Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Bédières et moulins de Passy

Written By: BT

Références :
Lire notre revue Vatusium n° 6, p. 26-28 ; Vatusium n° 7, p. 29 ; Vatusium n° 11, p. 6 et 41 ; Vatusium n° 12, p. 24 -25 ; Vatusium n° 14, p.  15 (roue à eau, Villy) ; Vatusium n° 15, p. 46 à 50, « L’Ugine et ses filles…, les bédières de la Motte et de Marlioz » (carte page 49).

Voir aussi : Pierre Dupraz, Passy hier et aujourd’hui, p. 105 et 142 ; Paul Soudan, Histoire de Passy, p. 36, 85 ; Albert Mermoud, Mémoire du Mt-Blanc d’antan, p. 83 (moulins à eau, période gallo-romaine) ; M. Hudry et al. , Découvrir l’histoire de Savoie, p. 74 à 77.

La bédière au Martinet de la Motte aujiourd’hui (cliché Bernard Théry)

On appelle « bédières » de petits cours d’eau artificiels (biefs), qui utilisent la force motrice de l’eau pour actionner des « artifices » : martinets (battoirs), fouloirs et scieries …
Lire notre revue Vatusium n° 6, p. 26-28. Extrait :
« Les traces les plus anciennes sont des lettres patentes de 1371, concernant des albergements (sorte de concessions), pour deux « bédires ». Les équipements sont deux prises d’eau, au lieu-dit la « Mère eau* » près des Charmettes, faites sur le torrent d’Ugine.
En 1738 (…), on dénombre six battoirs, deux forges et douze moulins. »

Voir aussi  Vatusium n° 11, p. 6 et 41 ; Vatusium n° 12, p. 24.

F.-Henri Métral, ancien instituteur, géomètre et secrétaire de mairie décrit en 1904 les bédières dans sa Monographie de Passy : « Dans les temps anciens il fut fait au torrent de l’Ugine sous la montagne de Charbonnière, au lieu dit la Mère­-Eau, deux prises d’eau, l’une passant par les hameaux de la Motte et de Chedde, l’autre par les hameaux d’Assy, Maffrey, Marlioz et le Péchieu. Ces deux dérivations connues dans le pays sous le nom de Bédires sont mentionnées dans les lettres patentes du 8 Août 1371 portant abergemenl des glières (alluvions) de l’Arve. Elles servent de forces motrices à différentes industries. Elles ont donné lieu jadis à des difficultés suivies de conventions et d’arrangements en date du 14 Décembre I560 par Noble Claude Daniel, châtelain au mandement de Charosse et du 15 Mars 1740, Challamel notaire, châtelain de Passy. » (Monographie de Passy. Notions géographiques, physiques, historiques et administratives de la commune de Passy, Haute-Savoie, p. 29-30)

Exemple de roue à aubes avec canal d’amenée de l’eau (Découvrir l’Histoire de Savoie, p. 74)

 Dans son « Histoire de Passy« , Paul Soudan évoque ces « aménagements collectifs » réalisés au XIVe siècle, indices de progrès économiques : « Les deux « bédires » (terme francisé plus tard en bédières) sont deux prises d’eau faites sur le torrent Ugine non loin de sa source pour constituer, sous forme de gros ruisseaux, deux dérivations principales (…). Elles furent utilisées comme force motrice pour divers « artifices » moulins divers, scieries, forges, arrosage de jardins, durant des siècles ; elles subsistent toujours mais ont perdu de leur importance n’étant plus source de force motrice. » (p. 36)

Lire aussi Pierre Dupraz, Passy hier et aujourd’hui, p. 105 et 142.

« Pour sa fonction motrice, l’eau est canalisée dans de petits cours d’eau artificiels appelés biefs dits en patois local  » bédires  » ou  » bédières « . (…) Ces biefs sont pour l’essentiel creusés à même le sol ou encore équipés de canaux en bois à l’approche des artifices. Ces bédières sont des  » aménagements collectifs  » sources de progrès économiques. Les traces les plus anciennes sont des lettres patentes de 1371. (…) Les équipements sont deux prises d’eau (au lieu-dit la  » Mère eau  » près des Charmettes), faites sur le torrent d’Ugine. (…) L’un des biefs dessert Maffray, l’Épagny pour suivre le Nant Cruy et desservir Marlioz. L’autre bédière dite de la Motte à l’Est du coteau, alimente la Motte et Chedde. (…) » (Vatusium n° 6, p. 26)

La bédière au Martinet sur le cadastre de 1898

Pour en savoir plus, voir dans Vatusium n° 6, pages 26 à 28, l’article « Bédières, moulins, battoirs et scieries » et ses documents iconographiques et Vatusium n° 15, p. 46 à 50.

(…) « Selon toute hypothèse, Assy est un toponyme ayant un rapport avec l’eau. En effet l’Ugine prend sa source au-dessus des hameaux du même nom ainsi que le Nant Pény. Un ensemble important de biefs forment un véritable réseau pour que les installations d’artifices soient toujours alimentées en eau. Empruntant le lit du Nant Pény pour atteindre la vallée, un bief passe par la Motte, arrive à Chedde et coupe aujourd’hui ce que nous nommons le chemin des Touvières, au pied de la côte. Là, étaient en 1730, les moulins de Noble de Bieux, comte de Flumet, descendant de la famille Montfort. Une autre dérivation conduit les quantités d’eau nécessaires vers Maffray, l’Epagny et rejoint le cours du Nant Cruy pour en ressortir plus bas à Marlioz (chemin de la Chapt) et alimenter les « moulins » du bas. La trace de ces installations reste dans les diverses dénominations de lieux et de voies : La mère eau*, à Assy, les chemins de la Bédière, du Battieu… près de la Pérouse. De mémoire d’homme, on a une scierie à Maffray, une au Plateau d’Assy, un moulin à huile à l’Epagny et une autre scierie à La Pérouse. Une branche de ce cours d’eau artificiel continuait vers l’aval pour alimenter une roue à Léchaux près de la Carabotte. » (…)

* La mère-eau : lieu-dit de la prise d’eau sur le torrent d’Ugine pour fournir de façon régulière les biefs qui descendaient d’Assy. En effet, une partie de l’année le Nant Peny était parfois insuffisant pour alimenter le double réseau Assy-Maffrey-l’Epagny-Marlioz d’une part et la Char­mette-la Motte-Chedde d’autre part. De nombreux artifices tournaient grâce à ce débit régulier tout au long de l’année, exception faite des périodes de grands froids. Un aqueduc en bois reliait le lit du torrent au bief principal et ensuite on pouvait, selon les circonstances, mettre plus ou moins d’eau dans chacun des ruisseaux à l’aide d’un batardeau. Par jugement du tribunal, l’eau était dirigée 3 jours sur la Motte puis 3 jours sur Maffrey. »  (Vatusium n° 12, p. 24)

Pour en savoir plus, voir dans Vatusium n° 12, pages 24-25, l’article « Assy – La Charmette » qui évoque l’Ugine et les moulins.

Pour comprendre le fonctionnement des « martinets »,voir le site moulinafer qui présente de belles photos de « martinets » et donne des explications, cliquez ici.

Forge à marteau-pilon (source : site moulinafer)

Pour comprendre les installations des moulins sur les « bédières », on peut se reporter à des gravures caractéristiques disponibles sur le site ViaticAlpes (Université de Lausanne, bibliothèque de Genève) :

-Exemple de « Moulin à scie près Wasen », Illustrateurs: Villeneuve, Jules-Louis-Frédéric (1796-1842), Dessinateur ; Engelmann, Godefroi (1788-1839), Lithographe.: cliquez ici.

– « Vue d’un moulin, situé aux Sources de la Birse sous Pierre Pertuis »,  Illustrateurs: Pérignon, Dessinateur ; Née, Créateur (Direxit) : cliquez ici.

« Vue du moulin de Noiraique dans le comté de Neuchatel » : cliquez ici.

« Vue d’un autre moulin », cliquez ici.

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