Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Le torrent de Reninges, à Passy et St-Martin

Lire notre revue Vatusium n° 15, p. 51 « Travaux dans les torrents » ; Vatusium n° 17, « La traversée de Passy »

Voir aussi :
C’était hier, Sallanches, p.16-17, « Dégâts des eaux ». Paul Mougin, Les Torrents de la Savoie – Savoie et Haute-Savoie. Inondations et catastrophes, Chap. II, Section VIII « Le torrent de Reninges », 1914, rééd. La Fontaine de Siloé, 2001, pages 387 à 400 (disponible à la Bibliothèque de Passy).

Le voyage vers les « glacières » de Chamonix, et donc la « traversée de Passy », ont longtemps été perturbés par les crues du torrent de Reninges, juste en amont de Saint-Martin.

La plus grande partie du torrent de Reninges se trouve sur le territoire de Passy.

Le torrent de Reninges vu de Saint-Martin (cliché Bernard Théry, nov. 2014)

Le torrent de Reninges vu de Saint-Martin (cliché Bernard Théry, nov. 2014)

Paul Mougin  a étudié et décrit ce torrent en 1914 :

Naissance, bassin de réception et cône de déjections

« Affluent de droite de I’ARVE qu’il rejoint près du village de SAINT-MARTIN à 531 mètres d’altitude, le torrent de RENINGES prend naissance dans les replis des AIGUILLES de VARENS (2.488 m), éperon le plus méridional du massif de PLATÉ, à 2.132 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. […]. Le cône de déjections […] se trouve sur la commune de SAINT-MARTIN tandis que le bassin de réception, d’une surface de 45 hectares, est sur celle de PASSY.

La longueur du cours d’eau étant de 4.044 m. (1), la pente moyenne générale est de 39,5 %.  […] mais, en réalité, le lit est formé de paliers de 100 mètres environ de longueur et de 12 à 18 % d’inclinaison séparés par des cascades, dont la dernière mesure 105 mètres de chute. […] (1) DEMONTZEY. L’Extinction des torrents en France par le reboisement.

La dernière cascade du torrent de Reninges et ses 105 mètres de chute, vue de Saint-Martin (cliché Bernard Théry, nov. 2014)

La dernière cascade du torrent de Reninges et ses 105 mètres de chute, vue de Saint-Martin (cliché Bernard Théry, nov. 2014)

Des eaux chargées de débris schisteux

« Par suite de la dénudation du bassin supérieur dominé par les falaises des Aiguilles, les eaux se rassemblent en un instant, chargées de débris schisteux arrachés par décapage et elles arrivent sous forme de bouillie noire dans le cône d’éboulis calcaires. Elles y empruntent quantité de gros matériaux, une lave roule à grand fracas jusque dans les villages de RENINGES et de SAINT-MARTIN, enlisant champs, prés et maisons, coupant les chemins et la grande route établie sur la rive droite de l’ARVE, qui fut jadis la grande voie du Faucigny et ensuite la route Nationale n° 202. […] »

Passage à gué sur le torrent de Reninges entre Trappe et Chavan, à Passy (cliché Bernard Théry, juillet 2014)

Passage à gué sur le torrent de Reninges entre Trappe et Chavan, à Passy (cliché Bernard Théry, juillet 2014)

Historique des principales crues et laves au XVIIIe siècle

« Les ravages du torrent de RENINGES doivent remonter à une époque assez reculée : l’importance du cône de déjections en est la meilleure preuve.

En 1740, le torrent débordé envahit une grande partie du territoire de SAINT-MARTIN ainsi que plusieurs maisons. »

Le 7 Août 1767, Horace-Bénédict de Saussure fut témoin de ce genre de lave (2) : « Un danger plus extraordinaire que l’on court quelquefois sur cette route de Bonneville à Chamonix est celui d’être surpris par des torrents qui se forment subitement et descendent avec une violence incroyable du haut des montagnes qui sont sur la gauche de la grande route. […] » (Voyages dans les Alpes, § 485).

Saussure évoque cette scène après son départ de Sallanches ; il s’agissait probablement ce jour-là d’un nant coulant plus à l’est de Reninges.

Schistes traversés par le torrent de Reninges, sur la piste forestière tracée durant l’été 2014 de Trappe à Chavan (cliché bernard Théry, août 2014)

Schistes traversés par le torrent de Reninges, sur la piste forestière tracée durant l’été 2014 de Trappe à Chavan (cliché bernard Théry, août 2014)

Principales crues au XIXe siècle et travaux de défense jusque 1860

Paul Mougin a relevé dans les Archives départementales de Haute-Savoie les dates de ces crues torrentielles qui ont inondé le hameau de Reninges : 18 Mars 1810, 1er septembre 1812, septembre 1823, 16 août 1824, 15 septembre 1829, fin août 1830.

« Les débordements répétés du torrent de RENINGES ont fatalement amené les populations et les pouvoirs publics à édifier des ouvrages de défense et à chercher un remède aux ravages qui se renouvelaient presque tous les ans.

Afin d’empêcher, autant que possible, l’arrêt des matières charriées sur la route provinciale, on établit, en 1822, un cassis dans le lit du torrent ainsi qu’une digue en amont sur la rive droite, afin de maintenir les eaux, dans leur chenal, en leur conservant toute leur force de propulsion. Les propriétaires riverains durent planter les berges avec des plançons de saule et de peuplier. »

« Après l’inondation de 1829, l’Intendant de Bonneville prescrit de prendre tous les blocs amenés par la lave et déposés, tant dans le lit que sur les propriétés riveraines, pour prolonger et exhausser les digues des deux rives. Ces travaux ont été exécutés par corvées. Il ordonne également la démolition d’un mur fermant une propriété de la rive gauche, disposé en saillant et capable, en cas de crue, de rejeter les eaux sur la rive opposée, jusque sur la route provinciale.

La crue de l’année suivante renverse la digue de rive gauche : on la rétablit et on creuse au torrent un lit sur 300 mètres de longueur, 6 mètres de largeur et 1 m. 50 de profondeur. Ce travail qui exige 400 journées, soit 8 par famille, a été fait par corvée des habitants de Saint-Martin. On dépense aussi 75 livres sur les fonds provinciaux pour enlever les plus gros blocs et les disposer en enrochements le long de la berge droite. »

Mais le 19 Juillet 1835, « le torrent de RENINGES a causé de graves dégâts dans ses environs et il a notamment encombré la route provinciale de pierres, de graviers et de boues gloutineu­ses (sic) qui empêchent le passage des voyageurs et entravent le service des courriers et des diligences ». L’abondance des dépôts était telle que l’Intendant ordonne aux syndics de Sallanches, Saint-Roch et Cordon d’envoyer des corvistes pour aider ceux de Saint-Martin tous occupés, non sans résistance, au déblaiement de la chaussée.

A la suite de cette lave, « il faut curer le lit du torrent entièrement comblé au moyen de corvistes ». […] L’année suivante, ce travail rendu inutile par la coulée du 9 août est entièrement à refaire ; il faut 900 journées de manœuvre. »

Le 9 Août 1836, même phénomène : « Grossi par une forte averse le torrent abandonne encore son lit et se répand sur la route provinciale « qui « se trouve interceptée aux voitures ».

« Pour assurer la circulation toujours très précaire, le génie civil fait lancer un pont en bois au passage de la route provinciale.

Le 16 Novembre 1840 « les grandes pluies d’automne déterminèrent une crue du torrent « dont le lit a été considérablement creusé. La diligence qui a versé a perdu beaucoup d’effets emportés par les eaux et les voyageurs ont cruellement souffert de cette chute ».

Cette crue emporte le pont en bois. « L’entrepreneur des diligences s’engage à le reconstruire, mais avec un débouché plus grand et en longueur et en hauteur, pour « qu’il n’y ait pas à craindre qu’il soit obstrué par les déblais du ruisseau ». La commune de Saint-Martin dut encore fournir les corvistes nécessaires pour ces travaux. »

Les communications sont de nouveau interrompues par une lave le 11 Juillet 1842 et, dans la nuit du 3 au 4 août 1844, le torrent de RENINGES « est devenu tellement impétueux qu’il a » à nouveau « emporté le pont et intercepté la route provinciale. »

Débit du torrent de Reninges en août 2014, au gué situé entre trappe et Chavan (cliché Bernard Théry)

Débit du torrent de Reninges en août 2014, au gué situé entre trappe et Chavan (cliché Bernard Théry)

« Le 10 Septembre 1845, à la tombée de la nuit « le hameau de l’Eglise de la commune de Saint-Martin ainsi que la route provinciale ont été, à nouveau, encombrés de pierres, de sable et de boue par deux crues». Dans la montagne, les eaux ont emporté un chemin rural de la commune de PASSY. |[…] Il a fallu faire le sauvetage des meubles de chaque maison où il y avait plus de un mètre de boue et d’eau.

Le chef-lieu de SAINT-MARTIN a encore été envahi par le torrent et la route provinciale  rendue impraticable en 1847, 1851 (26 Juillet), 1852 (20 Août). « Dans les champs, les récoltes furent détruites jusqu’aux confins de Saint-Roch, sur 700 mètres de largeur à partir du lit ! ».

« Après l’inondation du chef-lieu de Saint-Martin, en 1847, l’ingénieur de la Province avait établi un projet de curage de lit  […] La situation ne s’améliorait pas. Aussi en 1850, l’ingénieur JACQUIER conclut-il à la « nécessité d’une étude sur les moyens de préserver, près de Saint-Martin la route provinciale des corrosions d’un torrent impétueux […]». Malgré cela, on ne fait rien de nouveau. »

« En 1854, la municipalité de Saint-Martin réclame un curage de lit et le génie civil, délaissant le passage du torrent sur un pont toujours emporté, revient au primitif système du cassis, bien insuffisant pour assurer les communications. »

Le 2 Septembre 1855, « une trombe d’eau ayant occasionné une crue subite du ruisseau de Reninges, celui-ci dans sa course impétueuse a enlevé le pont […]». D’autres crues sont survenues dans les mois de septembre et d’octobre […] .

« Aussi, en 1859, projette-t-on de reconstruire un nouveau pont en chêne, ce qui « est de toute nécessité et impérieusement recommandé par l’importance de la route ». La division alloue pour ce travail une subvention de 3 000 livres. »

Principales crues au XIXe siècle et travaux de défense après l’Annexion de 1860

Le 5 Juin 1862, la route nationale fut coupée jusqu’au lendemain par un orage.

« Après l’annexion, l’administration des ponts et chaussées, fit creuser périodiquement le chenal du torrent afin d’assurer la circulation sur l’ancienne route provinciale, classée comme nationale, de Cluses à Sallanches. Aussi les débordements se font-ils plus rares.
La route provinciale fut classée dans cette partie comme nationale et ce fut le service des Ponts et Chaussées qui eut la charge de l’entretien et des déblaiements.

En 1864, un syndicat se forma à Saint-Martin pour le curage du torrent. Et les habitants fournirent annuellement pour cet objet 300 journées de travail. Cependant les laves succédaient aux laves et la circulation toujours plus active entre Genève et Chamonix était trop fréquemment interrompue.
Dès 1861, le Conseil d’arrondissement de Bonneville se faisant l’écho de pétitions des habitants de Sallanches, Saint-Roch et Magland, demandait le transfert de la route nationale, à partir d’OEX, sur la rive gauche de l’ARVE. Le Conseil général de la HAUTE-SAVOIE appuya ce vœu et le reprit en 1865, en 1878 et en 1879.

Comme le mal paraissait incurable, les ingénieurs, conformément au vœu de l’Assemblée départementale, établirent en 1880 un avant-projet de rectification de la route nationale n° 202, qui fut approuvé en principe par le Ministre des Travaux publics le 2 mars 1881. Un décret du 16 septembre suivant déclara l’utilité publique des travaux qui furent terminés en 1889 : la dépense s’est élevée à 370.641 fr. 45.

Mais « dans la soirée du 24 Mai 1878, un violent orage éclate, suivi bientôt d’une pluie très abondante qui amène dans le torrent de Reninges la formation d’une lave. La route nationale est coupée par les déjections. »

Le 3 Août 1879, le pont qui traverse la route a été enlevé par un orage et « les grandes voitures qui font le service de « Chamonix à Genève ont éprouvé toute la semaine plusieurs heures de retard ».

La circulation est de nouveau arrêtée le 21 Juillet 1880, les 13-14 Juillet 1883, le 20 Août 1886. Au cours de l’année 1887, la route nationale a été obstruée 5 fois et il a fallu pour la déblayer dépenser 2.968 fr..

« Désormais les frais du déblaiement de l’ancienne route nationale étaient à la charge de Saint-Martin.
Par délibération du 21 novembre 1888, la municipalité de cette commune sollicita l’intervention de l’Administration forestière ; elle la renouvela le 17 avril 1889.

L’actuel torrent de Reninges au niveau du passage à gué entre Trappe et Chavan (cliché Bernard Théry, juillet 2014)

L’actuel torrent de Reninges au niveau du passage à gué entre Trappe et Chavan (cliché Bernard Théry, juillet 2014)

La commune de PASSY adressa une demande semblable, le 23 mai suivant. « Une subvention en travaux fut allouée par l’Etat à la commune de PASSY pour la construction, dans le bassin de réception du torrent, d’un barrage en maçonnerie qui ne put être exécuté qu’en 1890. La partie inférieure du bassin de réception formée de terres d’éboulis mélangées de blocs instables méritait d’être traitée la première…

L’établissement d’un grand barrage se trouvait tout indiqué pour servir de base au traitement ultérieur de la Combe ». Il fut construit sur une voûte appuyée de chaque côté dans les berges rocheuses ; la correction a été poursuivie entre 1.445 et à 1.578 mètres d’altitude, de proche en proche, au moyen de barrages. Des drains établis dans l’éboulis en ont enlevé les eaux surabondantes qui facilitaient des glissements ; là où les blocs menaçaient de perdre l’équilibre à la suite de décapages superficiels du versant, des murs de soutènement en pierre sèche et des placages de gazon ont fixé et protégé le sol.

Dans la région supérieure du bassin de réception, au-dessus de 1 850 mètres, des murs d’arrêt disposés au pied des falaises des AIGUILLES DE VARENS, ont fixé les neiges, arrêté les avalanches, ce qui permettra d’installer la végétation herbacée et forestière. »

Le 20 Juillet 1893, « à la suite d’un orage […] la culée droite du pont de Reninges s’effondra en partie. La lave a comblé l’ancienne route nationale n° 202 sur près de 60 mètres de longueur et une hauteur de 1 m. 50 ; elle s’est déversée partie à gauche dans le village de Saint-Martin où elle a envahi trois maisons et en partie dans les propriétés de la rive droite. Dans la gorge, le choc des blocs entraînés par la lave avait détruit trois barrages et plus ou moins ébréché 12 autres des 21 barrages construits les années précédentes par l’Administration des Eaux et Forêts.

Le 5 Juillet 1905, « une crue provoquée par une forte pluie d’orage ébrèche légèrement 2 barrages rustiques. […] »

Le torrent de RENINGES se trouve englobé dans le périmètre de l’ARVE déclaré d’utilité publique par la loi du 27 juillet 1898. Mais depuis le 8 juillet 1891, l’Etat est propriétaire du bassin de réception, sur 49 h. 80 a. 97 c. que lui a cédés gratuitement la commune de PASSY.

Paul Mougin précise en 1914 :
« Pour arriver à l’extinction complète du torrent, il reste à compléter le réseau des murs d’avalanches dans le bassin de réception, ce qui n’avait pas été primitivement prévu à l’avant projet ; à fixer le lit à l’origine du cône de déjections et à reboiser toutes les parties qui sont susceptibles de l’être.

D’après la loi de 1898, l’Etat doit acquérir sur le territoire de PASSY 54 ha 83 a. 95 c., sur celui de SAINT-MARTIN 1 ha 05 a. 86 c., soit un total de 55 ha 89 a. 81 c. sur lesquels 38 hectares seulement sont susceptibles de reboisement.
Par suite, après les plantations, la forêt occupera environ la moitié de la surface du bassin.

Dès aujourd’hui, la fixation de l’éboulis a privé les eaux de presque tous leurs matériaux de charriage. Au moment des crues le torrent se borne à remanier les résidus des laves anciennes amoncelées dans la gorge dont le volume diminue de plus en plus. »

(Voir photos des travaux dans notre revue Vatusium n° 15, p. 51 « Travaux dans les torrents »)

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Histoire des lettres de W. Windham et P. Martel relatant leurs voyages à Chamonix (1741 et 1742) par Théophile Dufour 

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–  Pierre Martel, Voyage aux glacières du Faucigny (août 1742)

Les Voyages dans les Alpes d’Horace-Bénédict de Saussure (éd. 1779, 1786, 1796)
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