Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

La tour Dingy de Passy

Repères et photos :

Vue prise depuis l’impasse de l’Aiguille rouge, en bas du coteau de Passy : la TOUR DINGY est reconnaissable à son toit rouge, à droite (cliché Bernard Théry)

« Au sommet d’un promontoire dominant la plaine de Chedde, cet imposant bâtiment carré est pourvu sur toutes ses faces d’un grand nombre d’ouvertures de styles différents (baies géminées sur les façades sud et ouest). Les traces d’autres ouvertures murées (dont une porte) sont visibles sur la face arrière. Les armes des De Bottellier sont gravées dans la pierre au-dessus d’une porte en façade. Un escalier hélicoïdal dessert les trois étages, où se trouvent des vestiges de fresques. (…)» (Extrait de notre revue Vatusium n° 9, p. 7-8, d’après l’étude réalisée par Dominique Dilphy et le texte de Paul Soudan dans son Histoire de Passy, p. 43).
Pour en savoir plus lire la suite de cet article dans Vatusium n° 9, p. 7.
Voir aussi
: blason des Bothollier de la tour de Dingy, Pierre Dupraz, Passy hier et aujourd’hui, p. 21 ; Paul Soudan, Historique de l’usine de Chedde, p. 25 ; Paul Soudan, Histoire de Passy, p. 42-43 ; Pierre Dupraz, Traditions et évolution de Passy, p. 87 ; Dominique Dilphy, Les châteaux et maisons fortes du Pays du Mont-Blanc, p. 15 à 17.

La tour DINGY, XIVe siècle, vue du sud-ouest (cliché Bernard Théry)

Datation par la dendrochronologie :

Le bois dans le château de pierre au moyen âge : actes du colloque …, Jean-Michel Poisson, Université de Franche-Comté – 2003 – Architecture – 448 pages. Tour de Dingy à Passy. Datation Archéolabs. Réf. ARC/97/R1925. 42 :
« On peut mettre en évidence également dans plusieurs maisons nobles des planchers supportés par des poteaux de bois. Le terme de traveyson ou de trabatura qui signifie solivage est aussi utilisé pour désigner l’étage : à la Tour Perrière à Annecy, le contrat de construction stipule que le maçon devait édifier une tour à cinq traveysons. À Chillon, le compte de 1337 décrit les vingt poutres utilisées pour le solivage et les 6 douzaines de planches. Le plafond de la salle du châtelain repose quant à lui sur des colonnes de chêne. La conservation d un certain nombre de plafonds dans les châteaux ou maisons nobles permet de déterminer un système où les poutres sont soit ancrées dans le mur soit reposent sur des corbeaux de pierre, les poutres parallèles supportant les solives sur lesquelles est installé le plancher. Une autre manière de diviser l’espace intérieur consiste à faire reposer le plancher sur des poteaux de bois. Ce dispositif a été identifié à la tour de Dingy à Passy, où une grosse poutre repose sur trois poteaux surmontés de tailloirs décorés de volutes, le plancher étant installé sur 16 solives posées sur cette poutre maîtresse. Ce dispositif a été attribué à l’année 1310 par la dendrochronologie. »

La tour DINGY, façade nord

Tour DINGY, détail de la façade est

La tour DINGY, façade ouest en novembre (cliché Bernard Théry)

Tour DINGY, façade ouest

Tour DINGY, façade ouest, détail

Tour DINGY, détail de la façade ouest

Le décor peint de l’aula de la tour Dingy

Élisabeth SIROT, Maître de conférences en archéologie médiévale, Université Lumière-Lyon II, et Annick CLAVIER, Conservatrice du patrimoine de l’Isère, membre du Groupe de recherche sur la maison en Rhône-Alpes

LE DÉCOR PEINT DANS LA MAISON NOBLE ET FORTE AU MOYEN ÂGE EN TERRITOIRE SAVOYARD DU XIIE AU XVIE SIÈCLE (Journées d’étude, Anjou, Collégiale St-Martin) site : cliquez ici.

« Plusieurs grandes salles de maisons seigneuriales en Chartreuse et en Dauphiné livrent des décors historiés qui sont comparables au niveau des programmes iconographiques et de l’exécution, ainsi à Theys où l’étude du décor est publiée par Annick Ménard-Clavier. (…) Au hasard des visites et des études archéologiques, on rencontre également des décors plus modestes. Â la maison de Dingy à Passy, les enduits pariétaux bien datés de 1321 par la dendrochronologie, présentent une frise de blasons sous le plafond, le « remplissage » des murs est fait par des fleurettes à cinq pétales entourées d’un cercle, disposées sur un fond clair. L’observation plus précise montre bien que ces fleurs sont reproduites à l’identique grâce à un pochoir, technique qui semble largement utilisée dans la région au XIVe siècle (fig. 4). »

Décor peint dans l’aula de la tour Dingy (source : site ci-dessus)

Tour DINGY, façade sud

Tour DINGY, détail de la façade sud

Tour DINGY, porte d’entrée sur la façade sud (avec blason)

« Le nom du nouveau « château » construit à Passy est également une référence au fief de Menthon-Dingy, site des gorges et d’une commune aux environs d’Annecy. En 1578, par suite de transaction ou mariage, apparaissent à la tour Dingy les de Bottolier ; c’est une très ancienne famille provenant de Sallanches et fixée à Servoz depuis le XIIIe siècle à l’époque de son « annexion » par Béatrice de Faucigny. On la retrouve jusqu’à la Révolution française avec des variations orthographiques : Bouthillier, Debottolier ; elle apparaît prépondérante dans l’histoire de Servoz ; elle y possède au XVIIe siècle un petit château, également dénommé Dingy, dont il ne reste que des ruines. Les armes qui subsistent, gravées sur la porte de la tour Dingy de Passy, représentent trois bouteilles, allusion probable au nom de la famille et à un vignoble correspondant. » (Extrait du livre de Paul Soudan, Histoire de Passy, p. 42)

Le blason des BOTTELLIER, où figurent trois bouteilles, sur la porte de la tour DINGY (Vatusium n° 9, p. 7)

« Le 17 mars 1768, Noble Pierre Marie Durant de la Place et demoiselle Marie Christine, fille de Noble Joseph de Bottolier ont reçu la bénédiction nuptiale dans la Chapelle domestique du Château de Dingy. Témoins : Noble François de Cornillon et Joseph Marie de La Ravoire ». Cette famille de Bottollier s’est éteinte vers 1850 en la personne d’une descendante ayant vécu dans une situation précaire. Mais le nom subsiste encore à Sallanches et Passy.

La Tour Dingy a rejoint d’autres consœurs dans la liquidation des biens nationaux ; avec ses murs d’un mètre d’épaisseur et ses grandes pièces intérieures, elle n’est guère habitable par incompatibilité avec les conditions du confort actuel. Elle comporte un escalier hélicoïdal remarquable, en pierres de Magland taillées, d’un mètre cinquante de largeur comprenant 50 marches desservant 3 étages. (Extrait du livre de Paul Soudan, Histoire de Passy, p. 43)

Compléter avec notre page sur La tour Dingy et le village de Saint-Antoine sur la mappe sarde de 1733  

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