Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

René Michollin, le hussard de 1914 devenu fantassin

Lire notre revue Vatusium n° 18, 2015 « Les Passerands dans la Grande Guerre », 1ère partie : 1914 et 1915.

Cette page BONUS complète notre article « Christiane et André FIVEL évoquent la guerre de leur père René Fivel », publié dans Vatusium n ° 18, pages 36 à 38.

Christiane, Marie et André FIVEL évoquent la guerre de leur oncle René MICHOLLIN :

 « Notre oncle René MICHOLLIN, né le 1er janvier 1888 à Passy, était le fils de Joseph Eugène Michollin et de Félicie Adélaïde Joly domiciliés à Passy. Il exerçait la profession de cultivateur et avait épousé Clara Fivel, la sœur de notre père René. » Il faisait partie de la classe 1908.

René Michollin sur une carte postale-photo envoyée le 16 février 1915 (doc. Christiane Fivel)

René Michollin sur une carte postale-photo envoyée le 16 février 1915 (doc. Christiane Fivel)

René MICHOLLIN, hussard en août 1914
Incorporé au 4e Rgt de Dragons à Chambéry le 1er octobre 1909, il devient  brigadier ; cavalier réserviste, il est rappelé le 3 août 1914 au 9e Hussards, régiment de cavalerie légère de Chambéry. Il part au front le 19 août 1914. Il a 26 ans. Très vite, le 8 octobre 1914, il est nommé Maréchal des logis.
Avec son régiment, il participe aux campagnes contre l’Allemagne dans les Armées du Nord et du Nord-Est du 2 août 1914 au 16 septembre 1915. D’abord dans les Vosges en août 1914, puis dans la Somme en septembre 14.
À partir du 21 octobre, il participe aux premières opérations dans les Flandres. En 1915, c’est la  Somme (janvier-août)  Puis le 6 août 1915, il prend part à l’offensive en Champagne (août-septembre).

Carte postale-photo envoyée le 16 février 1915 par René Michollin à ses parents (doc. Christiane Fivel)

Carte postale-photo envoyée le 16 février 1915 par René Michollin à ses parents (doc. Christiane Fivel)

Chers parents*,
Deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont bonnes et j’espère que ma présente vous en trouve de même ainsi que Anaïs** et la petite nièce** qui doit bien grandir. Je vous envoie ma photo. Vous verrez que je ne me laisse pas trop maigrir étant en guerre. Ces jours, je devais aller aux tranchées***, mais j’ai été vacciné contre la fièvre typhoïde, je n’irai que dans 2 ou 3 jours. Je termine mon griffonnage en vous embrassant de tout (cœur). Votre fils qui pense à vous. Michollin René
(inscription en haut de la carte, à l’envers) : C’est fait par un photographe d’occasion.

*Cette carte est sans doute adressée à ses beaux-parents, Jean Pierre Fivel et Caroline Bottolier-Curtet puisqu’il parle d’Anaïs ; c’est donc qu’à cette date il a déjà épousé leur fille Clara Fivel…

**Il s’agit sans doute d’Anaïs Soudan, sa belle sœur, épouse de René Fivel ; leur petite Jeanne est née en 1914.
***René parle des « tranchées » : les hussards ont quitté leurs chevaux… et rejoint les fantassins dans les tranchées.

Texte de la carte postale-photo envoyée le 16 février 1915 par René Michollin à ses parents (doc. Christiane Fivel)

Texte de la carte postale-photo envoyée le 16 février 1915 par René Michollin à ses parents (doc. Christiane Fivel)

René MICHOLLIN, détaché à l’usine de Chedde pendant 10 mois
Dirigé sur le dépôt le 17 septembre 1915 pour être détaché jusqu’à nouvel ordre aux Etablissements de la Société des Forces motrices et Usine de l’Arve (à Chedde).

René MICHOLLIN, revient au front comme fantassin de 1916 à 1919
René est renvoyé au dépôt le 13 juillet 1916 : relevé d’usine il est affecté au 140e Rgt d’infanterie le 14 juillet 1916 ; reste quelques jours à l’intérieur  (Campagne Simple)  du 14 au 17 juillet 1916 ; puis très vite il rejoint les Armées du Nord et du Nord-Est où il restera du 18 juillet 1916 au 14 juillet 1919. Il passe au 9e Bataillon du 140e RI le 18 juillet 1916.
Il s’est battu à La Woëvre (juin-août 1916), puis à Verdun (août), dans l’Aisne (sept.). en 1917, c’est l’Oise (mars), l’Artois, l’Aisne.
En 1918, c’est l’Alsace (mars-avril, les Flandres (avril-juin) ; puis la Champagne (juillet-août) et enfin la Lorraine (sept.-oct.).

Citations

René MICHOLLIN est cité à l’ordre du Régiment n° 384 le 1er juin 1917 : « Sous-officier très courageux. Le 22 mai 1917 [Aisne : Urvillers, Seraucourt], sa section ayant été particulièrement éprouvée par un bombardement violent, a su maintenir le bon ordre et le moral de ses hommes. »

Il est à nouveau cité, mais cette fois à l’ordre de la Division n° 196 du 9 novembre 1917 [Aisne] : « Sous-officier très dévoué, d’un calme exemplaire, blessé à l’assaut d’un fortin ennemi, a négligé de se faire panser avant la fin complète de l’opération, est ensuite resté à son poste. » Croix de guerre avec étoile d’argent.

Il est démobilisé le 15 juillet 1919 et se retire à Passy.

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