Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

JMO du 4e RIC dans les ARDENNES et la MARNE, août-septembre 1914

Lire notre revue Vatusium n° 18, 2015 « Les Passerands dans la Grande Guerre », 1ère partie : 1914 et 1915.

Cette page BONUS complète nos articles et nos pages sur les soldats de Passy en 1914.

Le Passerand Ernest MARECHAL, classe 1913, engagé volontaire pour 3 ans le 12 avril 1913 pour le 4e Régiment Infanterie Coloniale (IVe Armée, Corps d’armée colonial, 2e DIC ; voir notre page « Les Passerands de l’infanterie coloniale ») est mort pour la France, « tué à l’ennemi » le 27 août 1914 à Jaulnay dans la Meuse (forêt située à une trentaine de km au sud-est de Sedan dans une boucle de la Meuse).

Positionnement des armées ; au centre la position de la IVe Armée

Positionnement des armées à l’ouest et premières offensives 11-20 août 1917 ; au centre la position de la IVe Armée (site crdp-strasbourg.fr)

Positionnement des armées à l’ouest et premières offensives 11-20 août 1914 ; au centre la position de la IVe Armée (site crdp-strasbourg.fr)

CARTE extraite du JMO de la 2ème DIC ; Revigny en bas (site JMO  de la 2e  Division d’Infanterie coloniale)

CARTE extraite du JMO de la 2ème DIC ; Revigny en bas

CARTE extraite du JMO de la 2ème DIC ; Revigny en bas

Seul le JMO du 3e bataillon du 4e RIC est disponible… (Site memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr)

4e Rgt d’infanterie coloniale : JMO du 3e bataillon, 9 août-1er octobre 1914 (transcription Bernard Théry ; notes ajoutées entre crochets) :

[De Toulon à Revigny et Stenay, 9-20 août 1914]

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« Mobilisé à 16 officiers et 919 hommes de troupe, le bataillon quitte Toulon le 8e jour de la mobilisation (9 août 1914) à 4h 54.
Transporté par voie ferrée sur l’itinéraire Avignon – la Voulte – Lyon – Paray-le-Monial – Gien – Montargis – Corbeil – Montereau – Troyes (G R), il débarque à Revigny [Revigny-sur-Ornain, au N.O. de Bar-le-Duc] (Meuse) le 10e jour de la mobilisation (11 août 1914) à 17h et cantonne le même jour à Brabant-le-Roi [au nord de St-Dizier] et Villers-aux-Bois.
Température très élevée et pénible.

12 août Marche de 16km pour aller cantonner à Génicourt-sur-Condé [au nord de Bar-le-Duc, entre St-Dizier et Verdun] ; même température accablante ; les réservistes, non habitués au sac, non entraînés se couchent le long de la route ; il faut en arriver aux menaces pour les faire avancer.

13 août Marche de 20 km pour gagner le cantonnement de Bulainville (vallée de l’Aire). Meilleure contenance des réservistes, moins de traînards.

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14 août Resserrement des cantonnements du Corps d’armée colonial. Marche de 8 km pour gagner Lavoye [au S.O. de Verdun et au S.E. de Ste-Menehould] ; il fait un peu moins chaud. A l’arrivée au cantonnement, on dépose les sacs, et pendant 2h ½ école de section, escrime à la baïonnette, évolution du bataillon. Il y a plus d’entrain que les jours précédents.
15 août Le Corps d’armée colonial fait un bond vers le nord ; le 3e bataillon, part à une heure, exécute une marche de trente kilomètres, vaillamment supportée par les réservistes qui déploient beaucoup de bonne volonté. Cantonnement à Malancourt [au N.O. de Verdun, près de la Forêt domaniale du Mort-Homme].

16 août Pluie. Départ à 6h 30. Etape de 9 km pour venir cantonner à Nantillois [au nord de Malancourt et de Montfaucon-d’Argonne]. En cours de route, exercice d’évolution du bataillon surpris par l’artillerie en formation de route. Cantonnement très resserré, boue, village sale. Pluie toute l’après-midi.

17 août Départ le 16 août à 22h, marche de nuit très fatigante dans une mauvaise route très boueuse et accidentée ; à-coups nombreux, voitures en panne. Nous arrivons à 4 h à Milly-devant-Dun [au nord de Malancourt, sur le ruisseau de Milly ; auj. Milly-sur-Bradon] ; il fait froid et humide ; petite pluie toute la journée ; resserrement du cantonnement pour recevoir 2 groupes de l’A.C. [artillerie de campagne]

18 août Départ à 5h 30, beau temps, route excellente ; manœuvre avant d’arriver au cantonnement de Stenay ; on  nous affecte les casernes du 120e de ligne, toutes neuves, mais laissées dans un état lamentable et répugnant par le 320e de réserve. Nous apprenons que notre armée, commandée par le général de Langle de Cary, comprend 5 Corps (IIe, XIIe, XVIIe, XIe, C.C.) [C.C. = Corps Colonial]. Le premier bulletin de renseignement de G.Q.G. nous fait connaître que les Allemands ont 8 C. d’A. sur l’Ourthe [rivière de Belgique, affluent en rive droite de la Meuse] et au N. et 2 Corps d’armée entre l’Ourthe et Thionville.

19 août Stationnement à Stenay.

20 août Idem

[De Stenay à Jamoigne, OFFENSIVE en Belgique : 21-23 août 1914]

21 août Départ pour Baâlon (4k 500) à 1h 15. Stationnement à Baalon [à l’est de Stenay]. Pluie fine.

22 août Départ à 3 h pour Herbeuval (frontière belge – 16 km) [encore en territoire français, au N.E. de Stenay] ; marche pleine d’à-coups ; on piétine presque sur place pendant 3 heures ; nous apprenons en cours de route que la 5e Brigade coloniale s’est engagée près de Neufchâteau [Belgique, voir carte de la 2e DIC ci-dessus], que la 3e Division coloniale est aux prises avec les Allemands dans la région St-Vincent, Rossignol, Termes.
Nous poursuivons notre marche vers le Nord, nous arrivons à Jamoigne (18 km au-delà d’Herbeuval) [section de la ville belge de Chiny] peu avant la tombée de la nuit ; la 6e Brigade est venue appuyer la 3e Division devant Termes ; je pousse les 10e et 11e Compagnies en renfort du 22e Rgt à 2 km N.E. de Jamoigne, dont j’assure la défense rapprochée avec les 9e et 12e et la Son de Mses [Section de Mitrailleuses]

[Surpris par l’ampleur de l’offensive Schlieffen, Joffre engage une contre-attaque entre Sedan et Etain, dans les Ardennes. Mais il sous-estime totalement les forces ennemies, et, au lieu des 9 divisions prévues, en trouve 22, bien armées et préparées : la contre-attaque va tourner à la tragédie. (site crdp-strasbourg.fr)]

 Carte des combats du 22 août 1914 dans les Ardennes, en bas à droite   

Carte des combats du 22 août 1914 dans les Ardennes, en bas à droite (site crdp-strasbourg.fr)

Carte des combats du 22 août 1914 dans les Ardennes, en bas à droite (site crdp-strasbourg.fr)

CARTE extraite du JMO de la 2e DIC, p. 7 : forêt de Merlanvaux ; Jamoigne, St-Vincent, Rossignol (en haut à droite) ; Villers-devant-Orval (au milieu)

CARTE extraite du JMO de la 2e DIC, p. 7

CARTE extraite du JMO de la 2e DIC, p. 7

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23 août Dans la nuit, le 4e Rgt reçoit l’ordre de s’établir face à l’Est, la gauche à Jamoigne, la droite à la forêt. Le 3e bataillon occupe la gauche de la ligne sur le front Jamoigne-Romponcel- Valansart [Romponcel- Valansart sont situés au sud de Jamoigne]. Organisation de points d’appui, 3 compagnies en 1ère ligne : 12e, 11e, 9e de la gauche à la droite, la 10e en réserve sur la route Jamoigne-Valansart, à la croisée des chemins.
Violente canonnade pendant plus de 6 heures. Les gros projectiles de l’artillerie lourde allemande causent quelques dégâts au 1er Groupe de l’artillerie divisionnaire établi à 800 m Ouest de Valansart ; très peu de blessés dans l’infanterie. Vers 15 h nous recevons l’ordre de nous replier sur la croupe au N.E. de Pin [à l’ouest de Jamoigne]. Nous n’avons pas vu d’infanterie allemande, nous n’avons pas tiré un coup de fusil !

Notre artillerie se décroche assez difficilement au centre ; vers 16h, toute la Division est sur la position indiquée à l’Est – N.E. de Pin. Reprise du duel d’artillerie.
Le lieutenant-colonel Ruef reçoit une balle de shrapnel dans la cuisse en allant avertir l’artillerie que nous nous replions ; il est évacué.
Vers 17h, le 4e Rgt reçoit l’ordre d’organiser et de tenir la lisière Est du bois de la Houdrée.

Bois de la Houdrée, Margny, Herbeuval 

Bois de la Houdrée, Margny, Herbeuval (Source : Google)

Bois de la Houdrée, Margny, Herbeuval (Source : Google)

Le 3e Bataillon à droite avec des postes face au Sud. Nous passons la nuit dans le bois.

[De Jamoigne à la forêt de Jaulnay, RETRAITE de BELGIQUE en FRANCE : 23-27 août 1914]

24 août Vers 1 h, ordre de se replier sur Villers-devant-Orval, les Allemands ayant mis la main sur Pin, à notre gauche. Marche de nuit dans la forêt jusqu’à 4h 30. La 10e Compagnie, que l’ordre de départ n’a pas touchée, est restée sur sa position ; le Capitaine adjudant major Barbazan retourne la chercher avec 15 hommes.
Le 4e s’établit aux Avant-postes à Margny [en territoire français], face au Nord et à l’Est. Le 3e bataillon fournit 2 grand-gardes [pour empêcher que l’armée ne soit surprise] : 9e et 12e Compagnies.
Incident : un escadron allemand s’avance vers la Station de Villers-devant-Orval ; la section de mitrailleuses lui envoie à 800 m une rafale qui lui cause des pertes sensibles et lui fait faire demi-tour.

A 11 h, le 4e se porte vers le sud pour occuper la position du Bois de Richamont, à l’est d’Herbeuval ; le mouvement est couvert par la 9e compagnie (Section petit et Chéruy) qui tient en respect des fractions d’infanterie ou de de cavaliers à pied avançant vers Margny.
A 12h, le 4e est établi sur le front nord du bois de Richamont, 3e bataillon  gauche.
A 13h 30, ordre de retraite, sans combat ; les troupes à notre droite et à notre gauche se sont déjà repliées sans nous avertir. Nous nous dirigeons à travers champs, puis par la route sur Breux et Thonnelle (12 km S.E.). Nous cantonnons à Thonnelle [au nord de Montmédy].

Margny, Breux et Thonnelle (en haut) ; Thonne-les-Prés, Chauvency-le-Château, Bièvres, Signy et Montlibert ; Lamouilly, Martincourt-sur-Meuse, Luzy-St-Martin ;
Stenay (en bas à gauche)

Margny, Breux et Thonnelle (en haut) ; Thonne-les-Prés, Chauvency-le-Château, Bièvres, Signy et Montlibert ; Lamouilly, Martincourt-sur-Meuse, Luzy-St-Martin ; Stenay (en bas à gauche) Source : Google

Margny, Breux et Thonnelle (en haut) ; Thonne-les-Prés, Chauvency-le-Château, Bièvres, Signy et Montlibert ; Lamouilly, Martincourt-sur-Meuse, Luzy-St-Martin ; Stenay (en bas à gauche) Source : Google

[Pendant ce temps, le 24 août, le général de Castelnau arrête l’invasion allemande à Rozelieures. C’est la première victoire française].
Voir notre page J.M.O. du 2e Rgt de Dragons, 16 août-12 sept. 1914. Bataille de Rozelieures, 25 août 1914.

Bataille de la Trouée de Charmes, 24-29 août 1914 ; Rozelieures 

ataille de la Trouée de Charmes, 24-29 août 1914 ; Rozelieures (site crdp-strasbourg.fr)

ataille de la Trouée de Charmes, 24-29 août 1914 ; Rozelieures (site crdp-strasbourg.fr)

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25 août Départ à 1h 30 pour Thonne-les-Prés, Chauvency-le-Château [à l’ouest de Montmédy], Bièvres [à l’ouest de Thonnelle], où nous recevons l’ordre d’aller prendre position dans le bois de Signy, face au N.-N.E., le 3e bataillon à droite contre Signy et Montlibert [au N.O. de Thonnelle].
Canonnade, surtout vers St-Vulfroy à notre gauche ; seulement quelques blessés. A la tombée de la nuit, nous recevons l’ordre de nous replier sur Lamouilly. Le 3e bataillon marche en queue de colonne. A Lamouilly, nous apprenons que les ponts de la Meuse doivent sauter et qu’il nous faut passer sur la rive gauche par le pont de Martincourt. Marche de nuit très pénible. Nous nous couchons vers 1 ½ heure le 26 dans les prés de la rive gauche vers Luzy. [Luzy-St-Martin, au nord de Cesse et Stenay]

26 août A 4 h, reprise de la marche vers la forêt de Jaulnay ; installation du bataillon aux A.P. [avant-postes] face à Inor. Pluie toute la nuit. Des réservistes arrivés de Toulon s’affolent et tiraillent dans l’obscurité. La 11e Compagnie, qui s’était arrêtée à Lamouilly pendant la nuit précédente, au lieu de suivre le bataillon, a une échauffourée avec 1 escadron, 1 compagnie d’infanterie et des mitrailleuses allemandes ; 70 hommes sont tués, blessés ou disparus. Les autres rentrent avec le capitaine par le pont détruit d’Inor.

27 août Il n’y a encore aucun Allemand sur la rive gauche de la Meuse à 3h 30 ; vers 4h, le bataillon reçoit l’ordre de se replier sur la laie forestière suivant l’axe Cesse-Pouilly sur lequel le général commandant la division compte se retrancher.
Le 1er bataillon, qui était aux A.P. à droite du 3e, face à Luzy, a déjà exécuté son mouvement de repli quand le 3e commence le sien ; la 12e Cie (Capitaine Curault) part la première avec mission de s’établir à la lisière du bois la plus voisine de Luzy, face à ce village, pour couvrir le repli du reste du bataillon. Le mouvement s’exécute assez rapidement quoiqu’à la file indienne par une laie forestière. Cependant la 12e Compagnie se trouve engagée avec de l’infanterie allemande qui monte de Luzy vers la corne du bois ; cette infanterie devient bientôt assez nombreuse pour obliger la 12e Cie à se replier légèrement à l’intérieur du bois. Lorsque la ligne allemande arrive à la lisière, le capitaine Curault fait exécuter une contre-attaque à la baïonnette ; la ligne allemande recule vers Luzy ; mais la 12e Compagnie se sent impuissante à résister seule devant les troupes allemandes ; d’ailleurs le capitaine Curault a été blessé d’une balle à la jambe, le lieutenant Rothier blessé au bras et à l’épaule. La 9e Compagnie reçoit l’ordre de venir prolonger à droite l’action de la 12e ; cette compagnie, en butte au tir de mitrailleuses allemandes qui se sont établies à la corne du bois qu’a dû abandonner la 12e Cie souffre presque immédiatement de leur feu ; le lieutenant Petit est tué, à peine le déploiement de sa section est-il achevé.
Le lieutenant Garnier, chef de la 3e section de mitrailleuses reçoit l’ordre de rechercher un emplacement d’où  il pourra battre efficacement la corne du bois ; cet officier trouve rapidement une bonne position de batterie à environ 300 m du point indiqué et ne tarde pas à faire taire les mitrailleuses allemandes, ce qui provoque un mouvement en avant de la ligne du 3e bataillon que sont venus prolonger à droite la 10e Cie (capitaine Thomas) puis une Cie du 24e Colonial égarée dans le bois et qui vient se placer sous les ordres du Commandant du 3e bataillon.
Le 1er Bataillon (Vallier) attaque la partie de crête à droite du 3e. La progression des 2 bataillons se continue pendant une heure environ, très lentement, gênée par le tir violent des mitrailleuses et des fantassins allemands, puis par celui de l’artillerie allemande qui inonde de ses projectiles tout le terrain suivi par les compagnies de 1ère et de 2ème ligne.
On a la sensation qu’il sera impossible de parvenir à la crête tant que la corne du bois sera occupée par les Allemands, qui prennent en flanc la chaîne ; cette chaîne reste en place sans pouvoir progresser jusqu’au moment où 2 compagnies du 22e, envoyées par le bois, la droite à la lisière, commencent à faire sentir l’effet de leur feu sur les Allemands de la corne de ce bois. Alors toute la ligne se porte en avant, malgré les balles, malgré les obus, sans appui de notre artillerie qui n’a pu trouver de position de batterie pour nous porter son concours. Les hommes se précipitent à la baïonnette avec un entrain et une fougue remarquables ; toute la ligne allemande cède, redescend à la course la pente vers Luzy, s’enfuit en désordre vers le canal ; les deux compagnies du 22e entrent dans Luzy.
A ce moment parvient un ordre du général de Division de ne pas dépasser la crête ; cet ordre est mal interprété ; la plupart des sections, privées de leurs chefs, se désagrègent, ramassent des trophées de toute nature et les hommes reviennent bien tranquillement dans la direction du chemin bourbeux d’où sont parties les attaques, absolument insouciants du danger. Comme les deux compagnies du 22e font un mouvement de retraite de Luzy vers la crête, les Allemands font une contre-offensive que ne peut arrêter le feu d’une chaîne très mince restée sur la crête. Comprenant le danger, le commandant du 3e bataillon fait avancer la 11e Cie (Capitaine Gury) momentanément réservée et la porte sur la crête pour former repli ; mais cette Compagnie est tout à fait en l’air, n’ayant que de faibles fractions à sa droite, qui ne tiennent pas devant la poussée allemande ; bientôt un mouvement de retraite générale se produit, après un succès incontestable et cela par suite du manque de coordination dans les efforts, du manque de liaison dans les attaques.

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Le 3e bataillon a subi de très grosses pertes : Officiers tués : lieutenants Petit, Langlois, Chéruy. Officiers blessés : capitaine Curault, lieutenant Rothier, lieutenant Gérency, lieutenant Cognon.
420 hommes de troupe tués [dont le Passerand Ernest Maréchal], blessés ou disparus dont 3 adjudants-chefs, 4 adjudants, 2 sergents-majors, 14 sergents et sergents fourriers.

Le 3e bataillon va se reformer à la ferme de la Belle-Tour (4 km S.O. de Beaumont) où il arrive à la tombée de la nuit.

[De Jaulnay à Vitry-le-François, RETRAITE vers le sud : 27 août-5 septembre 1914]

28 août Les Allemands ont repassé la Meuse en face de Luzy et de Martincourt ; le régiment occupe une position défensive, face au N.E. ayant pour centre la ferme de Belle-Tour. Le 2e bataillon avec les médecins, les infirmiers et les brancardiers retourne sur le champ de bataille pour recueillir les blessés qu’on n’a pu relever la veille. Vers 17h, ordre de se porter à l’ouest de Beaumont pour coopérer à l’attaque de la ligne Yoncqferme de la Belle-Epine. Marche  de nuit dissimulée autant que possible ; vers 22h, nous atteignons la ferme de la Thibaudière (2 km Ouest de Beaumont (Beaumont-en-Argonne]) où nous bivouaquons dans une prairie.

29 août Départ à 4 h, 3e bataillon en tête pour se replier sur Vaux-en-Dieulet [au S.O. de Luzy] par la ferme de la Belle-Volée, où le 1er groupe de l’artillerie de corps s’est mis en position. Le mouvement s’effectue dans le plus grand ordre par de bons cheminements. Nous dépassons Vaux-en-Dieulet et par Harricourt et Boult-aux-Bois nous venons bivouaquer vers 17h près de la Ferme des Plaines. Marche de 13 heures très pénible.

30 août Départ à 4h  pour traverser la forêt de Boult ; nous nous établissons au bivouac à la sortie N. de la Croix aux Bois. A 16h, ordre de venir s’établir au bivouac à l’E. de Belleville-sur-Bar.

31 août Le 3e bataillon se place aux A.P. à 4h à 2 km au N. de Belleville. Vers 6h, il reçoit l’ordre de rejoindre le reste du 4e Rgt qui se porte sur Brieulles-sur-Bar, 2e bataillon (Vacher) en tête, suivi par le 3e bataillon tandis que le 1er bataillon reste en réserve de la Division près de Châtillon-sur-Bar.

Stenay, à l’est de Boult-aux-Bois ; Reims en bas à gauche ; Charleville-Mézières et Sedan en haut

Stenay, à l’est de Boult-aux-Bois ; Reims en bas à gauche ; Charleville-Mézières et Sedan en haut (Source : Google)

Stenay, à l’est de Boult-aux-Bois ; Reims en bas à gauche ; Charleville-Mézières et Sedan en haut (Source : Google)

La 4e Brigade reçoit l’ordre d’attaquer les Petites-Armoises, par régiments successifs, 4e en tête, pendant que la 5e Brigade attaquera Sy par le bois de Sy et que le IIe Corps d’Armée, à notre droite attaquera Verrières.
Toute la journée se passe en une violente canonnade qui, dans l’ensemble de la 2e Division met environ hors de combat environ  300 hommes. Le 3e bataillon ne subit aucune perte.
Par suite du retard du IIe C.A., l’attaque prévue ne se produit pas ; la 5e Brigade seule agit dans le bois de Sy et souffre un peu de l’artillerie allemande.
Le 3e bataillon reçoit à la nuit l’ordre de venir en arrière cantonner à Belleville ; le colonel Baudonnet, commandant la 4e Brigade est tué par un obus à la tombée de la nuit, entre Châtillon et Belleville.

1er septembre 1914 Ordre  de battre en retraite sur Termes, 17 km Sud de Belleville à partir de 4h, puis sur Autry (8 km plus loin).

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Nos hommes sont harassés, n’ayant pu manger ni se reposer depuis 48 heures. Nous faisons une grande halte de 3 heures au bord de l’Aisne près de Senne pour faire le café et prendre un peu de repos. Nous arrivons à Autry à 17h . Nous y recevons l’ordre de filer sur Cernay-en-Dormois. Comme nos hommes ne tiennent plus debout, le Commandant du 3e bataillon fait une démarche personnelle auprès du général Commandant le C. d’A. C. [Corps d’armée coloniale]  qui donne l’autorisation de cantonner à Autry où les hommes peuvent faire la soupe et se reposer.

2 septembre Le 4e vient cantonner plus au sud à Rouvroy (3km Ouest de Cernay-en-Dormois). Bon repos.
3 septembre Nous partons à 4 h, dans l’ordre normal des bataillons sur Tahure, Perthes-les-Hurlus, Somme-Suippes, St-Remy-sur-Bussy où nous arrivons à 12h. Vers 14h, l’artillerie allemande ouvre le feu brusquement sur le village, refoulant le 1er bataillon (Vallier) qui était aux A.P. à 2 km 500 au nord.

Carte de Tahure, Perthes-les-Hurlus ; Cernay-en-Dormois, Rouvroy (en haut à droite) 

Carte de Tahure, Perthes-les-Hurlus ; Cernay-en-Dormois, Rouvroy (en haut à droite) (site laurent59.canalblog.com)

Carte de Tahure, Perthes-les-Hurlus ; Cernay-en-Dormois, Rouvroy (en haut à droite) (site laurent59.canalblog.com)

 

Dans ce village de St-Remy où sont entassés le 2e et le 3e bataillon, sans compter des fractions du 8e et du 22e, et où viennent d’arriver 1200 réservistes du Dépôt de Toulon, assez âgés, pas instruits, mal encadrés, il se produit un désarroi, un commencement de panique, d’autant plus que les Allemands arrosent méthodiquement avec leur artillerie tout le terrain en pente ascendante vers le Sud par où s’écoulent rapidement la valeur de 4 bataillons ainsi que les T.C. [Train de Combat] et une partie du TR. Vers 15h cependant, l’ordre est rétabli dans les (illisible : bois ?), le 3e bataillon se reconstitue peu à peu, la g. à la route de Tilloy à 2km 500 sud de St-Remy.
Nous n’avons à déplorer que la perte de 7 tués et 5 blessés de la 12e compagnie par des obus à mélinite, dans un petit bois de pins.

A la nuit, ordre de se replier sur Somme-Vesle, où le bataillon arrive à 23 h et où il prend une formation de bivouac et se repose jusqu’à 2h.

4 septembre Ordre de continuer le mouvement de retraite vers le Sud et d’aller cantonner à Vanaut-le-Chatel (18 km de Somme-Vesle) où nous arrivons vers 9 h.
A 17h, le régiment va se former en position de rassemblement articulé à 2 km nord du village entre les routes de Bussy-le-Repos et du Fresne.
Dans la nuit, nous recevons l’ordre de nous replier sur Vitry-en-Perthuis.

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Il y a un retard de transmission de cet ordre par suite du changement de poste de commandement du Colonel pendant la nuit. Le bataillon Vacher est en retard de 3h sur son horaire. Les Allemands le canonnent dès qu’il atteint Bassu (4 km Sud de Vanault-le-Châtel).

Bassu (4 km S. de Vanault-le-Châtel), Vitry-le-François et Vitry-en-Perthuis (en bas à gauche)

Bassu (4 km S. de Vanault-le-Châtel), Vitry-le-François et Vitry-en-Perthuis (en bas à gauche) Source : Google

Bassu (4 km S. de Vanault-le-Châtel), Vitry-le-François et Vitry-en-Perthuis (en bas à gauche) Source : Google

5 septembre Le 2e bataillon reçoit l’ordre de se porter en soutien de l’artillerie, à l’ouest du Mont de Fourche et de tenir la route nationale de Strasbourg. Dans la journée, on n’aperçoit que quelques patrouilles de cavalerie allemande.
Vers 16h 30, le 3e bataillon reçoit l’avis que l’artillerie du Mont de Fourche se retirera sur le pont de Vitry-le-François par lequel il se repliera également quand l’artillerie aura terminé son mouvement.
Mais à peine l’artillerie commence-t-elle à amener ses pièces que les projectiles allemands couvrent l’itinéraire qu’elle va suivre et inondent tout le terrain compris sur les pentes sud du Mont de Fourche entre les deux ponts.
La 12e Compagnie, abritée par la crête qui borde la rive droite de la Saulx [coule au N.E. de Vitry-le-François et se jette dans la Marne], peut atteindre le pont de Vitry-le-François, ainsi qu’une partie de la 9e Compagnie, dont le commandant (Capitaine Crébenne) est blessé d’un éclat à la fesse.

Carte de la Grande retraite, 24 août-5 septembre 1914 ; mouvement de la IVe armée à droite, Vitry-le-François en bas à droite 

 Carte de la Grande retraite, 24 août-5 septembre 1914 ; mouvement de la IVe armée à droite, Vitry-le-François en bas à droite (site crdp-strasbourg.fr)

Carte de la Grande retraite, 24 août-5 septembre 1914 ; mouvement de la IVe armée à droite, Vitry-le-François en bas à droite (site crdp-strasbourg.fr)

Le reste du 3e bataillon, sous les ordres du chef de bataillon, s’abrite le long du chemin de rocade qui contourne au sud le mont de Fourche et parvient sans subir de pertes sur les pentes abruptes qui, de la chapelle Ste-Geneviève, descendent sur Vitry-en-Perthuis.
Mais le pont de Vitry-en-Perthuis est encombré par des caissons abandonnés, des chevaux tués et est couvert d’une pluie de gros projectiles ; le chef de bataillon fait descendre son monde directement vers la rivière, dans les peupliers et s’efforce ainsi à couvert de rejoindre le pont de Vitry-le-François ; mais on avance péniblement dans les herbes et les fondrières, les peupliers sont hachés par les obus ; d’autre part des balles commencent à arriver venant des environs du pont du pont de Vitry-le-François. La seule solution pour sauver le bataillon était de passer immédiatement la rivière ; on reconnaît un point de passage où la profondeur maxima est d’un mètre ; la Saulx est franchie en 10 minutes, puis par la route de Vitry-en-Perthuis à Vitry-le-François, le 3e bataillon rejoint les deux autres et prend la tête du régiment pour venir à St-Remy-en-Bouzemont [au sud de Vitry-le-François ] au cantonnement bivouac à 23h. Pertes absolument insignifiantes : 1 caporal tué, 2 hommes blessés, le cheval du commandant tué.

[De Vitry-le-François à Virginy, BATAILLE DE LA MARNE et nouvelle OFFENSIVE vers le nord : 6-30 septembre 1914]

page 10
6 septembre Le 3e bataillon resté en réserve de la Division à St-Remy-en-Bouzemont reçoit communication de l’ordre du général en chef prescrivant l’offensive sur tout le front. La bataille s’engage dès le matin, la 6e brigade en tête, sur les bois qui bordent la Marne, puis sur la ligne du ruisseau de l’Orante et du canal de Vitry-le-François à St-Dizier.
Le 3e bataillon vient de St-Remy à Cloyes [Cloyes-sur-Marne, au S.E. de Vitry-le-François] où il cantonne.
D’après les renseignements reçus, la 5e brigade qui s’était portée au nord du canal par Orconte et Ecriennes, échoue dans son attaque sur Villotte et se replie sur Orante. La 6e brigade progresse à gauche et occupe Mont-Moret et Bignicourt [Bignicourt-sur-Marne].

Bataille de la Marne, 6-14 septembre 1914 ; Corps colonial en bas à droite 

Bataille de la Marne, 6-14 septembre 1914 ; Corps colonial en bas à droite (site crdp-strasbourg.fr)

Bataille de la Marne, 6-14 septembre 1914 ; Corps colonial en bas à droite (site crdp-strasbourg.fr)

Mont-Moret (flèche) ; Matignicourt-Goncourt, Cloyes-sur-Marne, Ecriennes (au nord de Matignicourt), Orconte (à l’est de Matignicourt)

Mont-Moret (flèche) ; Matignicourt-Goncourt, Cloyes-sur-Marne, Ecriennes (au nord de Matignicourt), Orconte (à l’est de Matignicourt) Source Google

Mont-Moret (flèche) ; Matignicourt-Goncourt, Cloyes-sur-Marne, Ecriennes (au nord de Matignicourt), Orconte (à l’est de Matignicourt) Source Google

7 septembre Le 3e bataillon reste à Cloyes jusqu’à 17h, puis vient relever le 2e bataillon qui est aux avant-postes au château de Goncourt.  Il y a sur tout le front des alternatives de mouvement en avant et de recul. Le Corps d’armée colonial borde la ligne de l’Orconte en fin de journée, de Bignicourt à Matignicourt.

8 septembre Le 3e bataillon conserve sa position d’A.P. à Goncourt. Le pont sur le canal est encore tenu par des tranchées allemandes ; le sous-lieutenant de réserve Rentz, de la 10e Compagnie, est tué vers 9h avec 2 hommes en allant reconnaître si ces tranchées sont encore occupées par les Allemands.
Le commandant du 3e bataillon se met en liaison avec le groupe Hervé, de l’A. D2 [Artillerie Divisionnaire 2], pour bombarder les tranchées allemandes avec des obus à la mélinite.
Dans la soirée, nous apprenons que la droite des armées allemandes a cédé devant la g. [gauche] des armées françaises et que tout l’effort de l’ennemi se porte maintenant sur la 4e armée (la nôtre) ; nous prenons nos dispositions pour faire face à une attaque de nuit. Cette attaque ne se produit pas.

9 septembre Nous restons sur notre position de Goncourt, nez à nez avec les Allemands qui occupent le pont du canal et les rives de ce canal à l’Est et à l’Ouest.

10 septembre Même situation. Nous apprenons  que la 9e armée a été victorieuse à notre gauche du côté de la Fère Champenoise [au S.O. de Châlons-en-Champagne].

Bataille de la Marne (site chtimiste.com) ; la Fère Champenois en bas à droite 

Bataille de la Marne (site chtimiste.com) ; la Fère Champenois en bas à droite (site chtimiste.com, page bataille de la Marne)

Bataille de la Marne (site chtimiste.com) ; la Fère Champenois en bas à droite (site chtimiste.com, page bataille de la Marne)

Le Colonel Reynard, commandant le 4e régiment, est parti dans la nuit à la tête d’une brigade dans la direction de Meix ( ?).
Le commandant Pruneau, commandant le 3e bataillon, est nommé au commandement provisoire du régiment.
Le capitaine Barbazan, commandant la 12e compagnie, prend le commandement du 3e bataillon.

page 11
11 septembre [1914] Une patrouille de la 10e compagnie signale que les tranchées allemandes, défendant le pont du canal sont évacuées, l’ordre de se porter en avant est immédiatement donné. Le 3e bataillon traverse le canal et se porte sur la ferme de Tournay qu’elle reçoit comme objectif. Le peloton de dragons qui couvre la colonne reçoit quelques coups de fusil du village de Brusson [à l’est de Vitry-le-François], situé sur le bord du canal de la Marne au Rhin, à 3 km au Nord de la ferme. La nuit tombe, le bataillon s’installe au bivouac aux abords de la ferme et de la ligne de chemin de fer.

12 septembre A 5 heures, le bataillon prend la tête du régiment et se porte en formation d’attaque sur le village de Brusson qu’il trouve évacué. La marche continue par Changy, [au nord de Brusson] Bassuet, Vanault-le-Châtel, Bussy-le-Repos et Noirlieu, où le bataillon arrive. Sur tout le parcours, on trouve les traces d’une retraite précipitée, matériel abandonné, vivres, munitions. Le bataillon cantonne à Noirlieu.

13 septembre Marche de Noirlieu à Gizaucourt. Combat d’artillerie à Voilemont, qui retarde la marche. Cantonnement à Gizaucourt.

14 septembre Le bataillon quitte Gizaucourt à 9h, l’ennemi a pris position au nord de la Tourbe. Le bataillon qui marchait après le 2e en tête du gros, va prendre position sur la rive droite de la Tourbe après avoir passé la crête au sud de Virginy sous le feu de l’artillerie. A la nuit, il cantonne à Virginy [au sud de Massiges].

Virginy, Massiges et Ville-sur-Tourbe ; Cernay-en-Dormois

Virginy, Massiges et Ville-sur-Tourbe ; Cernay-en-Dormois (Source : Google)

Virginy, Massiges et Ville-sur-Tourbe ; Cernay-en-Dormois (Source : Google)

[Virginy et cote 191, dans les TRANCHEES : 15-30 septembre 1914]

15 septembre La Division marche à l’attaque de la cote 191, le 22e exécute cette attaque, le 3e bataillon du 4e doit appuyer cette attaque par la droite. Il quitte Virginy à 5h et se porte sur l’est de la cote 191 par Ville-sur-Tourbe et occupe la route de Ville-sur-Tourbe à Massiges.
3 tués, 16 blessés par le feu d’artillerie. A la nuit le bataillon rentre à Virginy.

16 septembre Au point du jour, le bataillon reprend sa position sur la route Massiges à Ville-sur-Tourbe, où il doit tenir.
18 blessés par le feu d’artillerie.
17 septembre Situation inchangée : 2 tués, 6 blessés par l’artillerie.

18 septembre Le régiment a l’ordre de se tenir sur la défensive sur la cote 191 et la croupe qui descend de ce mamelon vers l’Est jusqu’à la route nationale de Ville-sur-Tourbe à Cernay [Cernay-en-Dormois]. Cette position est partagée en 3 secteurs. Le bataillon défend la section centrale. Deux compagnies restent nuit et jour retranchées sur la position, les 2 autres se reposent à Virginy, formant réserve. Les compagnies se relèvent toutes les 24 h à la nuit tombante. Sur la position, on voit en face des retranchements allemands, où l’ennemi se tient également sur la défensive. Les artilleries arrosent réciproquement les tranchées d’en face. De notre côté, pertes insignifiantes, les tranchées ayant été renforcées (ce sont d’ailleurs les tranchées établies par les Allemands et qui ont été retournées contre eux). Au début tirailleries sur les lignes, qui cessent à la longue, les deux camps se contentant de s’observer.

page 12
Depuis le 16 septembre, temps détestable, pluie et vent froid. Les hommes souffrent beaucoup surtout la nuit, malgré les abris en paille qu’ils s’ingénient à établir dans les tranchées.
19 septembre Même situation.
20 septembre Même situation. A 23h 30, on entend une vive fusillade suivie de coup de canon, vers la gauche de la ligne. Le bataillon n’y prend aucune part.
21 septembre La 2e Division [coloniale] reçoit l’ordre d’attaquer à 11h par sa gauche vers Maison de Champagne et cote 199. Le bataillon garde momentanément sa position défensive et se tient prêt à coopérer à l’attaque au premier signal.
22 septembre Le bataillon n’a pas eu à prêter son concours pour l’attaque de la cote 199. Il continue à avoir deux compagnies dans les tranchées et deux en réserve à Virginy.

23 septembre Même situation.
24 septembre Même situation.
25 septembre Même situation. Ordre est donné aux deux compagnies aux avant-postes de doubler de vigilance, en raison d’une attaque de la cote 199 à 23h par le 22e colonial.
26 septembre A 4h 45, l’ennemi prononce une vigoureuse attaque de toute la ligne des avant-postes et s’empare de la cote 191. De là, il prend d’enfilade les tranchées occupées par les 11e et 12e compagnies et oblige ces deux unités à prendre position à 500 m en arrière, sur la route de Ville-sur-Tourbe à Massiges. Le capitaine Barbazan fait immédiatement occuper les passerelles de la Tourbe par la 9e compagnie, fait réapprovisionner les 11e et 12e en munitions et envoie le capitaine Garnier avec ses 3 sections de mitrailleuses prendre position près des compagnies de première ligne, sur la route de Ville-sur-Tourbe à Massiges.

Voyant à 6h que le 1er bataillon avait repris la cote 191, le capitaine Barbazan donne l’ordre aux 11e et 12e compagnies de se porter en avant, afin de réoccuper leurs tranchées, et fait préparer leur attaque par un feu nourri des sections de mitrailleuses. Celles-ci éteignent le tir d’une section de mitrailleuses ennemie installée près de l’arbre en boule, au pied de la cote 191 versant est, et font sortir des tranchées les Allemands qui y étaient. Les 11e et 12e compagnies, entraînées par le capitaine Gury et le sous-lieutenant Abbe, se lancent résolument en avant et reprennent leurs positions du matin. Les Allemands laissent plus de 150 tués sur le terrain.
Sur toute la ligne, l’ennemi est refoulé avec de très grosses pertes. Malheureusement, cela coûtait au 3e bataillon : 1 officier tué (sous-lieutenant Abbe), 2 sous-officiers, 7 soldats tués, 1 sous-officier blessé, 1 caporal, 64 soldats blessés.
Dans la soirée, le chef de bataillon Thomas nouvellement promu, prend le commandement du bataillon.

27 septembre Le bataillon a deux compagnies aux avant-postes et 2 en réserve à Virginy. Rien à signaler.
28 au 30 septembre 1914 Même situation.
1er octobre  A 19h 30, de fortes patrouilles ennemies viennent reconnaître les tranchées sur tout le front du régiment, comme d’ailleurs dans les secteurs mitrailleuses. Les hommes ont gagné la crête topographique en rampant et de là ont tiré sur nous. Ils sont accueillis par une vive fusillade, suivie peu après par la canonnade de nos batteries de 75, de 120 et de 155. »

(Fin de la transcription intégrale)

page 13 Du 2 au 28 octobre 1914
page 14 Du 29 octobre au 30 novembre 1914
page 15 Du 1er au 17 décembre 1914
page 16 Du 18 au 27 décembre 1914 ;

Situation d’effectif du 4e RIC (3e bataillon) à la date du 20 décembre 1914

Situation d’effectif du 4e RIC (3e bataillon) à la date du 20 décembre 1914 (JMO page 16)

Situation d’effectif du 4e RIC (3e bataillon) à la date du 20 décembre 1914 (JMO page 16)

Situation d’effectif du 4e RIC (3e bataillon) à la date du 20 décembre 1914

Situation d’effectif du 4e RIC (3e bataillon) à la date du 20 décembre 1914

page 17

CARTE des tranchées françaises du 4e RIC et des tranchées allemandes, fin décembre 1914

CARTE des tranchées françaises du 4e RIC et des tranchées allemandes, fin décembre 1914 (JMO page 17)

CARTE des tranchées françaises du 4e RIC et des tranchées allemandes, fin décembre 1914 (JMO page 17)

page 17 Les 26 et 27 décembre 1914
page 18 Du 29 décembre 1914 au 10 janvier 1915
page 19 Du 10 au 18 janvier 1915.

(Fin du relevé)

Sources et sites à consulter pour en savoir plus :

Site memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr :

JMO  de la 2e  Division d’Infanterie coloniale dans Inventaire des journaux des marches et opérations des grandes unités.

JMO du 4e RIC

Site crdp-strasbourg.fr  (TRÈS COMPLET)

Site laurent59.canalblog.com

Site chtimiste.com, page bataille de la Marne

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