Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

La Réforme et la Contre-réforme en Savoie

Plan et références :

a. La Réforme protestante et Genève
b. Les guerres de religion

c. La Contre-réforme catholique : l’art baroque à Passy et ses environs

Lire notre revue Vatusium n° 3, p. 4 à 8 et p. 10 ; Vatusium n° 4, p. 4 à 29.

Voir aussi : Albert Mermoud, Mémoire du Mt-Blanc d’antan, p. 176 à 180 ; M. Hudry et al. , Découvrir l’histoire de Savoie, p. 108 à 111 ; Robert Avezou, Histoire de la Savoie, PUF, Coll. « Que sais-je ? ».

a. La Réforme protestante et Genève
« Depuis des décennies, dans toute l’Europe, sévit une grave crise de la foi provoquée, en partie, par la vie relâchée des prêtres et des moines, cumulant les bénéfices ou accumulant les richesses des abbayes, sans accomplir les devoirs de leur ministère. » (Découvrir l’histoire de Savoie, p. 111).
A cela s’ajoutait l’affaire des Indulgences qui a scandalisé bien des consciences.

Pour en savoir plus sur les indulgences, voir le site Renaissance-France.

 Que se passe-t-il à Passy ?
« Dans l’ensemble, le Duché de Savoie (…) n’est pas touché par les luttes religieuses ; l’éphémère foyer protestant du Chablais n’a pas rayonné à l’intérieur de la Savoie (…); le clergé savoyard, à l’orthodoxie farouche, monte une garde vigilante ; il se sent épaulé, en cette matière, par le pouvoir souverain, fixé maintenant de l’autre côté des Alpes, mais qui a mis sur pied, à Chambéry, (…) un Sénat de Savoie aux attributions à la fois judiciaires et politiques. Ce corps de magistrats qui, pendant plus de deux siècles, incarna vraiment l’esprit de la vieille Savoie traditionaliste, travailleuse et raisonnable, fut un auxiliaire zélé d’Emmanuel-Philibert dans sa défense de l’Etat contre la propagande huguenote. » (Histoire de la Savoie, PUF, p. 70)

« Les souverains catholiques demandent au pape la réunion d’un Concile pour réconcilier les protestants avec l’Eglise. Il se réunit à Trente en 1545 ; après une interruption, il reprend en 1558 et s’achève en 1563. (…) » (Découvrir l’histoire de Savoie, p. 111).

La ville de TRENTE se situe à l’ouest de Venise.

« Malgré ses liens commerciaux avec Genève et sa proximité, la Savoie n’avait (donc) pas été gagnée par le protestantisme, à part quelques secteurs limités du Chablais. (Mémoire du Mt-Blanc d’antan, p. 176).

« L’Eglise de Rome mit en œuvre la Contre-réforme qui (…) définit les bases d’une politique de redressement par des solutions nouvelles. » (Mémoire du Mt-Blanc d’antan, p. 176).

Le concile de Trente (Pinacothèque de Trente)

« L’Église va se rapprocher de l’esprit de l’Évangile, rendre les textes sacrés plus explicites. L’enseignement est plus didactique, fait par des prêtres beaucoup plus instruits. La vie de l’Église est ramenée dans une voie plus exemplaire que dans le passé. »

« Les évêques (catholiques) réformateurs (…) cherchent à rétablir l’obéissance à la règle dans les abbayes (…). L’évêque de Genève s’installe à Annecy. »  (Découvrir l’histoire de Savoie, p. 111).

« C’est le jeune François de Sales *, prévôt du Chapitre cathédral de Genève-Annecy, futur évêque et gloire du diocèse, qui (…) ramènera les Chablaisiens à la foi catholique, dans les dernières années du siècle. » (Histoire de la Savoie, PUF, p. 69)

François de Sales (retable de l'église St-Pierre de Passy, Vatusium n° 3, p. 15)

François de Sales (retable de l’église St-Pierre de Passy, Vatusium n° 3, p. 15)

Saint François de Sales remet les règles aux sœurs de la Visitation, Anonyme, XVIIe siècle (site : Bibliothèque d’Annecy).

* François de Sales : lire notre revue Vatusium n° 3, p. 15 et n°4,, p. 26.

« Sur la forme, elle va, d’une part s’engager dans la voie de la répression forte, et d’autre part, prendre le contre-pied de la doctrine de l’Église réformée.
Celle-ci avait prohibé les images ; l’Église catholique, au concile de Trente, décida, au contraire, d’en faire un instrument de son enseignement. Elle va s’efforcer de toucher le cœur des fidèles autant que l’esprit. » (Mémoire du Mt-Blanc d’antan, p. 176)

b. Les guerres de religion

Les Princes et la Réforme, 1531-1555 (source : Larousse)

L’Europe du XVIe siècle est déchirée par le conflit entre catholiques et protestants ; le royaume de France est ravagée par huit guerres de religion, de 1561 à 1598.

Pour en savoir plus sur les guerres de religion, voir :
le site Larousse ;
le site herodote (résumé).

c. La Contre-réforme catholique : l’art baroque à Passy et ses environs

Notre-Dame de la Gorge (cliché Bernard Théry)

Pour en savoir plus sur Notre-Dame de la Gorge, lire notre revue Vatusium n° 3, p.7.

« Elle va ainsi développer la dévotion à l’Enfant-Jésus et à la Vierge Marie* associés dans des peintures et des sculptures touchantes. Les Anges-Gardiens, les saints, vont prendre une plus grande place dans les images, comme dans la décoration des lieux de culte. » (Mémoire du Mt-Blanc d’antan, p. 176)

* Voir, par exemple, le retable de la chapelle de Bay : Le Couronnement de la Vierge (cliquez ici).

Saint-Nicolas de Véroce (cliché Bernard Théry)

A la fin du XVIIe siècle, on devait atteindre le sommet de l’exubérance dans les couleurs et les formes. Un nouvel art sacré était ainsi sorti de la Contre-Réforme, dont il en fut peut-être l’expression la plus directe, le messager essentiel : l’art baroque qui, bientôt fleurira notre vallée. Mais cet art nouveau n’aurait pas pu naître sans une foi profonde. » (Mémoire du Mt-Blanc d’antan, p. 176)

Saint-Nicolas de Véroce (cliché Bernard Théry)

Pour en savoir plus sur Saint-Nicolas de Véroce, lire notre revue Vatusium n° 3, p.8.

« La Savoie accueillera cet art presque avec passion, et se couvrira d’églises décorées de motifs baroques, (…) et c’est principalement dans les églises de montagne que cet art, d’influence italienne, essentiellement, va s’épanouir entre 1650 et 1750.
Ces églises, d’architecture fidèle aux traditions montagnardes, restent dépouillées à l’extérieur : seule, la façade est parfois décorée (…). »

Façade de l’église de Cordon (cliché Bernard Théry)

« Mais dès que l’on entre, on est saisi par la variété et la profusion des sculptures de bois ou de stuc dorés, par les tableaux aux couleurs vives, par la nature partout idéalisée, avec des fleurs, des fruits, des plantes, des oiseaux sculptés et peints. Les statues et les peintures sont comme en mouvement, sur fond de ciel. Les personnages paraissent en apesanteur, volant dans les airs plein de lumière.
Les décors sont somptueux, où domine la couleur d’or, figurant la splendeur céleste. Les angelots joufflus et souriants évoquent la joie de vivre dans l’innocence de l’enfance. Les paysans montagnards ont ainsi devant les yeux une sorte de catéchisme en images, avec toute la création céleste et terrestre.
Ici, peu de châtiment dernier, ni de porte de l’enfer. La religion se veut douce et humaine dans la grâce et la béatitude du Paradis retrouvé. » (Mémoire du Mt-Blanc d’antan, p. 179-180)

A Passy, cet art baroque est illustré dans divers édifices religieux :
église St-Pierre : lire notre revue Vatusium n° 3, p. 10 à 17.
église St-Donat des Plagnes : lire notre revue Vatusium n° 3, p. 40 à 43.
chapelles des villages : lire notre revue Vatusium n° 4, p. 15-16 (Maffrey), 18-19 (Joux), 22 à 28 (Bay).

Autres pages sur Passy aux XVIe-XVIIe siècles.

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Eglise Saints-Pierre-et-Paul (Chef-lieu) ; orgue.
Eglise Saint-Donat (les Plagnes).
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