Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

La construction de la route menant à Plaine-Joux

Written By: BT

Références :

Plaine-Joux, hier et aujourd’hui, p. 11 ; Paul Soudan, Histoire de Passy, p. 138.

Paul Soudan raconte :
« L’accès direct aux hameaux d’Assy se faisait anciennement par des chemins vicinaux dont les pentes dépassaient parfois 15 % ; d’Assy à Plaine Joux seuls existaient des chemins forestiers ou d’accès aux alpages. (…) Assez rapidement une nouvelle route départementale fut réalisée du chef-lieu à Assy, desservant Bay au passage par un long détour permettant d’obtenir un profil normal pour cette route ; elle fut ensuite prolongée jusqu’à Plaine-Joux pour desservir les quatre sanatoriums de l’AVSHA, en réalisant ainsi un parcours total de 10 km. »
(Histoire de Passy. Pour en savoir plus lire l’ensemble du texte page 138)

Brochure du 40e anniversaire de la station de Passy-PLAINE-JOUX, 1965-2005, p. 11 :

« Pour acheminer les matériaux et l’alimentation des ouvriers du chantier, un téléphérique sommaire est construit en 1924 qui part de Chedde près de la cascade pour aboutir aux abords du sana. Jusqu’à cette période, les voies d’accès sont sommaires une route très étroite jusqu’à Assy puis un chemin carrossable uniquement pour les voitures à chevaux jusqu’à Plaine-Joux et au Lac Vert. La municipalité de Passy dont le Maire est Théophile Vallet, fait construire en 1925 une vraie route goudronnée accessible aux voitures, camions et cars depuis le chef-lieu de Passy jusqu’à Plaine-Joux et même jusqu’au Lac Vert. C’est le tracé que nous empruntons aujourd’hui.

La nouvelle route de Plaine-Joux (Vatusium n° 9, p. 41)

Il faut savoir que ce projet de voie départementale avait été refusé par la commission des routes du Conseil Général de la Haute-Savoie qui, opposée à la création d’une station sanatoriale à Passy, trouvait là un moyen de la refuser, poussée qu’elle était par les hôteliers de Saint-­Gervais, Chamonix et l’hôtel PLM de Combloux qui voulaient garder les clients tuberculeux qui se reposaient chez eux. La route se fit malgré tout grâce à l’intervention de Fernand David, député et Conseiller Général de Saint-Gervais et Passy et futur ministre, auprès du ministère concerné à Paris. Il obtint même une subvention conséquente et le déblocage des fonds spéciaux. Lors de l’inauguration du sanatorium de Praz­-Coutant, la fanfare municipale de Passy, comme beaucoup d’invités, est transportée dans les camions de l’entreprise parisienne B.T.P. Picchetti, constructeur du bâtiment.

Les camions aux roues à bandages, récupérés, sont ceux du corps expéditionnaire américain de la guerre de 1914/18. Ils transportent terre, gravier, ciment durant la semaine. Pour la cérémonie, on les a lavés, récurés et équipés de bancs de bois bien inconfortables, d’autant plus qu’on roulait sur l’ancienne route charretière à peine élargie. A signaler que l’entreprise Picchetti, aidée par l’entreprise Catella de Chamonix (dirigée par le frère du futur entrepreneur de transports par cars de l’Abbaye, Gaston Catella) construira la plupart des établissements du Plateau et en dernier lieu la centrale EDF de Passy-­Chedde. Son chef de chantier local reprendra le flambeau en créant sa propre entreprise, la maison Abbé. »

Financement de la route
« Au moment de son rattachement à la France, résultat d’un plébiscite de quasi unanimité, la Savoie posa comme condition préalable le maintien de certaines franchises douanières, constituant ainsi une zone franche importante dans laquelle Passy était inséré. En février 1923, le Président POINCARE désira voir cesser un modus vivendi qu’il considérait comme une anomalie et un anachronisme. Mais, pour cela, il fut dans l’obligation de racheter les droits des  » zoniens  » savoyards. Des indemnités furent versées aux communes. A Passy, elles s’élevèrent à 40 francs par tête d’habitant, versées pendant 30 années. C’est sur ce fond spécial que la commune entreprit de refaire son réseau routier. Quant au tronçon climatique, l’Association des Villages sanatoriums y participa pécuniairement. » (article « Pourquoi et comment fut créée la station de Passy », par Paul-Emile Davy, extraits du n° 52 des Bulletins et mémoires de la société médicale de Passy,1960, reproduit dans la revue du CREHA en 1997).

POUR EN SAVOIR PLUS :
Document de l’Académie des beaux arts (texte et documents d’Anne Tobé, 26 pages, format pdf) : cliquez ici.

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