (Site mémoire-des-alpins)

Les Allemands, impressionnés par tant de bravoure, leurs attribuent le surnom de « Diables bleus ». (Amont, Association Montagne et Patrimoine)

Voir dans Vatusium n° 18, p. 15 « Une colonne de ces chasseurs alpins, en marche pour prendre un poste des Vosges couvertes de neige, défile en présentant les armes, derrière l’un de ses chefs ».

Un témoignage émouvant : le Monument dédié aux Chasseurs Alpins du 28ème Bataillon, qui subirent la première attaque allemande en janvier 1915 à l’Hartmannswillerkopf.

Monument du 28ème Bataillon de chasseurs Alpins, Hartmannswillerkopf (Vieil-Armand), Alsace

Monument du 28ème Bataillon de chasseurs Alpins, Hartmannswillerkopf (Vieil-Armand), Alsace (site notrehistoire-mamemoire)

Les uniformes des troupes alpines françaises

Uniforme des chasseurs alpins

Le 13° Bataillon de chasseurs alpins au repos 1914/15, autochrome de la collection Jules Gervais-Courtellemont - Cinémathèque Robert-Lynen, site FranceTVéducation ; photo reproduite dans Vatusium n° 18, p. 14 (site pp.curiospere.tv)

Le 13° Bataillon de chasseurs alpins au repos 1914/15, autochrome de la collection Jules Gervais-Courtellemont – Cinémathèque Robert-Lynen, site FranceTVéducation ; photo reproduite dans Vatusium n° 18, p. 14 (site pp.curiospere.tv)

Seule la coiffure, le béret de laine noire, est commune aux deux types d’unités. La célèbre « tarte » (béret large) est ornée du cor de chasse argent pour les BCA (Voir couverture et quatrième de couverture du Vatusium n° 18), alors que celles des RIA se distingue par la grenade garance à 7 flammes en drap découpé de l’infanterie (1896).

Béret de chasseur alpin orné du cor de chasse (site verdun-meuse)

Béret de chasseur alpin orné du cor de chasse (site verdun-meuse)

Mannequin portant l’uniforme d’un chasseur du 12e Bataillon de Chasseurs Alpins (Site hervedavid les uniformes de la grande guerre)

Mannequin portant l’uniforme d’un chasseur du 12e Bataillon de Chasseurs Alpins (Site hervedavid les uniformes de la grande guerre)

Voir notre page « Les Passerands chasseurs alpins en 14-18, histoire et uniforme »

Uniforme des régiments d’infanterie alpine 

Voir la photo du Passerand Théophile FIVEL, 159e R.I.A., dans Vatusium N° 18, p. 56.

Et notre page « Les Passerands des Régiments d’infanterie alpine : organisation, uniforme et équipement des RIA

Mannequin d’un soldat du RIA qui se distingue par la grenade garance (site diables-bleus-du-30e.actiforum)

Mannequin d’un soldat du RIA qui se distingue par la grenade garance (site diables-bleus-du-30e.actiforum)

 

Sources :

Site Musée militaire de Lyon ; Site Amont, Association Montagne et Patrimoine ; Site mémoire-des-alpins ; site notrehistoire-mamemoire ; site pp.curiospere.tv ;

site verdun-meuse ; Site hervedavid les uniformes de la grande guerre ; site diables-bleus-du-30e.actiforum

Voir nos autres pages sur
Les débuts du ski dans l’armée française, 1896-1913
Des Passerands soldats skieurs en 14-18

– Passy pendant la grande Guerre
en particulier
 notre page consacrée au monument aux morts de Passy.

– Passy de 1920 à nos jours.

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