Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Les jardins scolaires de Passy et leurs objectifs pédagogiques

Pourquoi un « jardin scolaire » ? Il s’agit d’exercer les enfants à la pratique de l’agriculture.

Voir notre revue Vatusium n° 16, p. 68.

Documents complémentaires :

Le Nouveau Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire *, publié sous la direction de Ferdinand Buisson en 1911, répondait à cette question dans l’article Jardin scolaire : « L’Instruction du 31 décembre 1847 avait déjà encouragé l’annexion d’un jardin aux écoles rurales ; une location d’une dizaine d’ares, représentant 20 à 30 francs de dépense annuelle, était considérée comme suffisante (…) ».

A cette date, la Savoie n’était pas encore rattachée à la France.
« L’arrêté du 17 juin 1880 disait (art. 72) : « Un jardin clos, d’une étendue minimum de 300 mètres, sera annexé à toutes les écoles rurales ». L’Instruction du 28 juillet 1882 pour la construction des écoles primaires élémentaires (…) dit seulement, à l’article 35 : « La cour de récréation pourra comprendre un petit jardin à l’usage des enfants ». Et l’Instruction du 18 janvier 1887 a reproduit la même disposition  (…). Il est évident que (…) le vœu de l’autorité supérieure serait de voir toutes les écoles primaires en possession de cette annexe si utile, et qui offre à l’instituteur de si précieux avantages pour l’enseignement des sciences naturelles. (…) »
« Une circulaire du 11 décembre 1887, rappelant les prescriptions d’une circulaire antérieure en date du 31 décembre 1867, porte (…) qu’ « aucun plan d’école primaire rurale pour la construction de laquelle le concours de l’Etat est sollicité ne sera accepté si ce plan ne présente pas de jardin, soit annexé à l’école, soit situé en dehors de la commune, mais à proximité du maître et des élèves. (…) »

* Pour en savoir plus, voir le site de l’INRP.

Jardin scolaire (doc. CRDP de Strasbourg)

Jardin scolaire (doc. CRDP de Strasbourg)

A l’article Horticulture *, on trouve quelques indications fort intéressantes sur l’usage à faire du « jardin scolaire » dans les écoles rurales au profit de l’instruction des élèves (…) : Le jardin scolaire est consacré à des cultures démonstratives, qui portent sur les plantes principales cultivées dans la région. Il renfermera, en même temps, un certain nombre de représentants des principales familles botaniques que le cultivateur a intérêt à connaître. Il ne sera pas inutile qu’une petite partie, principalement le long des murs et en bonne exposition, soit consacrée à la vigne et à quelques arbres fruitiers. (Voir les détails concernant ces cultures démonstratives en quatre parcelles dans Vatusium n° 16, p. 68)

D’autres séries d’observations sont encore à signaler, comme, par exemple, l’influence de la propreté du sol sur les rendements des récoltes, ou bien celle de l’époque du semis sur ces rendements, etc. (…)  A ces cultures démonstratives en pleine terre s’ajoutent avec avantage des cultures en pots, qui sont destinées surtout aux leçons en classe. D’autre part, quelques bandes de terrain peuvent être consacrées aux plantes fourragères, afin de les faire connaître aux élèves. Quant aux arbres fruitiers, ils servent surtout pour apprendre à ceux-ci les principes généraux de la taille et de la greffe.
Avec une surface d’une centaine de mètres carrés, dont un quart consacré aux allées, on peut organiser un jardin scolaire, dans lequel il sera possible de donner aux élèves les démonstrations fondamentales. » Henry Sagnier

Manuel

Manuel (Document tiré du site lycees.ac-rouen.fr )

Dans les écoles normales, les élèves-maîtres recevait l’enseignement adéquat : « Il est très utile que le futur instituteur soit initié d’une façon sérieuse à la conduite des arbres fruitiers et à la production des légumes : il apprendra ainsi à tirer le meilleur parti du jardin que la commune devrait toujours mettre à sa disposition, et à en faire un modèle pour les cultivateurs qu’il instruira par son propre exemple. »

Elèves de l'école normale en cours d'apprentissage (Document tiré du site lycees.ac-rouen.fr )

Elèves de l’école normale en cours d’apprentissage (Document tiré du site lycees.ac-rouen.fr )

Les jardins scolaires à Passy à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (Vatusium n° 16, p. 68)

Création d’un jardin pour l’école de la Motte en 1900 (Vatusium n° 16, p. 68 et délibération du 12 mai 1900 (1 et 2)

A Chedde-le-haut, en 1902, on sauvegarde les légumes du jardin de  l’école (Vatusium n° 16, p. 68 et délibération du 10 février 1902  (3)

Dans sa Monographie de Passy de 1904, F.-Henri Métral donne les précisions suivantes sur la création du jardin p. 19 :

« Ecole de Chedde. Par acte du 8 Avril 1890, Me Brêches notaire à Sallanches, la commune achetait de Crottet Alexandre et des frères Décret 7 ares 14 centiares de terrain moyennant la somme de 1 048 F.18 Cmes, pour aug­menter la surface de la cour et faire des jardins.

Par acte du 31 Janvier 1900, Me Conseil notaire, la commune achète des sieurs Biollay et Chesney pour le prix de 881 F. 16 Cmes, 30 litres d’eau à la minute, pour les écoles. »

Le jardin scolaire des Plagnes, 1899

A l’occasion d’une délibération (4) concernant les « formalités nécessaires pour procéder à la relocation d’une pièce de terre appartenant à l’école des Plagnes(…) àDuffouy Favre Jérémie », on découvre à l’article 2 les précisions suivantes :

«  Il sera fait comme par le passé, dans la partie aval un prélèvement de la contenance de deux ares * pour le jardin scolaire qui aura sa servitude d’investiture et de dévestiture par le sentier actuel. »

* Note CHePP : 2 ares = 200 m2  soit 14 m X 14 m par exemple.

L’article 6 confirme la présence d’arbres dans le jardin scolaire : « Le fermier ne pourra couper ni élaguer les arbres de cette pièce sans en avoir obtenu l’autorisation par écrit, ni changer la nature de culture. »

Jardin scolaire de Falvy dans la Somme (photo tirée du site CPArama.com, Forum et galerie de cartes postales anciennes de France)

Jardin scolaire de Falvy dans la Somme (photo tirée du site CPArama.com, Forum et galerie de cartes postales anciennes de France)

De 1916 à 1918, l’école des Ruttets part à la recherche d’un jardin, d’une cour de récréation et d’un préau.

Voir notre page Une cour, un préau et un jardin pour l’école des Ruttets (1916-1918)

Notes et références :

(1) Délibération du 12 mai 1900 : Vente pour un jardin scolaire pour l’école de la Motte

(2) Délibération du 16 août 1900 : exemption de la purge légale des hypothèques pour l’acquisition d’un jardin pour l’école de la Motte

(3) Délibération du 10 février 1902 : Marché pour grille de clôture des jardins des écoles de Chedde

(4) Délibération du 14 août 1899 : Location d’une pièce de terre appartenant à l’école des Plagnes

(5) Délibération du 23 mai 1916 : construction d’un préau et cour à l’école des Ruttets (p. 164-165)

(6) Délibération du 31 mai 1917 : construction d’un préau à l’école des Ruttets (p. 203)

(7) Délibération du 29 novembre 1917 : autorisation du marché pour la construction d’un préau aux Ruttets (p. 221)

(8) Délibération du 28 février 1918 : préau des Ruttets (p. 231)

Un jardin scolaire, aujourd’hui (source : site grandchamp.fr )

Un jardin scolaire, aujourd’hui (source : site grandchamp.fr )

Autres sites intéressants sur les jardins scolaires :

Site Grandchamp

Site Académie de Rouen

Site Jardinons à l’école :

jardin_scolaire_auj_web

 

Autres pages sur l’enseignement à Passy   

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