Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Le relais de diligence de Passy-Chedde et la pension Biollay

Références :
Lire notre revue Vatusium n° 11, p. 15.
Voir aussi : Pierre Dupraz, Traditions et évolution de Passy, p. 98-99 ; Paul Soudan, Historique de l’usine de Chedde, p. 25 ; Paul Soudan, Histoire de Passy, p. 73-74 ; Albert Mermoud, Mémoire du Mt-Blanc d’antan, p. 342.

« Le développement touristique de la montagne est lié, plus encore que celui des régions basses, à l’évolution des moyens de transport. D’abord, il y eut la diligence ; puis le chemin de fer, avec encore la diligence comme relais nécessaire jusqu’à l’avènement de l’automobile. Les affichistes ont salué les différentes étapes de cette conquête des routes d’altitude. (…) (Source : site « Vintage Poster »)

DILIGENCES pour CHAMONIX (source : Vintage poster)

Les berlines du Mont-Blanc « inversables » qui montaient à Chamonix, de Cluses ou de Fayet où s’arrêtait la ligne P.L.M., poursuivront leurs courses joyeuses jusqu’en 1901, date à laquelle le chemin de fer électrique atteindra Chamonix. » (Source : site « Vintage Poster »)

LES « EXPRESS » … (source : Vintage poster)

Extrait du livre de Paul Soudan, Histoire de Passy, page 73 :

« (…) Au cours de la première moitié du XIXe siècle (…), sur 15 km d’une route rudimentaire, les Passerands virent défiler durant plusieurs décennies les visiteurs accourant au « pays des glacières ».
La fin du XVIIIe siècle avait vu les Anglais et surtout les Genevois le découvrir et la « Montagne Maudite » aperçue de Genève était devenue le Mont-Blanc. »; (…) l’accès à Chamonix devenait carrossable au cours des dernières décennies.
Aussi dès le Premier Empire, les remous révolutionnaires apaisés, les visiteurs français arrivèrent ; (…) Mais ce n’est qu’à partir de 1820 que les visiteurs affluèrent et qu’il devint de bon ton pour les Français de marque de connaître Chamonix et la Mer de Glace. »

DILIGENCE (source : académie de Grenoble)

« En diligence on couvrait les 150 lieues, agrémentées de 27 relais de poste séparant Paris de Genève ; de là, par la rive droite de l’Arve on arrivait à Sallanches, étape obligatoire où l’on pouvait profiter à loisir de la première et superbe vue d’ensemble sur la chaîne du Mont-Blanc. Pour la suite du voyage, il fallait emprunter un nouveau mode de locomotion ; les calèches à deux roues particulières ou les chars à bancs éventuellement démontables offrant quelques places, seuls véhicules compatibles avec les chemins difficiles de la haute vallée.
On retraversait l’Arve sur le pont si pittoresque de Saint-Martin et en suivant la rive droite de la rivière on découvrait « avec étonnement le rideau d’arbres fruitiers de Passy» ; quelques érudits montaient à l’église pour voir les ex-voto romains. On arrivait à Chedde, (…) »

La maison de François Décret, à Chedde. une diligence est arrêtée dans la cour du relais qui se situe en retrait, au sud de la cour (P. Dupraz, Traditions et évolution de Passy, p. 98 ; photo, Joseph Bottollier ; coll. Alain Laugier)

Extrait du livre de Pierre Dupraz, Traditions et évolution de Passy, page 98 :

« Chedde, l’un des plus gros villages de Passy jusqu’au XIXe siècle ne comprend alors que quelque cent soixante habitants. Jusqu’aux années 1860, c’est le passage obligé vers Chamonix. Les voitures changent de chevaux avant d’affronter la rude côte qui mènera la diligence en direction de Joux vers Servoz. Au XVIIIe siècle, un Crottet y est aubergiste. Au XIXe, l’auberge-relais est tenue par François Marie Guy. Elle se situe en retrait entre la maison Décret et la boulangerie Guy qui s’établiront plus tard. »

La maison Biollay, avec ses colonnes, a été un relais de poste pour changer les chevaux des diligences et une auberge (Vatusium n° 11, p. 15)

Le relais de diligence de Passy-Chedde, aujourd’hui (cliché Bernard Théry)

Le relais de diligence de Passy-Chedde, au fond la chaîne des Fiz (cliché Bernard Théry)

Façade ouest du relais de diligence de Passy-Chedde (doc. C.H.e.P.P.)

« Peu après le rattachement de la Savoie à France, une route est taillée dans la roche de Côte Saint-Denis au Chatelard où elle débouche par le percement d’un tunnel, dans le bassin de Servoz. La construction de la route dite aujourd’hui des Egratz constitue une amélioration considérable des moyens de circulation vers Chamonix. Elle provoquera hélas la disparition de l’activité des relais de diligences de Chedde. » (Pierre Dupraz, Traditions et évolution de Passy, page 98)

La corniche taillée au flanc de Tête-Noire pour ouvrir la route de Passy à Chamonix (cliché Bernard Théry)

Extrait du livre de Paul Soudan, Histoire de Passy, page 74 :

« Les voyageurs peu pressés faisaient un crochet au Pont aux chèvres sur l’Arve aux Egraz pour que les dames sensibles puissent connaître les sensations de la «traversée d’un torrent si tumultueux sur une passerelle si légère », ou une halte en face de la cascade de l’Ugine dont les trois bras supérieurs « dessinent dans le rocher un cœur harmonieux». Cette cascade était un lieu classique d’excursion pour les touristes du nouvel établissement de bain de St-Gervais (…) ; il fallait arriver à la cascade aux premiers rayons du soleil, irisant alors le brouillard d’eau pulvérisée. »

La cascade de Chedde et … son « coeur » (photo Bernard Théry)

« Après Chedde on attaquait la montée et de Joux la traversée des 5 km de forêts aboutissant à Servoz ; au passage, on se devait d’admirer le pittoresque lac de Joux devenu « Lac de Chèdes » dans lequel se mirait le Mont-Blanc ; cette attraction disparut à partir de 1837, le petit lac ayant été comblé par un glissement de terrain consécutif au débordement du nant Bourdon. »

Pour en savoir plus :
Voir la médiathèque du site de l’académie de Grenoble : cliquez ici.
Site « Vintage Poster » : cliquez ici.

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