Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

L’écroulement de la montagne des Fiz en 1471

Lire notre revue Vatusium n° 1, p. 18 à 21 et Vatusium n° 1 bis, p. 24 à 28 ; Vatusium n° 6, p. 32.
Voir aussi Paul Soudan, Historique de l’usine de Chedde, p. 27 ; la Brochure Plaine-Joux, hier et aujourd’hui, p. 4.

Vatusium n° 6, p. 32. Extrait :

« Un fait important dans l’histoire de Passy est le grand éboulement ou glissement de 1471. En mars, une partie des rochers formant une arête parallèle aux rochers des Fiz qui devait se situer sur l’actuelle tête de Barmus «se détacha, entraînant les arbres et les terres jusqu’à l’Arve, dont les eaux refluèrent, menaçant d’inonder la plaine de Servoz. Jean-Louis de Savoie*, évêque de Genève fit appel aux hommes de bonne volonté pour travailler à l’ouverture d’un passage pour les eaux. Cette catastrophe est parfaitement confirmée par les énormes quantités de blocs amoncelés au pied du rocher, au couchant de la montagne de Barmus jusqu’à Plaine Joux, en aval du lac Vert sur la commune de Servoz et enfin jusqu’à l’Arve. » (P. Soudan) »

* Jean-Louis de Savoie, prince-évêque de Genève de 1460 à 1482, 13e enfant du duc Louis Ier de Savoie et d’Anne de Lusignan, deuxième des quatre fils de Louis Ier de Savoie à occuper le poste – par ailleurs évêque de Tarentaise.

Schéma extrait de Vatusium n° 1bis, p. 27

Pour en savoir plus, lire Vatusium n° 1bis, p. 27.

Brochure Plaine-Joux, hier et aujourd’hui, p. 4. Extrait :
«  Comment expliquer en quelques mots ce phénomène géologique d’éboulement ?

20.000 ans avant Jésus Christ, le glacier de l’Arve comble toute la vallée et seuls quelques sommets des Fiz émergent de la masse glaciaire. Jusqu’à -14.000 ans, les glaciers entament un lent recul et cette disparition progressive des glaces modifie la stabilité des versants de nature argileuse ou schisteuse, provoquant une décompression importante de ces ensembles rocheux. D’autre part, les infiltrations des eaux pluviales provoquent, à l’intérieur même du massif, des cavités souterraines et un réseau qui font de nos jours le bonheur des spéléologues. Il s’ensuit de nombreux affaissements qui entraînent des éboulements des barres calcaires. Cette situation géologique est à l’origine de la fragilité de la chaîne des Fiz. »

« De nombreux effondrements eurent sûrement lieu depuis la fin de la dernière ère glaciaire. Dans l’antiquité, l’un d’entre eux provoqua vraisemblablement un bouchon sur l’Arve et le lac dit de Servoz…
Le 1er éboulement daté formellement eut lieu en 1471. Une partie de la chaîne des Fiz à l’amont des Mollays s’écroule. La masse de terre et de rochers atteint le cours de l’Arve à Servoz, comblant le défilé des Gures. Un lac se forme qui menacera d’inonder les cultures de Servoz.
Ce barrage naturel fait alors l’objet de travaux de déblaiement (voir ci-après la « lettre exhortatoire de l’évêque de Genève). Cette masse s’étale aussi sur le coteau de Plaine-Joux qui s’aplanit.
Le Lac Vert
Le Lac Vert se situe au milieu d’un chaos d’éboulis. Il s’est créé lors de cet éboulement de 1471 par formation d’une dépression due aux glissements rotationnels de la masse rocheuse. » (Plaine-Joux, hier et auj., p. 4)

Vatusium 1bis, page 26 :  LA  CORVÉE DE DÉBLAIEMENT de 1471 et les 40 jours d’indulgence

« Lettre exhortatoire pour faire aide afin de faire quelque déblaiement du mont qui s’est écroulé, pour évacuer le lac et l’Arve (sic) »

« Pierre de Compeys protonotaire de la Sainte Eglise Romaine, chanoine de l’Eglise de Genève et de Lausanne, vicaire général au spirituel et au temporel de ladite Eglise et évêché de Genève pour ce spécialement député. A tous et un chacun curés et vicaires des cités et diocèse de Genève qui verront les présentes. Salut en le Seigneur et abondance d’œuvres charitables.

Comme il nous a été relaté en vérité le cas d’un mont lequel s’est écroulé icontre l’eau de l’Arve dans la paroisse de Ste Marie du Lac au diocèse de Genève et a interrompu le cours de l’eau de sorte qu’une immense quantité d’eau s’est accumulée en un lac lequel va inonder soit submerger la majeure partie des biens des pauvres cultivateurs de ladite paroisse sans un prompt « remède », à savoir de dégager, rétablir et faire nettoyer le cours de ladite eau, ce qui ne pourra être fait sans l’aide des subsides et de la personne des fidèles du Christ, c’est pourquoi nous vous exhortons et man­dons par les présentes en un tel cas et pour éviter et mettre hors du danger d’une telle accumulation votre population et vos paroissiens et assurer leur salut de contribuer de bon gré aux avis susdits et de leurs exposer le(dit) remède en vous engageant personnellement, de sorte qu’ainsi ils fassent montre de leur dévotion. Nous, confiant en la miséricorde de Dieu tout puissant et en la sagesse de son esprit, de par l’autorité prédite à nous commise, octroyons à tous les fidèles du Christ repentants et confessants qui apporteront leur aide personnellement et réellement et travailleront de leurs mains à cette tâche quarante jours d’indulgence *, grâce que nous accordons pour deux années.

Fait à Genève le sixième jour de mai mil quatre cent septante un. Sous le grand sceau de ladite Eglise de Genève et signé de la main de notre cher Claude Vianneys par autorité apostolique et impériale, notaire public et secrétaire du duc de Savoie et du Siège apostolique de Genève soussigné, en témoignage des présentes. » (Vatusium 1bis, page 26)

* L’indulgence consiste à abréger le tourment des âmes du purgatoire pour ceux qui en bénéficient.

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