Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Les Passerands des Régiments de Tirailleurs

Lire notre revue Vatusium n° 18, 2015 « Les Passerands dans la Grande Guerre », 1ère partie : 1914 et 1915 et Vatusium n° 19, 2016 « Les Passerands dans la Grande Guerre », 2e partie : 1916 à 1919.

Départ de Tirailleurs en 1914 sur un quai de gare 

Départ de Tirailleurs en 1914 sur un quai de gare (site pages14-18.mesdiscussions.net, page Tirailleurs, sujet 12663)

Exemples de Tirailleurs passerands pendant la Grande Guerre :

PETIT-JEAN-GENAT Pierre Henri, classe 1913, sergent passé au 5e Rgt de Tirailleurs le 19 juillet 1918 ;
CORNILLLON Louis Alfred, classe 1913, passé le 26 décembre 1914 du 97e RIA au 6e Rgt de marche du 8e Rgt de Tirailleurs Algériens, tué le 16 janvier 1915 à Roclincourt dans le Pas-de-Calais. Voir notre page « Un Tirailleur de Passy, Louis Cornillon, tué en Artois le 16 janvier 1915 » 

Après l’Armistice :
GAUDIN Auguste Hilaire, classe 1919, caporal dirigé sur le Maroc en guerre. Affecté au 15e Rgt de Tirailleurs algériens le 25 décembre 1919 ; passé au 11e Rgt de Tirailleurs algériens le 1er juillet 1920.
THIERRIAZ Marcel, classe 1917, passé au 4e bataillon de Tirailleurs Malgaches  le 9 mai 1919.
FIVEL-DEMORET Arsène, classe 1902,  (1882-1941), sergent rappelé le 3 août 1914 au 30e RI d’Annecy ; blessé le 3 octobre 1914 à Frise dans la Somme : plaie main gauche ; 311e RI, Passé au 311e RI le 15 août 1916. Blessé le 11 mai 1918 à Merville, gazé. Cité à l’ordre du Rgt n° 20 : « A toujours montré à ses hommes un bel exemple de courage et sang-froid dans toutes les actions auxquelles il a pris part. » Croix de guerre, médaille militaire. Passé au 21e Rgt de Tirailleurs le 13 novembre 1918, au 117e RI le 16 janvier 1919.

Qu’appelle-t-on les « Tirailleurs » ?

Un tirailleur est un fantassin faisant partie des unités légères de l’infanterie. (…). On distingue les Tirailleurs d’Afrique du Nord et ceux d’Afrique Noire (Wikipedia, art. Tirailleur) :

Afrique du Nord

Les tirailleurs nord-africains appartenaient à l’Armée d’Afrique.

Tirailleurs algériens

Tirailleurs marocains

Tirailleurs tunisiens

Afrique Noire

Les tirailleurs sénégalais, terme générique désignant les tirailleurs d’Afrique noire, appartenaient à l’Armée coloniale.

Tirailleurs sénégalais

Tirailleurs malgaches

Tirailleurs somalis

Les tirailleurs nord-africains de l’Armée d’Afrique

Origine des troupes françaises « indigènes »

« Dès le début des conquêtes coloniales françaises en Afrique du nord, les populations indigènes apparaissent comme une source d’effectifs militaire indispensables. » (Site mettet14-18.be, page « Les tirailleurs algériens  lors des combats d’août 1914 »)

Les soldats français s’entourent donc de troupes indigènes « car ces dernières connaissent bien le pays, la culture locale, l’adversaire et s’adaptent généralement mieux au climat local que les Européens. » (site forcesdz.com)
Les troupes indigènes furent tout d’abord appelées zouaves par les Français, du nom d’une confédération kabyle, les « Zouaoua« , entrée au service de la France peu après la prise d’Alger en 1830. Le recrutement des zouaves fut rapidement ouvert aux colons européens d’Algérie.

Quelques années plus tard, les zouaves devinrent un corps à recrutement exclusivement français et trois bataillons de Tirailleurs Indigènes furent créés par l’ordonnance du 7 décembre 1841 pour accueillir les indigènes. Les premiers bataillons de tirailleurs algériens apparaissent ainsi en 1842 et servirent de force de souveraineté dans les territoires conquis. » (Site mettet14-18.be, page « Les tirailleurs algériens  lors des combats d’août 1914 »)

« Au début les bataillons sont indépendants et participent à la plupart des opérations de conquête et de pacification en Algérie notamment à Constantine et Laghouat.
En 1854, un régiment provisoire est organisé pour la guerre de Crimée, puis en 1856, trois régiments à trois bataillons de six compagnies sont créés, un dans chaque département d’Algérie, et comportent chacun 106 officiers et 4 059 hommes.

En 1884, un 4e régiment est formé en Tunisie. Au départ, les tirailleurs tunisiens sont intégrés aux tirailleurs algériens et portent des numéros d’unités multiples de quatre. C’est seulement en 1921 que le terme de Tunisien sera adopté pour désigner ces derniers. En 1914, cinq nouveaux régiments, les 5e, 6e, 7e, 8e et 9e, sont créés.
À partir de 1854, les tirailleurs vont servir hors d’Afrique du Nord et stationneront régulièrement en France entre 1918 et 1960. Le commandement français montrera une grande confiance dans ces troupes et leur implication au service de la France ainsi que leur « exotisme » les rendront souvent très populaires auprès des populations locales. » (site forcesdz.com)

La tenue des tirailleurs

Tenue des tirailleurs au début de la Grande Guerre 

Tenue des tirailleurs au début de la Grande Guerre (site military-photos)

« En 1853, la nouvelle tenue des tirailleurs est décidée : veste arabe en forme de boléro en drap bleu de ciel bordée d’un galon plat de laine jonquille de 12 mm de large. Le devant est orné d’une arabesque en galon jonquille de 12 mm terminée en trèfle sous le creux de la clavicule. Le galon fait une boucle simulant une fausse poche (tombo) dont la couleur est distinctive du régiment (garance au 1er, blanc au 2nd, jonquille au 3e, puis drap bleu du fond de la veste pour les tirailleurs tunisiens). La manche a un parement en pointe marquée par un galon jonquille de 12 mm.

Tenue des tirailleurs au début de la Grande Guerre 

Tenue des tirailleurs au début de la Grande Guerre (site military-photos)

Le pantalon ample de forme arabe (le sarouel – appellation la plus fréquente – ou encore saroual ou seroual) est en drap bleu ciel ou blanc orné d’un cordonnet jonquille sur les coutures du côté. Ceinture de laine cramoisie, guêtres de toile blanche.
Coiffure : chéchia – calotte de feutre cramoisie (avec gland, frange et cordon bleu ciel) ou turban, un chèche de toile blanche. (site military-photos, Wikipedia, art. 1er Régiment de Tirailleurs et site musee-armee.fr)

Chéchia avec son gland réglementaire en fils de coton bleu, officiellement supprimé en 1915 

Chéchia avec son gland réglementaire en fils de coton bleu, officiellement supprimé en 1915 (site lepoilu-paris.com)

Cette tenue va peu évoluer jusqu’à la première guerre mondiale et rester stable durant toute la période de « la revanche ». » (site military-photos)

En plus de leur uniforme particulier, les tirailleurs possèdent également une musique originale, la nouba, caractérisée par son chapeau chinois, et une mascotte (généralement un ovin, bélier, mouflon ou bouc) qui marche en tête lors des défilés. (Wikipedia, art. Tirailleurs algériens)

La « Nouba » du 1er Régiment de Tirailleurs d’Épinal en tenue de Tradition,
chéchia, boléro et sarouel, héritage de la tenue des Tirailleurs Algériens
lors de la cérémonie commémorative du 8-mai-1945 à Strasbourg en 2013. 

La « Nouba » du 1er Régiment de Tirailleurs d’Épinal en tenue de Tradition, chéchia, boléro et sarouel, héritage de la tenue des Tirailleurs Algériens,
8-mai-1945 à Strasbourg en 2013. (Wikipedia, art. 1er Régiment de Tirailleurs)

La tenue des tirailleurs était adaptée à la géographie et au climat.

« Au bas du pantalon, le fameux trou de Lamoricière* permettant de laisser passer l’eau qui pouvait s’engouffrer lors du passage des oueds… »

*Voir le site esmma4

Le trou de Lamoricière 

Le trou de Lamoricière (site esmma4)

Plus d’infos sur notre page « Les Passerands des régiments de Zouaves en 14-18 et leur uniforme »

Tirailleurs traversant une rivière au début de la Grande Guerre 

Tirailleurs traversant une rivière au début de la Grande Guerre (site rosalielebel75, page Armée d’Afrique)

Les Tirailleurs algériens avant la Grande Guerre

« Les Régiments de Tirailleurs Algériens (RTA) écrivirent pour l’armée française parmi les pages les plus glorieuses de son histoire.
Ils participent à toutes les campagnes du Second Empire et de la IIIe République : Laghouat (1852), guerres de Crimée (1854-1855), où, pris pour des Turcs, ils gagnèrent leur surnom de « turcos », et d’Italie (1859), campagne du Sénégal (1860-1861) et de Cochinchine (186-1864), guerre du Mexique (1862-1867), guerre franco-prussienne de 1870-1871 en Lorraine, aux armées de la Loire et de l’Est, campagnes de Tunisie (1881-1883), du Tonkin (1883-1886), de Madagascar (1895), opérations de pacification en Algérie, au Sahara, campagne du Maroc de 1907 à 1912. » (site forcesdz.com)

Tirailleurs algériens 

Tirailleurs algériens (site rosalielebel75, page Armée d’Afrique)

Les Tirailleurs algériens pendant la Grande Guerre

« Les Tirailleurs algériens s’illustrent ensuite durant la Première Guerre mondiale, notamment lors de la bataille de Verdun en 1916, puis durant la Seconde Guerre mondiale. (…) (site forcesdz.com)

Départ des Tirailleurs, gare de l’Est en 1914 

Départ des Tirailleurs, gare de l’Est en 1914 (site forcesdz.com)

« A la veille de la guerre de 1914, le constat de Charles Mangin est le suivant : l’Allemagne a soixante-cinq millions d’habitants et la France n’en compte que quarante, aussi elle n’a pas les moyens humains d’affronter une guerre avec son puissant voisin. Dès lors, pour équilibrer les deux forces d’armées actives, il n’y a que deux possibilités : augmenter la durée du service militaire (c’est la solution choisie en 1913 avec la loi de trois ans) ou bien faire appel aux indigènes des colonies. C’est ainsi que les Turcos après avoir déjà combattu en France en 1870, interviennent une seconde fois sur le front occidental en 1914. (Site mettet14-18.be, page « Les tirailleurs algériens  lors des combats d’août 1914 »)
En effet, « à l’origine développée par le lieutenant-colonel Charles Mangin dans La Force noire, un livre paru en 1910, l’idée vise à substituer les tirailleurs, une troupe fidèle et nombreuse, aux lourds effectifs européens maintenus outre-mer comme forces de souveraineté. (…) Bien qu’ils donnent toute satisfaction pendant la campagne du Maroc, débutée en 1908, l’état-major général exprime de sérieuses réserves sur leur engagement en masse à la veille de la Grande Guerre.
Effectivement en 1914, mal employés, parfois récemment recrutés et à peine entraînés, peu adaptés à la puissance du feu, transis par les rigueurs du climat, les tirailleurs sont retirés du front et le projet de la Force noire semble définitivement enterré.
Pourtant, dès 1915, l’hécatombe de combattants, la guerre d’usure et l’extension des fronts poussent le gouvernement à solliciter de nouveau son Empire. Les attaques de plus en plus meurtrières de 1917 valent au père de la Force Noire le surnom de “Mangin le boucher”, et à ses tirailleurs la qualification, tout aussi mal fondée, de “chair à canon”… » (site European-security.com, page « Au service de la France : le siècle de la Force Noire », revue « l’Ancre d’Or Bazeilles« , revue des troupes de marine le papier écrit par Éric Deroo et le LCL Antoine Champeaux)

« Il faut néanmoins préciser que sur huit millions de soldats français, seuls 290.000 Nord africains et 135.000 Sénégalais ont combattu dans les tranchées de France ; par contre, ces régiments coloniaux feront partie des plus médaillés lors de la guerre 14-18. » (Site mettet14-18.be, page « Les tirailleurs algériens  lors des combats d’août 1914 »)

Au cours de la Première Guerre mondiale, les unités d’Afrique du Nord participent à toutes les grandes opérations. (…) Grâce à leurs qualités guerrières, elles sont choisies pour participer aux combats les plus durs sur le front de France chaque fois que la situation l’exige.

Leur apport a notamment été très important dans les semaines décisives de septembre 1914 lors de la Bataille de la Marne. Ainsi, à propos des faits d’armes de la Division marocaine lors de cette bataille, le maréchal Foch aurait dit : « La fortune a voulu que la Division Marocaine fût là ! ». Il cite la division à l’ordre de l’Armée le 22 septembre 1914.
Quant à Adolphe Messimy, il écrit plus tard dans ses mémoires à propos de ces divisions d’Afrique du Nord, toutes origines confondues, ayant participé à cette victoire de la Marne : « Je laisse à ceux qui me liront le soin de réfléchir à ce qu’auraient été les événements, si Gallieni sur l’Ourcq et Foch aux marais de Saint-Gond, n’avaient pas eu à leur disposition ces troupes d’élite, pleine d’élan et fraîches, s’ils auraient pu remporter de justesse les deux succès qui décidèrent du sort de la bataille décisive… et de la France ».

Si quelques cas de panique sont signalés dans certains bataillons lors des premières semaines de combats, comme dans d’autres unités métropolitaines, par la suite, ces unités sont considérées à l’égale des meilleurs, et après Charleroi et la Marne, les Zouaves et les Tirailleurs, se sont illustrés dans toutes les principales batailles, en Champagne, à Verdun, dans la Somme et dans les offensives victorieuses finales.

Les pertes s’élèvent à environ 22 000 morts pour les Européens et 36 000 pour les Maghrébins.

La Division marocaine fut l’unité la plus décorée de la guerre. (Wikipedia, article  Armée d’Afrique)
Evolution de la tenue des Tirailleurs pendant la Grande Guerre  

Evolution de la tenue des Tirailleurs algériens pendant la Grande Guerre

Evolution de la tenue des Tirailleurs algériens pendant la Grande Guerre (site education.francetv.fr, page diaporama de la 1re guerre mondiale)

Evolution de la tenue des Tirailleurs marocains pendant la Grande Guerre

Evolution de la tenue des Tirailleurs marocains pendant la Grande Guerre (site rosalielebel75, page Armée d’Afrique)

Lieutenant et Tirailleur Marocains 42me RMT 

Lieutenant et Tirailleur Marocains 42me RMT (site dupuyblogspotcom.unblog.fr)

Les Tirailleurs algériens et la nationalité française…

Dans les JMO des régiments de Tirailleurs, on distingue les « tirailleurs français » et les « tirailleurs indigènes ».
Ainsi dans le JMO du 9e régiment de tirailleurs
, page 7, on signale le 15 janvier 1915  l’ « arrivée et (la) répartition d’un renfort de tirailleurs français venant du dépôt d’Aix (…) : 86 tirailleurs français, 1 tirailleur indigène. »

JMO du 9e RTA, 15 janvier 1915

JMO du 9e RTA, 15 janvier 1915

JMO du 9e RTA, 15 janvier 1915 fin

 

Les Tirailleurs « indigènes », qui ont donné si vaillamment leur vie pour la France, n’étaient-ils donc pas « français » ?

La réponse est clairement Non !

« Pendant toute la première guerre mondiale, l’Algérie a fourni au pouvoir colonial français non seulement un soutien matériel substantiel, mais surtout des milliers de soldats « indigènes » soumis au service militaire obligatoire et le plus souvent affectés aux sections d’assaut.
Zouaves et tirailleurs, encensés pour leur bravoure, n’ont pourtant jamais eu droit à la citoyenneté pleine et entière. Conscients d’avoir aidé la France à l’heure du danger et frustrés par les promesses non tenues, ils ont ouvert le chemin à une revendication de libération nationale que la seconde guerre mondiale confirmera vingt ans plus tard.

(On peut lire à ce sujet le texte très intéressant de Gilbert Meynier sur le site orientxxi.info, page « les Algériens dans la Première Guerre mondiale. Une étape dans la prise de conscience nationale », 10 mai 2016)

Le Senatus-consulte du 14 juillet 1865 indique dans son article 1er que « l’indigène musulman est Français, néanmoins il continuera à être régi par la loi musulmane ». Toutefois, ces personnes pouvaient accéder à la qualité de citoyen français par décret (très rarement accordé).

La loi du 4 février 1919 (JO, 6 février) permettra aux « indigènes d’Algérie » d’accéder à la qualité de citoyen français, c’est-à-dire à la nationalité française pleine et entière, sous certaines conditions, précisées aux articles 2 et 3 (être âgé de vingt-cinq ans, être monogame ou célibataire, non condamné, et avoir servi dans les armées de terre ou de mer, ou savoir lire et écrire le français, ou être propriétaire d’un bien rural ou d’un immeuble urbain, ou investi d’un mandat électif, ou titulaire d’une décoration française, etc.). (Site legavox.fr)

« La Grande Guerre en Afrique, conclut Marc Michel, (…) a engendré un doute, en Occident même, sur sa capacité à assumer le « devoir de civilisation » et, pour la première fois, elle a redonné aux Africains l’occasion de s’exprimer », instillant un germe de révolte. Un nationalisme nord-africain prendra forme, et, alors que naît le cliché du « bon » tirailleur Banania, « brave et fidèle soldat », ce dernier revendiquera une égalité de droit : « Avant j’étais nègre, s’exclame un tirailleur en 1916, maintenant je suis français ! «  (site jeuneafrique.com, page « 1914-1918 : au cœur de la Grande Guerre », par Séverine Kodjo-Grandvaux)

Tirailleur mitrailleur, « Au service de la France : le siècle de la Force Noire »,
revue « l’Ancre d’Or Bazeilles« , revue des troupes de marine, écrit par Éric Deroo et le LCL Antoine Champeaux)

Tirailleur mitrailleur (site European-security.com)

Retour à l’indigénat après la grande Guerre

« Quelques dispositions bénignes ont bien raboté quelques-unes des aspérités les plus saillantes de la discrimination coloniale, notamment en matière fiscale. On distribua quelques gratifications, du type licences de cafés maures.
Mais la grande promesse des droits du citoyen en échange du service militaire obligatoire ne fut jamais sérieusement envisagée par Paris. Elle se réduisit à quelques menues dispositions nouvelles en matière d’ascension à la citoyenneté qui ne modifièrent pas les résultats dérisoires des procédures, déjà existantes, du sénatus-consulte de 1865, et à la création d’une catégorie de semi-sous-citoyens habilités à voter à l’échelon le plus bas des élections locales, les élections aux jamaa, assemblées dépourvues de tout pouvoir réel. La loi ne faisait guère progresser la participation des Algériens aux autres élections ; et ils étaient toujours décrétés inaptes à élire des représentants au Parlement français.

À vrai dire, le lobby colonial n’avait guère eu besoin de faire pression auprès du pouvoir parisien pour maintenir ainsi un quasi-statu quo. En août 1920, la Chambre reconduisait le Code de l’indigénat, dont l’application avait été suspendue en juillet 1914. C’est que les Algériens s’étaient plu à célébrer les lendemains de guerre comme le temps mythique d’une libération anticipée. On leur avait tant promis… […] » (site orientxxi.info, page « les Algériens dans la Première Guerre mondiale. Une étape dans la prise de conscience nationale », 10 mai 2016)

Les tirailleurs sénégalais d’Afrique noire

Tenue des Tirailleurs sénégalais au début de la Grande Guerre 

Tenue des Tirailleurs sénégalais au début de la Grande Guerre (site voyageurs-du-temps.fr)

Tirailleurs sénégalais : évolution de la tenue pendant la Grande Guerre

Tirailleurs sénégalais (site education.francetv.fr, page diaporama de la 1re guerre mondiale)

Poincaré et le Général Mangin passent en revue un régiment de T.S. le 2 avril 1917 

Poincaré et le Général Mangin passent en revue un régiment de T.S. le 2 avril 1917 (site dupuyblogspotcom.unblog.fr)

Les Tirailleurs malgaches (BTM) :

LA TREMBLADE – Le 13e bataillon des Tirailleurs malgaches 

LA TREMBLADE – Le 13e bataillon des Tirailleurs malgaches (site lemurie.over-blog.com)

« Plus de 30 000 tirailleurs malgaches participent à la guerre tandis que 5 355 travailleurs œuvrent dans les usines d’armement ou les chantiers de la Défense nationale. Parmi les combattants, 10 000 hommes sont incorporés dans les régiments d’artillerie lourde et 2 500 servent comme conducteurs d’automobile.
Les autres mobilisés forment 21 bataillons d’étapes, indispensables à l’entretien des voies et à l’approvisionnement des premières lignes.
Plusieurs d’entre eux sont cependant engagés directement au front, dont le 1er bataillon venu de Diego-Suarez en 1915 et surtout le 12e bataillon. Mis sur pied en octobre 1916 à partir des 12e et 13e compagnies malgaches, il compte également une compagnie comorienne.

Envoyé sur le front de l’Aisne en 1917, il s’y couvre de gloire en particulier lors des combats de la tranchée de l’Aviatik où il perd 13 Européens et 74 Malgaches et Comoriens. Le 21 septembre 1917, il repousse un assaut des troupes allemandes dans le bois de Mortier. En mai, le bataillon défend Villeneuve-sur-Fère où tombe le chef de bataillon Groine. Après avoir reçu une autre citation, l’unité est affectée à la division marocaine et le 18 juillet s’empare du village de Dommiers, perdant 10 officiers et 126 hommes. Une nouvelle citation lui permet alors de porter la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre. Une dernière fois cité pour ses faits d’armes, le 12e BTM, très éprouvé, est affecté dans un secteur du front des Vosges jusqu’à la fin de la Guerre.
En égard à sa valeur, le bataillon est transformé en août 1918 en 12e bataillon de chasseurs malgaches, puis en janvier 1919 en 1er régiment de chasseurs malgaches. De son côté, un 4e BTM participe à l’avance des troupes franco-serbes sur le front de Macédoine. Au cours de la Grande Guerre, les Malgaches et Comoriens perdent 3 010 tués et 1 835 blessés. » (Site rha.revues.org)

En guise de conclusion, laissons la parole à Léopold Sedar Senghor, (recueil Hosties noires)

Aux tirailleurs sénégalais

Voici le Soleil

Qui fait tendre la poitrine des vierges

Qui fait sourire sur les bancs verts les vieillards

Qui réveillerait les morts sous une terre maternelle.

J’entends le bruit des canons – est-ce d’Irun ?

On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat Inconnu.

Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme.

On promet cinq cent mille de vos enfants à la gloire des futures morts, on les

remercie d’avance futures morts obscures

Die schwarze Schande !*

 

Ecoutez-moi, Tirailleurs sénégalais, dans la solitude de la terre noire et de la mort

Dans votre solitude sans yeux sans oreilles, plus que dans ma peau sombre au fond de la

Province

Sans même la chaleur de vos camarades couchés tout contre vous, comme jadis

dans la tranchée jadis dans les palabres du village

Ecoutez-moi, Tirailleurs à la peau noire, bien que sans oreilles et sans yeux

dans votre triple enceinte de nuit.

 

Nous n’avons pas loué de pleureuses, pas même les larmes de vos femmes anciennes

— Elles ne se rappellent que vos grands coups de colère, préférant l’ardeur des vivants.

Les plaintes des pleureuses trop claires

Trop vite asséchés les joues de vos femmes, comme en saison sèche les torrents du Fouta

Les larmes les plus chaudes trop claires et trop vite bues au coin des lèvres

oublieuses.

 

Nous vous apportons, écoutez-nous, nous qui épelions vos noms dans les mois

que vous mouriez

Nous, dans ces jours de peur sans mémoire, vous apportions l’amitié de vos

camarades d’âge.

Ah ! puissé-je un jour d’une voix couleur de braise, puissé-je chanter

L’amitié des camarades fervente comme des entrailles et délicate, forte

comme des tendons.

Ecoutez-nous, Morts étendus dans l’eau au profond des plaines du Nord

et de l’Est.

Recevez ce sol rouge, sous le soleil d’été ce sol rougi du sang des blanches hosties

Recevez le salut de vos camarades noirs, Tirailleurs sénégalais

MORTS POUR LA REPUBLIQUE !
Tours, 1938
(cité sur le site commémoration-centenaire.blogspot.com, page La force noire ; Travail effectué par les élèves Abibac de première du Lycée Calmette, Nice)
*La « Honte noire » (Die schwarze Schande (am Rhein) ou également Die schwarze Schmach (am Rhein)) est le nom donné à une campagne de propagande nationaliste et raciste déclenchée dans l’Allemagne de Weimar au début des années 1920 afin de dénoncer l’occupation de la Rhénanie par les troupes coloniales  françaises : celles-ci, composées de soldats sénégalais, marocains et malgaches, étaient accusées de se livrer à divers sévices, incluant viols et mutilations, à l’encontre de la population allemande. (Wikipedia, art. Honte noire)

Sources et sites à consulter pour en savoir plus :

Site nordmag.fr, page sites bataille d’Artois http://www.nordmag.fr/patrimoine/histoire_regionale/premiere_guerre/sites_batailleartois.htm

Sur les Tirailleurs, voir le site mascara.p-rubira.com  http://mascara.p-rubira.com/regiments_de_tirailleurs_15_18.htm HISTORIQUE complet…

site pages14-18.mesdiscussions.net, page Tirailleurs, sujet 12663 : Historiques de tous les Rgts de tirailleurs !!!  http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/forum-pages-histoire/Tirailleurs/collectives-tirailleurs-africains-sujet_12663_1.htm

Wikipedia, art. Tirailleur  https://fr.wikipedia.org/wiki/Tirailleur

site herodote.net page 1830 à 1962, La France et ses soldats des colonies   https://www.herodote.net/1830_a_1962-synthese-43.php

Site mettet14-18.be, page « Les tirailleurs algériens  lors des combats d’août 1914 »  http://www.mettet14-18.be/articles/les-tirailleurs-algeriens-lors-des-combats-daout-1914

site forcesdz.com http://www.forcesdz.com/forum/viewtopic.php?f=15&t=1128

site lepoilu-paris.com, page Troupe, zouave, tirailleur, 1914 http://lepoilu-paris.com/fr/4309-chechia-mod%C3%A8le-troupe-zouave-tirailleur-1914.html

site military-photos, page Tirailleurs http://military-photos.com/tirailleurs.htm

site rosalielebel75, page Armée d’Afrique  http://rosalielebel75.franceserv.com/armee-afrique.html

site European-security.com, page « Au service de la France : le siècle de la Force Noire », revue « l’Ancre d’Or Bazeilles« , revue des troupes de marine le papier écrit par Éric Deroo et le LCL Antoine Champeaux) http://www.european-security.com/n_index.php?id=5689

site orientxxi.info, page « les Algériens dans la Première Guerre mondiale. Une étape dans la prise de conscience nationale », 10 mai 2016 http://orientxxi.info/l-orient-dans-la-guerre-1914-1918/les-algeriens-dans-la-premiere-guerre-mondiale,1157

Site legavox.fr, page Algériens nationalité française http://www.legavox.fr/blog/droitdesetrangers/algeriens-nationalite-francaise-4053.htm#.WGowm9LhDIU

site jeuneafrique.com, page « 1914-1918 : au cœur de la Grande Guerre », par Séverine Kodjo-Grandvaux http://www.jeuneafrique.com/135001/politique/1914-1918-au-coeur-de-la-grande-guerre/

site voyageurs-du-temps.fr, page Uniforme tirailleur http://www.voyageurs-du-temps.fr/Uniforme-tirailleur-marocains-algeriens-senegalais-indochinois-spahis-force-noire-guerre-1914_1133.html

site musee-armee.fr  http://www.musee-armee.fr/fileadmin/user_upload/Documents/Support-Visite-Fiches-Objets/Fiches-1815-1870/MA_fiche-objet-zouave-imperial.pdf

site education.francetv.fr, page diaporama de la 1re guerre mondiale http://education.francetv.fr/matiere/epoque-contemporaine/cm2/article/diaporama-de-la-1re-guerre-mondiale

site dupuyblogspotcom.unblog.fr, page Les tirailleurs sénégalais pendant la guerre 14-18 http://httpdupuyblogspotcom.unblog.fr/2013/12/25/les-tirailleurs-senegalais-pendant-la-guerre-14-18-suite/

site commémoration-centenaire.blogspot.com, page La force noire ; Travail effectué par les élèves Abibac de première du Lycée Calmette, Nice) http://commemoration-centenaire.blogspot.com/2015/06/la-force-noire.html

Wikipedia, art. Honte noire https://fr.wikipedia.org/wiki/Honte_noire

Sur les Tirailleurs malgaches :
site lemurie.over-blog.com http://lemurie.over-blog.com/2015/11/madagascar-bilan-4-100-mort-pour-la-france.html

Site lejournaldemayotte.com  http://lejournaldemayotte.com/une/il-y-a-100-ans-la-premiere-guerre-mondiale-dans-locean-indien-episode-35/

site archivesnationales.gov.mg http://www.archivesnationales.gov.mg/2014/11/les-tirailleurs-malgaches/

Site rha.revues.org http://rha.revues.org/7736#tocto2n4

JMO du 9e RTA, 15 janvier 1915

Voir nos autres pages sur
– Passy pendant la grande Guerre
en particulier
notre page consacrée au monument aux morts de Passy.

– Passy de 1920 à nos jours.

Découvrez aussi, sur notre site, la richesse et la variété du patrimoine de Passy :
 Les ex-voto du temple romain de Passy
– Le château médiéval de Charousse à Passy
– Le retable de la Chapelle de Joux, à Passy
– L’étonnant « Cahier » d’Eugène Delale, école de Passy, 1882
–  La méthode Freinet à l’école de Passy, 1932-1952
– La conduite forcée de 1947-1952 et la production hydroélectrique à Passy
– L’Arve des Gures aux Egratz, à Passy
– Vues panoramiques sur le Mont-Blanc depuis Passy
– L’inalpage dans les « montagnes » de Passy, « l’emmontagnée », et la « remuée » pendant l’été
– La gare de Chedde à Passy et la ligne Le Fayet-Chamonix
– La sculpture d’Albert FERAUD (1921-2008), La Porte du soleil (1973), sur la « Route de la Sculpture Contemporaine » à Passy
– La stèle de la Torchette à Passy et les commémorations du maquis de Montfort

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