Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

F.-Henri Métral, Monographie de Passy, 1904, Les écoles, p. 18-24

Lire notre revue Vatusium n° 16, p. 15 à 20, « Une étonnante histoire, le financement de l’instruction primaire à Passy »

F.-Henri Métral, ancien instituteur, géomètre et secrétaire de mairie, a rédigé en 1904 une nouvelle « Monographie de Passy. Notions géographiques, physiques, historiques et administratives de la commune de Passy (Haute-Savoie) », 40 pages, Sallanches, imprimerie Edouard Sermet.

Voici les pages consacrées aux écoles de Passy (p. 18 à 24)

Ecoles du Chef-lieu. Fondation pour un prêtre instituteur.

Par codicille du 4 Janvier 1746, Fatibol Gervais a légué 600 livres.

Par acte du 15 Avril 1748, Me Cortay notaire, Cha­vouent Joseph a donné 1 200 livres.

Par testament du 19 Avril 1748, Ducroz Marie a légué 200 livres.

Par testament du 29 Avril 1749, Me Mabboux notaire, Déruttet Joseph-Nicolas a légué 60 livres.

Par testament du 6 Avril 1753, Me Babuty notaire, Rey joseph a légué 100 livres.

En 1777, Crottet François feu Prosper a donné 3068 livres.

Autres fondations. Par testament du 15 Novembre 1689 Me Montbonet notaire, Delacquis Nicolas curé a légué 1033 florins.

Par codicille du 4 Janvier 1746, Me Mabboux notaire, Fatibol Gervais a légué 300 livres.

Par codicille du 15 Juin 1747, Me Mabboux notaire, Perrolaz Claude-Maurice a légué 300 livres.

Par testament du 23 Janvier 1749, Me Mabboux notaire, Jaccoux Pierre a légué 100 livres.

Par testament du 29 Décembre 1749, Me Collex notaire, Débex Marie femme Décruy a légué 60 livres.

Par testament du 6 Juillet 1753, Me Mabboux notaire, Fraret Géorgine femme Dumoulin a légué 60 livres.

Par testament du 15 Décembre 1754, Me Babuty no­taire, Noble Dufresney Gabrielle-Victoire a légué 100 livres.

Par testament du 6 Septembre 1756, Me Challamel notaire, Durafort-Déruttet Claude a légué 300 livres.

Par codicille du 3 Décembre 1763, Me Mabboux notaire, Daimaz Pierre a légué 40 livres.

Par acte du 8 Octobre 1769, Me Mabboux notaire, Mérieux Claude a légué 200 livres.

Par testament du 15 Mai 1773, Me Babuty notaire, Thierriaz Joseph a légué 60 livres.

Le 3 Mars 1774, le conseil, sur la proposition de Rd Violland curé, demande que la somme de 2350 livres accordée par le roi Victor-Amédée III, pour dédommagement des grêles de 1763 et 1768 soit employée en un placement dont le revenu joint à ceux d’autres petites fondations servirait pour le traitement d’un instituteur.

Par testament du 6 Mars 1820, Me Crottet notaire, Ducrot Joseph-Marie et Marguerin Marie-Christine ont légué 40 livres.

Par testament du 12 Mars 1869, Me Conseil notaire, Pissard Pierre-Marie a légué 600 frs de rente italienne.

La vente de ces titres a produit 11 161 f. 55 Cmes, sur quoi il fut alloué aux héritières naturelles 1860 f. 26 cmes, moins les droits de succession 161 frs 34 cmes.

En résumé, il leur fut payé suivant délibération du 11 Août 1891, 1698 frs 92 cmes.

La somme restante se montant à 8974 frs 45 cmes, fut placée le 30 Décembre 1891 en rente 3 p. °/o, productive d’un intérêt annuel de 280 frs.

Ecole de Chedde. Par acte du 8 Avril 1890, Me Brêches notaire à Sallanches, la commune achetait de Crottet Alexandre et des frères Décret 7 ares 14 centiares de

terrain moyennant la somme de 1 048 f.18 cmes, pour aug­menter la surface de la cour et faire des jardins.

Par acte du 31 Janvier 1900, Me Conseil notaire, la commune achète des sieurs Biollay et Chesney pour le prix de 881 f. 16 cmes, 30 litres d’eau à la minute, pour les écoles.

Ecole de Joux. Par acte du 17 Mars 1787, Me Cart notaire, Pierre Biollay et Pernette Devillaz, ont légué 200 livres.

Par acte du 28 Août 1886, Me Brêches notaire, la commune achetait de Jacques Muller 3 ares 82 centiares de terrain pour le prix de 320 frs, pour un jardin, une cour et un emplacement de bûcher.

Ecole de Maffrey. Par testament du 2 Août 1844, Me Gavard notaire, Marie-Françoise Daigue, avec charge d’une messe a légué 115 livres.

Par testament du 10 juin 1850, Me Bonnefoy notaire, François-Marie Carrier a légué 1000 frs.

Par testament du 5 Mai 1866, Me Curral notaire, Fran­çoise-Joséphine Vachou a légué, 400 frs.

Par testament du 16 Juin 1871, Me Conseil notaire, Françoise Jacquemoud a légué 500 frs qui produisent 25 frs de rente.

Par testament olographe du 10 Mai 1878, déposé aux minutes de Me Roche enregistré à Versailles le 11 juillet 1878, Marie Duperrey veuve Tissot a légué 4.000 frs qui produisent 147 frs de rente.

Par acte du 8 Mai 1893, Me Ducroz notaire, Virginie-­Caroline Ducroz Vve Feige et Elisa-Geneviève Feige, épouse de Cyprien Freyre, cèdent gratuitement 70 mè­tres carrés de terrain pour l’assainissement de l’école.

Par acte des 26 et 31 Décembre 1896, Me Ducroz notaire, Pierre-François Miotton cède gratuitement 2 ares 50 centiares de terrain pour une cour ; les frères et sœurs Daigue cèdent 48 centiares pour le même objet.

École de la Motte. Par testament du 25 Décembre 1786, Nicolas Daigue-Quenoud a donné tous ses avoirs.

Par acte du 12 Novembre 1825, Me Crottet notaire, Victor-Amédée Vallet a vendu l’emplacement de la maison d’école pour le prix de 45 livres.

Par acte du 20 Septembre 1848, Me Crottet notaire, dame Alexandrine-Marguerite Cabaré, veuve Crottet, a donné 2 000 frs.

Par testament du 22 Avril 1881, Me Conseil notaire, Désailloud Mathieu a légué 800 frs, qui ont servi en 1882 pour un achat de 30 frs de rente.

Par acte sous seing privé du 11 Octobre 1885, enregistré à Sallanches le 17 Octobre, Dlle Marie-Félicie Vallet vend aux chefs de famille de la Motte pour le service de l’école, une parcelle de terre pour le prix de 140 frs. Sur cette parcelle il fut établi en 1887 un hangar pour les pompes et une cour de 89 centiares.

Par acte sous seing privé du 24 Janvier 1899, enregistré à Sallanches le 4 Février, le sieur Tissot Pierre-Louis a vendu, (moyennant la somme de 40 frs), le tiers d’une source sur une pièce de terre inscrite à l’ancien cadastre sous le numéro 18396 et au nouveau en la section I sous le numéro 357, pour conduire ces eaux devant la maison d’école, où elles arrivèrent les premiers jours de Mars.

Par acte sous seing privé du 24 Janvier 1899, enregistré à Sallanches le 6 Mars, les propriétaires des terres situées entre la source Tissot et la maison d’école, consentent à laisser pratiquer un canal pour amener les eaux à l’école.

Par acte du 7 Mars 1901, Me Conseil, notaire à Saint-Gervais, Patty Joseph-Henri a vendu une pièce de terre de 2 ares 8 centiares inscrite au cadastre en la section

1, sous le numéro 336 pour 332 f. 15 Cmes pour en faire un jardin.

Ecole de Bay. L’école de Bay fondée en 1836 par le dévouement des habitants, fut entretenue par eux jusqu’en 1882, où il lui fut créé deux classes à la charge de l’État et de la commune.

Par décision du 4 Décembre 1900, avec l’agrément du conseil municipal, les deux classes furent converties en une école mixte.

Ecole des Ruttets. Par testament du 4 Mai 1862, Me Curral notaire, Chesney Marie-Antoine a légué 600 frs qui produisent 35 frs.

En 1874, les habitants de la localité s’imposèrent volontairement pour construire la maison.

Par décision de M. le Ministre de l’Instruction publique du 6 juin 1882, elle fut reconnue publique.

Ecole du Mont-Coutant. Par décision du Ministère de l’Instruction publique du 6 Juin 1882, il fut créé une école publique dans ce hameau.

Ecoles de la fondation Bosson. M. Pierre Bosson, né à Passy le 23 Septembre 1737, fils de Nicolas et de Françoise Daigue, étant parti jeune pour Paris, réalisa une fortune qu’il donna par testament du 12 Septembre 1820 et par codicilles des 13 Octobre 1820 et 30 Avril 1822, Me L’Herbette notaire à Paris, pour fonder les écoles de Chedde, de Joux, de la Motte et de Maffrey.

Dans ce testament, on lit :

Je recommande mon âme à Dieu et le supplie de me pardonner mes fautes.

Je désire que mon convoi soit le plus simple que possible, que 80 pauvres y assistent et que les frais n’excèdent pas 200 francs. Je donne à mes héritiers présomptifs la somme de 12 cents francs, seul objet que j’aie retiré de mon patrimoine.

Je désire qu’il soit établi dans les communes ci-après, situées dans l’ancien département du Léman, dépendant ci-devant de la France et aujourd’hui sous la domination du roi de Sardaigne, quatre écoles gratuites pour les garçons seulement, à la fondation et entretien desquelles je pourvoirai plus bas, savoir :

Une pour la commune de Chedde où je suis né ;
Une pour la commune de Joux et des Soudans ;

Une pour la commune de la Motte et de Maffrey ;

Une pour la commune des Juillards, du Grand-Essert et de Bay.

Dans chaque école, le maître instituteur aura un traitement annuel de 600 Francs et, en outre de ce traitement, il sera logé, chauffé et éclairé aux frais de chaque commune.

Je fonde aussi particulièrement, pour la commune de Chedde, une rosière, qui sera proclamée annuellement par la première autorité du lieu et qui recevra une somme de 60 francs, avec une médaille de la valeur de 20 francs.

Je donne et lègue pour cette fondation la somme de 2000 frs.

L’autorité administrative retiendra la somme qu’elle croira, nécessaire pour les frais de premier établissement des écoles, tels que : petits meubles, livres et autres objets. Et quant au surplus, l’emploi en sera fait par elle en acquisition de biens patrimoniaux, au profit des communes ci-devant désignées et dans la proportion que j’ai établie sur la portion qui reviendra à chaque commune.

Dans les revenus des biens acquis, sera pris annuellement le traitement de 600 francs du maître instituteur et ce qui restera des dits revenus, sera employé en achat de prix, qui seront distribués chaque année entre les élèves des écoles.

Dans le codicile du 13 Octobre 1820, on lit :

Je révoque la fondation que j’ai faite d’une école dans la commune des Juillards, de Grand-Essert et de Bay.

Je désire que les prix qui doivent être distribués aux élèves suivant mon testament., le soient moitié en argent, moitié en livres.

Je donne et lègue à la commune de Chedde mon tableau représentant le couronnement d’une rosière et d’une distribution.

Dans le codicile du 30 Avril 1822, on lit :

La rosière que j’ai fondée  en la commune de Chedde, ne recevra que la somme de 50 Francs annuellement, mais elle aura toujours la médaille de la valeur de 20 francs.

Le philanthrope Bosson étant décédé à Paris, le 4 Juin 1822, son corps fut inhumé au cimetière du Père Lachaise, d’où il fut exhumé le 4 Novembre 1878 et transporté à l’école de Chedde. Le 11, il fut mis au cimetière de Passy, suivi d’un convoi de plus de 600 personnes. Sur son tombeau, on éleva à sa mémoire un monument, qui rappellera ce grand homme aux générations futures.

Après le décès, le Sr Jean-Claude Chamot fut nommé par le conseil, liquidateur de la succession et le 3 No­vembre 1825, il présenta son compte qui accusait réception de 16 bons sur le Mont-de-Piété de Paris, estimés 70000 frs et 12723 frs d’intérêts.

Les titre, argent et autres pièces furent remis à Me Crottet à Sallanches et secrétaire communal, à charge par lui, de tenir une comptabilité en bonne forme.

Par délibération du 3 juin 1850, le conseil municipal décide l’aliénation des 4 inscriptions de la dette publique de France suivantes :

1° Une inscription au nom de Chedde de 1325 francs de rente.

2° Une inscription au nom de Joux et des Soudans, 1227 francs.

3° Une inscription au nom de la Motte, 613 francs.

4° Une inscription au nom de Maffrey, 613 francs, et en faire le placement en rentes sur l’Etat sarde.

Par délibération du décembre 1850, pour la vente des inscriptions ci-dessus, le conseil délègue à Paris les sieurs Lavoet Joseph et Crottet Pierre François.

Par délibération du 18 Décembre 1851, le conseil reconnaît que ces deux délégués ont rendu un compte fidèle de leur commission et qu’ils ont produit, à titre de remplacement, une cédule, N° 1275, de 1540 frs de rente pour l’école de Chedde, une, N° 1276, de 1420 frs, pour Joux, une, N° 1277, de 711 frs, pour Maffrey et le N° 1278, de 711 frs, pour la Motte.

Dès ce moment, ces revenus ayant été portés en compte au budget communal, provoquèrent un mélange très regrettable avec les autres revenus communaux et des réclamations se firent entendre de toutes parts.

Après dix ans de confusion, le conseil nomme des liquidateurs, qui eurent souvent à  discuter de la valeur des documents qu’on mettait entre leurs mains. Enfin, en 1872, on mit fin à cet état de choses par une transaction, qui déclare la commune débitrice de 3889 francs en faveur de la commune de Chedde, de 4438 francs en faveur de la commune de Joux, de 318 frs en faveur de l’école de Maffrey et de 27 frs en faveur de celle de la Motte.

Dès 1872, il fut établi, pour les écoles des hameaux, des budgets spéciaux, d’après les modèles établis par M. Métral, secrétaire de mairie, lesquels ont supprimé tous mélanges, font éviter les erreurs et disparaître tout soupçon et attribuent à chaque institution ce qui lui revient exactement.

Il faut espérer que les municipalités présentes et futures sauront maintenir l’établissement de ces budgets spéciaux contre les objections que pourraient présenter les trésoriers-payeurs, parfois plus soucieux de s’éviter du travail en simplifiant les comptes, que du véritable intérêt des communes, ainsi que cela a paru se produire, d’après la délibération du conseil municipal du 27 Mai 1902.

Ecole des Plagnes, Par testament du 1er Août 1869, Me Tronchet notaire, Joseph Buttoud a légué 100 francs.

Par testament olographe du 14 Septembre 1875, déposé aux minutes de Me Conseil notaire, Alexandre-Al­phonse Beguin, ancien chef de division de la Préfecture d’Annecy, a institué pour son héritière, l’école des Plagnes.

Les frais et dettes payés, il est resté 5672 frs 90, qui, en 1879, ont été placés en rentes produisant annuellement 206 francs.

Par testament du 23 Septembre 1860, Me Tronchet notaire, M. Joseph Montfort a légué 150 francs.

Par testament olographe du 26 Octobre 1898, déposé aux minutes de Me Conseil notaire, Marie-Sophie Du­praz, veuve de Pierre-François Ferrand, a légué deux mille francs.

Par décision du 4 Décembre 1900, l’école, qui était mixte, a été dédoublée.

A découvrir également…

– F.-Henri Métral, Monographie de Passy (1904) : sommaire

– J. P. Vallet, Monographie des écoles de Passy,  chap. 2 Les écoles : transcription

– Ludovic Cailluet, Chedde. Un siècle d’industrie au pays du Mont-Blanc (1997)

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