Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Le creusement du lit de l’Arve, l’incision, dans la deuxième moitié du XXe siècle

Written By: BT

Voir notre revue Vatusium n° 15 : « Le combat des hommes et de l’Arve », p. 13 à 38.

Géraldine Périllat explique ce phénomène d’incision dans le n° 33 de la revue « Nature et Patrimoine en Pays de Savoie ». Extraits : « Ce n’est qu’à partir du milieu du XXe siècle que l’Arve est maîtrisée, grâce aux efforts d’endiguement pendant toutes ces années, mais pas seulement. En effet, à partir de 1950, on observe une inversion du phénomène d’exhaussement : la rivière subit une forte incision. (…)

Le lit de l’Arve aux Râches, Passy (cliché Bernard Théry)

Cette incision a, selon Géraldine Périllat, plusieurs causes :

« Une première cause naturelle peut être avancée : depuis 1850, la fin du Petit Âge Glaciaire (…), le réchauffement a entraîné une diminution du volume des flux et l’extinction naturelle de nombreux torrents, donc une baisse de la charge sédimentaire. Mais les causes principales de cette incision viennent de l’action des hommes :
–  l’endiguement.
– les barrages hydroélectriques (Emosson, Les Houches…)
– l’extraction de matériaux. »
Tout cela « a provoqué (…) l’enfoncement record du lit de la rivière au Fayet, de 12 mètres. »

« Face aux besoins énergétiques croissants, on réalise des ouvrages hydroélectriques qui régulent le cours d’eau mais perturbent le transit de la charge de fond. (…) Ainsi, le complexe d’Emosson détourne une partie des apports de la haute montagne glaciaire. Quant au barrage des Houches, il empêche les matériaux de descendre plus loin dans la vallée, ce qui a provoqué, conjointement avec l’extraction de matériaux, l’enfoncement record du lit de la rivière au Fayet, de 12 mètres. »

Au pont de la Carabote, à Passy, le creusement du lit est nettement visible (cliché Bernard Théry)

« L’extraction massive de matériaux dans le cours de l’Arve servait à la construction et les infrastructures routières. Environ 15 millions de m3 ont été extraits, sans compter les extractions interdites ! Finalement, cela réglait les problèmes d’inondation tout en étant bénéfique pour l’économie. (…) Par ailleurs, l’urbanisation croissante sur les zones inondables réduit encore le domaine d’expansion de la rivière (…). On a aussi besoin de terres pour l’industrie et on entreprend donc de gagner encore du terrain (…). » (NPPS, p. 19-20)

Pour en savoir plus, lire le dossier complet de Géraldine Périllat dans la revue « Nature et Patrimoine en Pays de Savoie » n° 33 (pages 15 à 21).

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