Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

La Médaille militaire : son histoire ; les Passerands décorés en 14-18

Lire notre revue Vatusium n° 18, 2015 « Les Passerands dans la Grande Guerre », 1ère partie : 1914 et 1915.

Cette page BONUS complète notre article « Des médailles pour les Passerands » publié dans Vatusium n ° 18, page 39.

« La Médaille militaire est la plus haute distinction militaire française destinée aux sous-officiers et aux soldats. Elle peut être concédée en récompense de services exceptionnels aux officiers généraux. Souvent appelée « la Légion d’honneur du sous-officier », la Médaille militaire est la troisième décoration française dans l’ordre de préséance, après l’ordre de la Légion d’honneur et l’ordre de la Libération. » (Site legiondhonneur)

Critères d’attribution :
Avoir été cité individuellement à l’ordre de l’Armée ou du Corps d’armée, ou titulaire d’au moins deux citations individuelles comportant l’attribution de la Croix de guerre, ou ayant reçu une ou plusieurs blessures de guerre, ou s’étant  signalé par un acte de courage et de dévouement. Pendant la Grande Guerre, elle était souvent conférée à titre posthume ou à des soldats grièvement blessés.
L’attribution de la médaille militaire comportait à sa création, une rente annuelle insaisissable de cent francs-or, qui assurait au récipiendaire le pain et le tabac à vie. Cette rente est actuellement inférieure à 5 euros, mais existe toujours.

L’insigne

La Médaille militaire, d’un diamètre de 28 mm, est en argent. Elle porte à l’avers l’effigie de la République avec cet exergue : « République française » et au revers, au centre du médaillon « Valeur et discipline ». Elle est surmontée d’un trophée d’armes.

Avers de la médaille militaire (médaille de Georges Toussaint, doc. Jean-Paul Toussaint)

Avers de la médaille militaire (médaille de Georges Toussaint, doc. Jean-Paul Toussaint)

Seulement 36 Passerands ont reçu la  Médaille militaire dont 10 amputés ou énucléés, 1 trépané et 2 à titre posthume (état actuel de nos recherches). Les voici, par ordre alphabétique :

François Ambroise Allard, classe 1912, incorporé au 1e Rgt d’artillerie de montagne à compter du 10 octobre 1913, 4e batterie le 2 août 1914 ; blessé par éclat d’obus au crâne le 25 sept. 1914 au col Ste-Marie en Alsace [à la frontière entre les Vosges et le Haut-Rhin, à l’est de Wisembach, entre St-Dié (à l’ouest) et Sainte Croix-aux-Mines (à l’est) ], « étant à la 4e Batterie et mettant la pièce en batterie près de l’ennemi a été atteint par un éclat de 105 allemand qui lui a occasionné une plaie du crâne », trépané, vertiges, blessure de guerre : brèche osseuse complète de la suture intra pariétale région du vertex mesurant 2 cm sur 1 ½  cm. Médaille militaire, décret du 11 avril 1962, J.O. du 20 avril 1962.

Léon Edouard Allard, classe 1906, rappelé au 30e RI ; blessé le 25 août 1914 par éclat d’obus, bras droit à la ferme du « Mouton Noir » (et non Mont Noir) à l’ouest de Lunéville et au nord de Mont-sur-Meurthe et Rehainviller où se trouve le 230e RI à cette date ; rejoint le dépôt le 15 septembre 1914 ; détaché à l’usine de Chedde du 7 février 1915 au 13 juillet 1916 ; passé au 140e RI le 16 juillet 1916 ; parti en renfort au 9e bataillon de marche le 19 juillet 1916 ; intoxiqué au 140e RI le 4 juin 1918. Citation Rgt le 16 janvier 1919 : « Bon soldat ayant toujours accompli son devoir. Deux fois blessé. » ; Croix de guerre, médaille militaire (J.O. du 2 décembre 1931).

Guillaume Etienne Barrère, classe 1910, 1er Rgt d’artillerie de montagne, classé à la 62e Batterie le 1er octobre 1917. Campagne contre l’Allemagne : intérieur C.S. : du 2 au 6 août 1914 ; aux armées C.D. du 7 août 1914 au 1er novembre 1915 ; Orient C.D. du 2 novembre 1915 au 3 janvier 1918 ; intérieur C.S. du 4 janvier 1918 au 23 octobre 1919. Médaille commémorative de la Grande Guerre ; médaille de la Victoire ; médaille commémorative d’Orient ; médaille militaire (décret du 6 juin 1929)

Jean Louis Baud, classe 1912, 97e RI de Modane, blessé le 4 sept. 1914 au col de Barémont, amputé de la jambe droite ; cité à l’ordre de l’Armée n°  979 du 5 juin 1915, J.O. du 29 juin 1915 : « Bon soldat ayant toujours fait son devoir. A été grièvement blessé le 4 septembre 1914 ; a subi l’amputation de la jambe droite. » Croix de guerre avec palme et médaille militaire (décret du 28 juin 1915).

Charles Bouillet, classe 1910, sergent au 97e RI, blessé à Bois-le-Prêtre le 29 septembre 1916, intoxiqué par ypérite au Mont Kemmel le 12 mai 1918. Cité à l’ordre de la 258e Brigade n° 9 du 19 octobre 1915 : « A fait preuve de beaucoup d’énergie et de courage en se portant l’un des premiers à l’assaut des tranchées ennemies à l’attaque du 6 octobre » 1915 [en Artois]. Cité à l’ordre de la Brigade n° 44 du 21 juillet 1916 : « A maintenu sa section en ligne malgré un intense bombardement du 23 au 29 juin 1916 [dans la Woëvre] et a assuré l’évacuation de tous ses blessés. » Croix de guerre 2 étoiles de bronze. Médaille militaire par décret du 18 mai 1934.

René Auguste Bouillet, classe 1910, rappelé au 1er Rgt d’Artillerie de montagne,  blessé le 31 août 1914 : éclat d’obus à la main droite à Lérouvile (Meurthe-et-Moselle) ; maréchal des logis le 6 avril 1918 ; cité le 7 novembre 1917 : « Très bon brigadier dont la conduite a toujours été exemplaire ; a été blessé deux fois. » Croix de guerre ; médaille militaire par décret du 7 octobre 1932.

Florentin Bouchard, classe 1896, Incorporé au 99e RI le 16 novembre 1897. Caporal le 21 septembre 1898 ; sergent le 21 septembre 1899. Nommé gendarme à pied à la Cie des Hautes alpes le 15 novembre 1901, puis à la 14e légion bis le 1er janvier 1903 ; brigadier à pied le 20 juillet 1918. Chef de brigade de 3e classe à pied le 10 décembre 1919. Décoré de la Médaille militaire par décret du 28 février 1920. Campagne contre l’Allemagne : du 2 août 1914 au 23 octobre 1919.

Pierre César Burnier, classe 1900, engagé volontaire pour 4 ans le 1er décembre 1899 : Infanterie de marine ; campagne en Cochinchine, en Chine, au Tonkin ; rengagement de 5 ans en 1905 ; nommé gendarme à pied le 4 janvier 1910 à la 14e Légion de gendarmerie ; campagne : intérieur du 2 août 1914 au 11 novembre 1918 ; médaille de Chine, médaille militaire (décret du 28 février 1920).

Albert Ambroise Buttoud, classe 1911, rappelé au 30e RI le 14 novembre 1914 ; nommé caporal le 5 mai 1915 ; blessé le 25 août 1914 au Col de la Chipotte dans les Vosges : éclat d’obus à la main gauche ; hôpital 84 à Clermont-Ferrand du 26 au 31 août, rentré au dépôt. Disparu le 22 mars 1917 à Artemps, prisonnier au camp de Dülmen et évadé d’Allemagne, rentré le 4 mai 1918 ; passé au 17e RI le 17 mai 1918. Cité à l’ordre du Corps d’Armée par ordre du Grand Quartier Général du 4 août 1919 n° 811217 : « Bon gradé blessé en 1914 puis fait prisonnier en 1917 au cours d’une contre-attaque, a fait preuve d’un moral élevé et d’un ardent patriotisme en réussissant à s’évader après 2 tentatives. » Croix de guerre étoile vermeil. Médaille militaire : décret du 16 mai 1952, J.O. du 25 mai 1952.

Léon Buttoudin, classe 1910. Rappelé au 99e RI le 2 septembre 1914 ; blessé le 26 septembre 1914, à Herleville, dans la Somme, plaie par éclat d’obus ; intoxiqué au gaz le 20 octobre 1918 à Gaumont (Ardennes) ; 2 citations ; médaille militaire, au titre des réserves sans traitement, décret du 1er décembre 1928 ; Croix de guerre. Cité à l’ordre du Rgt : « Très bon soldat courageux, discipliné, s’est particulièrement distingué pendant l’attaque allemande du 25 avril 1918 se frayant  à coups de fusil et de baïonnette un passage à travers les Allemands qui l’encerclaient. » Cité à l’ordre du Rgt n° 261 du 26 juin 1918 : « S’est particulièrement distingué pendant les combats des 31 mai et 1er juin (1918) en assurant le service de liaison sous de violents tirs d’artillerie et de mitrailleuses. »

Edouard Marie Chatelard, classe 1911, 24e RI coloniale, blessé le 2 juillet 1916 à Dompierre (Somme) : plaie par balle au mollet droit ; amputation cuisse droite. Médaille militaire par ordre n° 4313 du 2 janvier 1917, cité à l’ordre de l’Armée le 2 janvier 1917  : « Très brave grenadier. Grièvement blessé le 2 juillet 1916 en se portant crânement à l’assaut des 2èmes lignes allemandes sous un feu violent d’artillerie et de mitrailleuses ; amputé cuisse droite. » Croix de guerre avec palme. Chevalier de la Légion d’Honneur par décret du 23 novembre 1937, J.O. du 4 décembre 1937, puis Officier au J.O du 5 décembre 1958.

Edouard François Cossard, classe 1906, rappelé au 51e  Btn de Chasseurs ; sous-officier, blessé le 26 septembre à Lihons : blessure légère à la jambe par éclats d’obus ; évacué le 9 décembre à Ypres pour pieds gelés ; blessé le 29 juillet 1915 au Barrenkopf : plaie en séton au thorax par balle.
Deux belles citations à l’ordre de la Division, puis de l’Armée :
Cité à l’ordre de la Division n° 20 du 14 juillet 1915 : « Déjà blessé au début de la campagne, est revenu sur le front à peine guéri ; sous-officier très entreprenant, volontaire pour toutes les opérations difficiles qu’il mène avec un grand sang-froid et beaucoup d’énergie, s’est particulièrement distingué dans la progression à coups de grenades dans les boyaux ennemis. »
Cité à l’ordre de l’Armée, ordre n° 60 du 8 septembre 1915 : « Blessé très grièvement d’une balle au ventre, a continué à encourager ses chasseurs et à les pousser en avant. A quitté le champ de bataille en disant : « Je suis content, mes chasseurs sont entrés dans le bois, je serai vengé. » » Croix de guerre avec étoile d’argent et palme ; médaille militaire (J.O. du 12 mai 1918).

François Marcel Couttet, classe 1913, 5e Rgt d’Infanterie coloniale, 11e Compagnie, aux armées le 5 janvier 1915, blessé à la hanche gauche par balle aux Islettes dans la Meuse le 16 février 1915, évacué. Au 8e Rgt d’Infanterie Coloniale, blessé à Krithia, Seddul Bahr à l’œil droit par balle le 4 juin 1915. Médaille militaire, décret présidentiel du 2 juillet 1925, J.O. du 10 juillet 1925 : « Bon soldat, a été grièvement blessé à son poste de combat à Krithia (Dardanelles) le 4 juin 1915 ; énucléation de l’œil droit. » Croix de guerre avec palme.

Emile Alexandre Alphonse Daigue, classe 1900, rappelé le 4 août 1914 au 30e RI ; blessé le 29 août 1914 (sans doute à Saulcy-sur-Meurthe, Vosges) : balle cuisse droite ; blessé le 15 octobre 1915 en Champagne : plaie par éclat d’obus à l’omoplate. Cité à l’ordre du régiment, note n° 20390 du 20 juillet 1917, le Colonel Chef d’Etat-major de la 10e Armée : « Bon soldat ayant toujours accompli son devoir, a été blessé deux fois. » ; Croix de guerre, médaille militaire (J.O. du 25 août 1931)

Clovis Descruy, classe 1910, en PHOTO sur la couverture du Vatusium n° 18, caporal au 12e Btn de Chasseurs à pied, 4e Compagnie ; blessé par balle le 21 juillet 1918 à la 2e bataille de l’Ourcq : pension 30%. Cité à l’ordre du bataillon le 11 novembre 1916 : « Sur le front depuis le début, a assuré dans des circonstances très difficiles le ravitaillement de juillet à octobre 1916. » ; croix de guerre étoile de bronze. Campagnes contre l’Allemagne du 2 août 1914 au 21 août 1919. Proposé pour la Médaille militaire en 1928 par le 12e BCA, il l’obtient par  le décret du 29 janvier 1957 (J.O. du 16 février 1957).

Henri-Pierre Dilphy, classe 1914, chasseur de 2ème classe au 11e Btn de Chasseurs à pied le 19 novembre 1914. Blessé le 22 février 1915 au bois du Sattel : plaie par balle de la face externe droite et du bras droit. Passé au 23e Btn de Chasseurs à pied le 19 novembre ; chasseur de 1ère classe le 11 décembre 1915. Blessé le 9 janvier 1916 à Metzeral : plaie jambe gauche par éclat d’obus. Passé au 51e Btn de Chasseurs à pied le 9 septembre 1916. Tué à l’ennemi le 5 décembre 1917 à Pederobla (Italie). Médaille militaire : J.O. du 9 janvier 1921 page 205. Vu le décret du 1er octobre 1918 modifié par ceux des 4 décembre 1918 et 30 août 1919, vu la loi du 15 juin 1920, arrête : Inscrit au tableau spécial de la médaille militaire à titre posthume : « Chasseur très brave, chasseur dévoué ; mort pour la France le 5 décembre 1917 en faisant courageusement son devoir. » Croix de guerre avec étoile de bronze.

Alfred Fivel-Demoret, classe 1904, soldat de 1ère classe au 140e RI, intoxiqué, vésiqué par gaz, le 3 novembre 1917 dans la forêt de Pinon (Aisne) ; intoxiqué le 7 mai 1918 au Mont-Noir.
Cité à l’ordre de la Brigade n° 27 du 28 mars 1916 : « Au moment de l’attaque allemande du 18 mars (1916)  sur les positions tenues par le Régiment, s’est présenté comme volontaire pour aller, sous un tir de barrage extrêmement violent, porter au général Commandant la Brigade un renseignement important et urgent. » Cité à l’ordre de l’I.D. n° 27 du 26 octobre 1917 : « Chef d’équipe T.P.S. [Télégraphie Par le Sol]  d’un bataillon de première ligne, pendant l’attaque du 23 octobre 1917, a assuré son service avec zèle et courage, apportant un gros appui aux liaisons de ce Bataillon. » Cité à l’ordre du régiment n° 440 du 1er novembre 1917 : « Excellent soldat signaleur, courageux, qui a rendu de nombreux services dans tous les secteurs où il a été utilisé. Détaché à la T.P.S. les 23 et 24 octobre 1917, a installé son poste dans les endroits dangereux, et s’y est maintenu malgré le feu des mitrailleuses. » Croix de guerre étoile de bronze et étoile d’argent, médaille militaire (décret du 23 avril 1931, J.O. du 7 mai 1931).

Arsène Fivel-Démoret, classe 1902, sergent rappelé le 3 août 1914 au 30e RI d’Annecy ; blessé le 3 octobre 1914 à Frise dans la Somme : plaie main gauche ; passé au 311e RI le 15 août 1916 ; au 21e Rgt de Tirailleurs le 13 novembre 1918, au 117e RI le 16 janvier 1919. Blessé le 11 mai 1918 à Merville, gazé. Cité à l’ordre du Rgt n° 20 : « A toujours montré à ses hommes un bel exemple de courage et sang-froid dans toutes les actions auxquelles il a pris part. » Croix de guerre, médaille militaire par décret du 11 avril 1930 JO du 1er mai 1930.

Ulysse Fivel-Démoret, classe 1899, Territorial rappelé aux Armées au 52e R.I., nommé Sergent le 15 octobre 1914. Blessé d’un éclat de balle à la lèvre supérieure le 25 décembre 1915 en Champagne cote 193. Passé au 297e Régt d’Infanterie le 18 août 1916. Blessé le 22 juin 1917 au Chemin des Dames : Eclats multiples jambe et bras gauche et face par éclat d’obus. Blessé le 28 mai 1918 au Mont Kemmel « Intoxication par gaz. Citation n° 3151 « Brave sous-officier ayant occupé avec sa section des positions violemment bombardées, n’a cessé de donner à ses hommes le plus bel exemple de sacrifice. »
Citation à l’ordre du régiment n° 643 du 6 octobre 1918 : « Bon sergent blessé deux fois. » Médaille Militaire d. P. du 6 novembre 1925. J.O. du 8 novembre 1925.

Eugène François Fraret, classe 1902, réserviste rappelé au 30e RI d’Annecy ; décédé à l’Hospice d’Harbonnières (Somme) le 29 septembre 1914 des suites de ses blessures de guerre ; Médaille militaire (J.O. du 3 juillet 1919).

François Ulric Hermand Gindre, classe 1909, rappelé à l’activité à la mobilisation générale le 2 août 1914 au 97e RI ; parti au front le 14 août 1914 ; sergent le 1er décembre 1915 au 97e RI blessé le 17 mars 1916 à Vaux par éclat d’obus : fracture du tibia droit ; cité à l’ordre du Régiment n°494 du 28 juin 1917 : « A toujours eu une belle attitude au feu. A été grièvement blessé à Vaux le 17 mars 1916 en préparant un emplacement de pièce. » ; cité à l’ordre de la Division du 27 septembre 1920 (pas de libellé) ; Croix de guerre avec une étoile d’argent et une de bronze ; médaille militaire (J.O. du 28 janvier 1935).

Auguste Gabriel Gruz, classe 1910, caporal rengagé pour deux ans le 9 octobre 1913 au 11e Btn de Chasseurs à pied. Tué à l’ennemi le 27 août 1914 à St-Dié ; jugement rendu le 14 janvier 1920 par le tribunal de Bonneville, transcrit le 18 janvier 1920 à Passy. Médaille militaire à titre posthume (décret du 31 juillet 1920, J.O. du 15 novembre 1920). Croix de guerre, étoile de bronze.

Nestor Louis Guichonnet, classe 1910, rappelé au 140e RI, caporal fourrier le 8 septembre 1914, sergent fourrier le 2 octobre 1914,  sergent major le 20 novembre 1914. Cité  à l’ordre du régiment pour « les combats auxquels il a participé avec le régiment. S’est particulièrement fait remarquer par son énergie et sa bravoure au combat d’Hébuterne en juin 1915. » Adjudant le 20 juin 1915 ; détaché comme métallurgiste le 20 septembre 1915 aux Forces motrices de l’Arve jusqu’au 18 février 1916 ; rentré au dépôt le 18 février 1916. A suivi le Cours d’Instruction des Mitrailleurs du Centre de la Valbonne  comme chef de Peloton du 16 août au 12 septembre 1916, et a obtenu la note « Apte à commander un Peloton de Mitrailleuses » ; envoyé au Centre de perfectionnement des mitrailleurs de Valreas (Vaucluse) et employé comme instructeur du 15 septembre 1916 au 4 janvier 1917 et a obtenu la note « Très bon instructeur, apte à commander un peloton en campagne. » Passé comme adjudant au 175e RI le 4 janvier 1917, affecté à la 1er C.M. ;  rejoint la Compagnie de Mitrailleuses du territoire de Koritza* le 29 mai 1917 ; 30e RI le 30 septembre 1918 ; Adjudant-chef le 20 juillet 1918 ; sous-officier de carrière après la guerre ; décédé le 10 février 1929 à Annecy. Croix de guerre étoile de bronze ; médaille militaire (J.O. du 4 janvier 1929)

Pierre Joseph Jaccoux, classe 1910, 14e Btn de Chasseurs à pied. Opérations au Maroc occidental en guerre du 9 octobre 1912 au 13 juin 1913 et en Algérie  du 14 juin 1913 au 22 juin 1913. « Au cours du combat du 7 janvier 1913 à 17 h a été atteint d’une blessure par coups de feu : plaie en cul de sac à la face antérieure de la cuisse gauche sans orifice de sortie. » Classé service armé inapte le 25 novembre 1914 (balle non extraite dans l’aine). La médaille militaire a été conférée par décret présidentiel en date du 8 juin 1914.

Revers de la Médaille militaire

Revers de la Médaille militaire

Ernest Alphonse Legon, classe 1917, chasseur à la 9e Compagnie du 22e Btn de Chasseurs. Blessé le 14 septembre 1917 au plateau de Californie [Champagne]. Cité à l’ordre n° 5710 D du GQG du 27 septembre 1917 : « Bon et brave Chasseur grièvement blessé le 14 septembre 1917 à son poste de combat. Blessé par éclat d’obus au plateau de Californie [Champagne]; amputation cuisse gauche. » Croix de guerre avec palme ; Médaille militaire du 18 septembre 1917 ; Officier Légion d’honneur, décret du 6 novembre 1962, J.O. du 13 novembre 1962. (Voir notre article « Les Legon, six frères au front » dans Vatusium n° 18, page 44).

Simon Vincent Lorato, classe 1910, rappelé au 97e RI en août 1914 ; blessé le 2 octobre 1914 devant Arras à la jambe gauche par balle. Détaché à Chedde le 2 février 1915 ; relevé d’usine le 23 mai 1918, aux armées le 15 juin 1918 au 48e Bataillon de Chasseurs, blessé le 15 août 1918 à Lassigny  à l’avant-bras droit par éclat d’obus, évacué et réformé temporaire ; 2 blessures ; médaille militaire (JO du 11 janvier 1920).

Eugène Ulysse Mabboux, classe 1900, rappelé le 3 août 1914 au 51e Btn de Chasseurs. Blessé le 25 septembre 1914 : plaie épaule et bras droit à Lihons dans la Somme par shrapnell. Blessé le 17 août 1916 à Maurepas dans la Somme : fracture cuisse droite par éclat d’obus et plaie pénétrante : raccourcissement du membre inférieur droit, séquelles de plaie articulaire au genou droit (raideur et laxité articulaire). Cité 2 fois à l’ordre du 51e Btn de Chasseurs :
1) Le 11 août 1915 ; ordre n° 47 : « Mépris absolu du danger, excellent chasseur sous tous les rapports ; exemple merveilleux pour ses camarades. »
2) Le 23 septembre 1915, ordre n° 51 : « Excellent chasseur, s’est signalé en toutes circonstances par son courage et son endurance ; a été blessé» Croix de guerre avec 2 étoiles de bronze, médaille militaire (J.O. des 24 et 25 août 1931).

Joseph Mérieux, classe 1895, 4e Rgt de Dragons, soldat de carrière aux armées du 2 août 1914 au 1er juillet 1917 ; Cité à l’ordre de l’Armée 4190 : La médaille militaire est conférée le 5 novembre 1914 au trompette-major Mérieux pour le motif suivant : « A fait preuve depuis le début de la campagne de beaucoup de sang froid et d’énergie ; s’est fait remarquer le 2 novembre* en assurant la liaison sous un feu violent d’artillerie. »
* Le 4e Rgt de Dragons s’empare ce jour-là des villages de Chazelles sur-Albe, en Lorraine et Gondrexon  dans la Meurthe-et-Moselle en Lorraine.

Marcel Félix Michollin, classe 1914, 11e Btn de Chasseurs à pied, 2e compagnie, blessé le 20 février 1915 au combat de Soultzeren : plaie par balle à la jambe droite. Cité à l’ordre du Bataillon n° 20 du 20 janvier 1916 : « Belle conduite au combat du 20 février 1915. » Croix de guerre, étoile de bronze. Médaille militaire (décret du 29 janvier 1957, J.O. du 17 février 1957).Blessé par éclats d’obus au menton et à l’oreille droite reçus le 20 juillet 1916 à Curlu dans la Somme.

Alexandre Mogeny, classe 1915, 114e Btn de Chasseurs à pied, blessé le 16 octobre 1915 à Souain en Champagne par éclats d’obus à l’œil droit ; énucléation de l’œil droit. Médaille militaire le 1er mars 1916. Chevalier de la Légion d’honneur, décret du 7 mars 1943 et officier décret du 2 mars 1959 (J.O. du 11 mars 1959, page 2968).

Eugène Petit-Jean-Genat, classe 1915, 22e Btn de Chasseurs. Blessé à la main droite par éclat d’obus le 24 août 1916 à Maurepas dans la Somme, réformé : désarticulation index et médius droits. Bons moignons ; mouvements normaux. Accuse des douleurs sourdes au niveau de l’amputation. Médaille militaire, décret du 31 décembre 1938, J.O. du 24 janvier 1939.

Pierre Henri Petit-Jean-Genat, classe 1913, sergent au 133e RI, blessé et évacué le 16 mai 1918 en service commandé : plaie main droite  et avant-bras gauche par éclat de grenade ; rentré le 24 juin 1918. Passé au CID 8e compagnie le 18 mai 1918. Médaille militaire (J.O. du 25 janvier 1935)

Louis Philippe Pioppo, classe 1907, rappelé au 30e RI ; blessé le 22 août 1914 à Rothau par balle ayant provoqué fracture des deux os de l’avant-bras droit ; médaille militaire n° 1869 du GQG du 24 octobre 1915 ; campagne contre l’Allemagne du 4 août 1914 au 3 juin 1916 ; pension de retraite de 3ème classe proposée le 31 octobre 1915 pour amputation de l’avant-bras droit, accordée le 3 juin 1916.

Joseph Placide Rey, classe 1916, 60e RI, blessé le 16 avril 1917 à Berméricourt dans la Marne : plaie œil droit par éclat d’obus ; énucléation de l’œil droit. Cité à l’ordre de l’Armée n° 5643 du 15 septembre 1917 : « Bon soldat ayant toujours eu une belle attitude au feu. A été blessé grièvement au cours du combat du 16 avril 1917. » Médaille militaire à dater du 1er mai 1917. Croix de guerre avec palme.

François Lucien Vallet, classe 1915, affecté au 415e RI le 6 janvier 1916. Blessé à l’œil le 18 août 1916 à Chenois, Verdun : éclat de grenade à l’œil gauche ayant occasionné l’énucléation de cet œil et des érosions multiples à la face. Médaille militaire le 11 mai 1918.

La Médaille militaire dans l’histoire

« La Médaille militaire est instituée, 50 ans après la Légion d’honneur, le 22 janvier 1852 par Napoléon III. Il  entend ainsi honorer les mérites de ses meilleurs hommes de troupe et augmenter les moyens à sa disposition pour récompenser ses soldats, après le coup d’Etat du 2 décembre 1851.

La Médaille Militaire  est destinée aux non-officiers qui sont désormais privés de Légion d’Honneur (hors cas très exceptionnels) ; après son coup d’État, Louis-Napoléon s’assure ainsi le soutien des officiers, dont nombre n’acceptaient pas de devoir partager cette distinction avec la troupe.
C’est sa propre effigie avec son prénom « Louis-Napoléon » qu’il utilise sur l’avers de la médaille qu’il a créée et décrite dans un décret du 29 février, lequel en fixe également les attributions. Elle est de plus surmontée de l’aigle impériale, tenant deux éclairs de foudre dans ses serres.

Napoléon III

Napoléon III

En créant la médaille militaire, le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte entendait récompenser les mérites des meilleurs soldats et sous-officiers. Le 22 mars 1852, face au carrousel du Louvre, il s’adresse ainsi aux 48 premiers récipiendaires :

« […] Soldats, combien de fois ai-je regretté de voir des soldats et des sous-officiers rentrer dans leurs foyers sans récompense, quoique par la durée de leurs services, par des blessures, par des actions dignes d’éloges, ils eussent mérité un témoignage de satisfaction de la patrie ! […] C’est pour le leur accorder que j’ai institué cette médaille […]. Elle assurera 100 francs de rente viagère ; c’est peu, certainement ; mais ce qui est beaucoup, c’est le ruban que vous porterez sur la poitrine et qui dira à vos camarades, à vos familles, à vos concitoyens que celui qui la porte est un brave. »

Au début, le nouveau ruban jaune et vert suscite plus de méfiance que d’enthousiasme de la part des soldats. Tout change lors de la deuxième cérémonie de remise de décoration, le 10 mai 1852. Ce jour-là, Louis Napoléon décore 1.705 soldats et sous-officiers devant 80.000 soldats et une foule immense de Parisiens massés sur le Champ de Mars.
Mais surtout, il fait avec habileté, le même jour, le choix d’épingler la décoration sur l’uniforme de deux nouveaux maréchaux de France, en « récompense suprême ». Cette initiative, étendue plus tard aux généraux et aux amiraux ayant rendu des services exceptionnels, assure pour toujours le prestige de la Médaille militaire.

L’acte est symbolique : les soldats les plus anonymes et les plus grands chefs de guerre sont réunis sur un pied d’égalité sous une même devise « Valeur et Discipline ». (…)

La Médaille militaire pendant la Grande Guerre

Remise de décorations sur la ligne de feu : l’accolade du général aux médaillés militaires (Journal L’Illustration du 6 février 1915)

Remise de décorations sur la ligne de feu : l’accolade du général aux médaillés militaires (Journal L’Illustration du 6 février 1915 ; doc. J.P. Morin)

La première Guerre mondiale marque une étape importante dans l’histoire de la Légion d’honneur et de la Médaille militaire. Au total, l’immense hécatombe de la Première Guerre mondiale a entraîné l’attribution de 1 400 000 Médailles Militaire, la plupart à titre posthume. Environ 185 000 médailles militaires ont été conférées durant les hostilités (1er tableau spécial) ; 58 000 par arrêtés ministériels postérieurs à la cessation des hostilités (2e tableau spécial).
Au 24 octobre 1923, environ un million de médailles militaires avaient déjà été décernées à titre posthume à des militaires et marins morts pour la France. L’effectif légal (nombre de titulaires en vie) était de 320 255 au 1er juin 1923.

Contrairement à la Croix de Guerre, il n’existe pas de citation pour la Médaille Militaire. »

(Sources: Wikipedia, art. « médaille militaire » ; Site legiondhonneur)

Pour en savoir plus sur les médailles, voir les sites suivants :

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Premiere-guerre-mondiale-1914-1918-medailles-decorations

Medailles.chez-riri-chez-lelex

Onnepassepas

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