Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Une activité prometteuse : l’aviation à Passy (1929-1939)

Résumé du chapitre 3 (Vatusium n° 5, pages 32 à 53) :

La Haute Vallée de l’Arve se dota très tôt d’une activité aérienne, à une époque où l’aviation était une curiosité, une activité purement sportive. Mais elle était à la fois coûteuse et dangereuse, si bien que même dans une région animée économiquement par un tourisme de luxe, l’activité fut de courte durée.

Le F60 « languedoc » d’Air Union à Passy (Vatusium n° 5, p.25) : il s’agit des premiers atterrissages à l’aérodrome du Mont-Blanc.

En revanche, à partir de 1928, un autre type d’activité aérienne fut édifié dans la Haute Vallée de l’Arve sur des bases plus solides. L’aviation commençait alors à être considérée comme un outil de développement économique. La nouvelle activité était le fruit de l’association d’éléments locaux et nationaux. Les collectivités locales de la Haute Vallée de l’Arve, les forces économiques locales et le Conseil Général de la Haute-Savoie formaient les éléments locaux. Ceux-ci étaient à la base de la mise en place des infrastructures de l’aérodrome de Passy Mont-Blanc. La compagnie aérienne Air Union et la Société des Avions Henry Potez représentaient les éléments nationaux qui s’occupèrent successivement de l’exploitation de l’aérodrome. Enfin, à la fin de la période, un entrepreneur privé reprit à son compte l’exploitation du terrain. Celle-ci fut stoppée par le déclenchement de la seconde guerre mondiale en 1939.

Le POTEZ 56 F-ANMT « Jean Casale » à l’aérodrome du Mont-Blanc (Vatusium n° 5, p. 45).

Il est intéressant de faire un bilan de ces dix années d’activité ininterrompue.

Revoyons tout d’abord les objectifs qui avaient été fixés à l’origine. L’idée d’édification d’un aérodrome avait été guidée en 1927, par la volonté d’intensifier le développement du tourisme. Dans cette optique, deux activités aériennes avaient été envisagées. D’une part, l’aviation de ligne qui, comme moyen de transport rapide, rapprocherait les stations de la Haute Vallée de l’Arve des grandes métropoles. D’autre part, les vols touristiques qui concrétiseraient la naissance d’une nouvelle activité touristique attrayante.

Le hangar de l’aérodrome de Passy (Vatusium n° 9, p.37)

Or, il est apparu que les activités effectives de l’aérodrome ne furent pas forcément celles qui avaient été prévues au départ. Il semble ainsi que l’aérodrome fut la base de trois activités principales : l’aviation touristique, l’aviation légère et l’aviation de montagne.

Le rôle touristique de l’aviation se confirma, mais uniquement sous la forme des circuits touristiques. En effet, il est apparu bien vite que l’aviation de ligne n’était pas encore prête à remplacer les moyens de transports préexistants sur un trajet du type Genève-Passy. En revanche, les circuits touristiques eurent beaucoup de succès sur toute la période. Sur 10 années d’exploitation, on estime que 10.000 personnes en profitèrent. Il est clair que ceux-ci permirent une mise en valeur incomparable du site du massif du Mont-Blanc. Je pense qu’il s’agissait en 1927 d’une démarche très novatrice, qui d’ailleurs allait être reprise bien plus tard dans d’autres grands sites naturels.

Mais l’aérodrome fut également la source d’autres activités aériennes. Il permit la découverte et la pratique de l’aviation. En effet, des manifestations aériennes orchestrées par l’Aéro-Club du Mont-Blanc avaient permis au grand public de découvrir l’aviation.

Le terrain permit également la pratique de l’aviation légère au sein de deux franges de la population locale. Une frange aisée de la population de la Vallée de l’Arve put ainsi s’initier et pratiquer l’aviation grâce à l’école de pilotage Potez, puis à la société Mont-Blanc Aviation. Ainsi, quelques 60 personnes passèrent leur brevet de pilote privé.

Les jeunes de toute la Haute-Savoie purent également pratiquer l’aviation grâce au programme d’aviation populaire. On dénombra ainsi 38 brevets 1er degré décernés par la section de Passy. Enfin, la présence d’un aérodrome à proximité du massif du Mont-Blanc attirait les adeptes de l’aviation légère.

Pour en savoir plus sur cette période, voir dans Vatusium n° 5, pages 32 à 53, le chapitre « Une activité prometteuse (1929-1939) » et ses nombreux documents iconographiques.

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