Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Conduite forcée de Chedde (1892-1896), tronçon du Châtelard à Chedde

Du Châtelard à Chedde : après la « galerie des Gures », la « galerie des Egratz »…

Lire notre revue Vatusium n° 9, p. 33-34, 36.

Canal de fuite à la sortie de la centrale de Servoz (cliché Bernard Théry, 2012)

Canal de fuite à la sortie de la centrale de Servoz (cliché Bernard Théry, 2012)

Après avoir été turbinée dans la centrale E.D.F. de Servoz, l’eau du pont des Lanternes se dirige par un canal de fuite vers Chedde : elle passe sous le viaduc, la voie ferrée et la voie descendante et traverse le massif des Egratz.

 Schéma de l’équipement hydroélectrique entre Servoz et Chedde ; en rouge, les deux tronçons de la conduite forcée
(Coll. Bernard Roze, J.P. Gide, J. Banaudo, Les Trains du Mont-Blanc, p. 75) :

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L’eau « se dirigeait directement sur Chedde par une galerie souterraine creusée dans la montagne même. » (J.P. Gide et J. Banaudo, op. cit., p. 78)

Canal de fuite à la sortie de la centrale de Servoz (cliché Bernard Théry)

Canal de fuite à la sortie de la centrale de Servoz (cliché Bernard Théry)

 

Le canal de fuite avant le passage sous la voie ferrée (panneau jaune), cliché Bernard Théry.

Le canal de fuite avant le passage sous la voie ferrée (panneau jaune), cliché Bernard Théry.

Le second tunnel, qui traverse le massif, est appelé « Galerie des Egraz ».

Départ de la galerie d’amenée avant le passage sous les Egratz (cliché Bernard Théry)

Départ de la galerie d’amenée avant le passage sous les Egratz (cliché Bernard Théry)

Cette « galerie des Egraz » devait recevoir l’évacuation de la Centrale du Châtelard et l’excédent d’eau non utilisée. De même section et même pente que le précédent, il avait 672 mètres de long et débouchait à la cote 748 à la mise en charge sur l’usine de Chedde. » (Paul Soudan, Histoire de Passy, p. 102)

La conduite forcée débouche dans la falaise des Egratz au-dessus de l’usine de Chedde (cliché Bernard Théry)

La conduite forcée débouche dans la falaise des Egratz au-dessus de l’usine de Chedde (cliché Bernard Théry)

« De là, deux conduites forcées de 1,40 m de diamètre et 420 et 450 mètres de longueur dévalaient du flanc de la Tête Noire, en passant sous la route du Fayet à Chamonix et traversant l’Arve pour atteindre les turbines, 140 mètres plus bas. » (Paul Soudan, Histoire de Passy, p. 102)

 

Construction de la conduite forcée ; la taille des ouvriers donne une idée de celle des tuyaux (Vatusium n° 9, p. 33)

Construction de la conduite forcée ; la taille des ouvriers donne une idée de celle des tuyaux (Vatusium n° 9, p. 33)

Aujourd’hui, une seule conduite est utilisée.

La conduite forcée actuelle qui descend le long de la falaise des Egratz (cliché Bernard Théry)

La conduite forcée actuelle qui descend le long de la falaise des Egratz (cliché Bernard Théry)

La conduite forcée passe sous la route, l’actuelle voie descendante (cliché Bernard Théry)

« Le trop-plein de la chambre d’eau était évacué par un puits qui débouchait au-dessous de la route pour retrouver l’Arve, introduisant ainsi dans le paysage une nouvelle cascade, intermittente il est vrai apparaissant à chaque manœuvre d’arrêt de turbine, et dite du « Déversoir ». » (Extraits du livre de Paul Soudan, Histoire de Passy, p. 102)

Le « déversoir » au printemps 2012 ; à droite, la conduite forcée (Doc. CHePP, photo Antoine Chandellier avec le pilote Roland Sarkis)

Conduite forcée ou … toboggan ?

La revue Mémoire de Chedde relate l’anecdote suivante :

« En 1912, afin d’augmenter le débit d’eau pour l’usine de Chedde, on procéda à des travaux à la centrale hydro-électrique du Châtelard.
Au cours de ceux-ci, un ouvrier maçon cheddois, chuta dans le canal à l’entrée de la galerie qui longe la Tête noire
(voir photo ci-dessous). Il fut emmené dans celle-ci et quelques instants plus tard, au grand ébahissement du gardien, il s’arrêta contre les grilles de la chambre de mise en charge. Sa stupeur passée, il l’aida à se sortir de là. Il en fut quitte pour une belle frayeur et un bon bain glacé. Heureusement pour lui, la galerie n’était pas en pleine charge sinon les Cheddois n’auraient certes plus revu cette figure cheddoise Jean Torchio, dit Jean de l’accordéon. Cette descente a dû durer environ dix à douze minutes mais pour lui, dans l’obscurité la plus complète, que le temps a dû lui paraître interminable ! » (Mémoire de Chedde n° 20, 2005, p. 22)

Partie haute de la conduite forcée (cliché Bernard Théry)

Partie haute de la conduite forcée (cliché Bernard Théry)

Voir aussi : Pierre Dupraz, Passy hier et aujourd’hui, p. 41 ; Paul Soudan, Histoire de Passy, p. 102 ; Pierre Dupraz, Traditions et évolution de Passy, p. 106 ; Ludovic Cailluet, Chedde, un siècle d’industrie au pays du Mont-Blanc, p. 22 ;  J.P. Gide, J. Banaudo, Les Trains du Mont-Blanc, p. 75 sq. (carte p. 75).

et … notre page consacrée à la centrale électrique.

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