Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Les Passerands et le fusil-mitrailleur Chauchat, mars 1916-1918

Written By: BT

Lire notre revue Vatusium n° 19, 2016 « Les Passerands dans la Grande Guerre », 2e partie : 1916 à 1919 (parution août 2016).
 Cette page BONUS complète notre article « Les Passerands dans l’enfer de Verdun » publié dans Vatusium n° 19, pages …

« En 1915, les troupes françaises étaient démunies de toute arme collective légère.
Il était évident que ce type d’armement devenait indispensable dans le contexte d’une guerre moderne, en raison de sa maniabilité, et du gain de puissance de feu qu’il procurait à une section d’infanterie. » (site artois1418.skyrock.com)

Le fusil-mitrailleur Chauchat 

Le fusil-mitrailleur Chauchat (site tircollection.com)

Le fusil-mitrailleur Chauchat (site tircollection.com)

Chargeur en demi-lune pour le tir au Chauchat 

Chargeur en demi-lune pour le tir au Chauchat (site tircollection.com)

Chargeur en demi-lune pour le tir au Chauchat (site tircollection.com)

Le havresac spécial M1e 1917 contenant 12 chargeurs est porté par le 1er pourvoyeur.

Le CHAUCHAT Modèle 1915 est le premier fusil mitrailleur livré en nombre à l’armée dès 1915. Malgré de nombreux défauts, dont son chargeur en demi-lune ajouré qui ne demande qu’à se remplir de boue, celui-ci apporte une puissance de feu non négligeable et permet le tir de soutien.

Le FM Chauchat et son histoire…

« Au début du premier conflit mondial les stocks d’armes (comme d’ailleurs les combattants) subissent une saignée importante du fait des ravages de l’artillerie et des mitrailleuses, il devient urgent de recompléter les stocks rapidement. Le besoin en armes automatiques est réel et il n’est plus question de travailler sur les bases du temps de paix où la notion de qualité était primordiale. La mitrailleuse Hotchkiss 14 est trop lourde, trop chère et peu propice à la guerre de mouvement, il est donc décidé la réalisation d’une arme légère, rustique et tirant en rafale destinée à appuyer les troupes d’assaut. Le temps est malheureusement compté et il faut faire vite, là où en temps de paix une étude d’arme nouvelle prend des années il faut sortir cette arme en quelques mois…
Comme pour toute étude d’arme une commission est nommée en 1915, elle se compose alors du colonel CHAUCHAT et des ingénieurs SUTTER et RIBEYROLLE. La commission ressort des cartons une arme mise au point à l’atelier de Puteaux avant la guerre sur les bases d’un brevet dû à l’ingénieur hongrois Rudolf FROMMER. Celui-ci a utilisé la technique du long recul du canon alors peu courante, cette solution avait l’avantage de simplifier le mécanisme, mais elle n’était pas au point et cela n’arrangea pas nos affaires comme on s’en apercevra trop tard sur le terrain…
Le prototype est rapidement essayé et rondement adopté sous l’appellation officielle de Fusil-mitrailleur de 8 mm CSRG modèle 1915, les  lettres CSRG viennent des initiales des membres de la commission et de celle du fabricant mais rapidement l’arme fut surnommée FM Chauchat. » […]
La production à la Société des cycles Gladiator est lancée en 1915 et le CHAUCHAT entre en service actif en mars 1916 à raison de 8 armes par compagnie. La fabrication va bon train puisqu’il sera livré 225 000 exemplaires du Chauchat avant l’armistice mais ceci au détriment de la qualité… (Site armesfrancaises.free.fr)

Un groupe d’une section de FM « Chauchat » du 414e RI (coll. les alpins) 

Un groupe d'une section de FM "Chauchat" du 414e RI (coll. les alpins) site histoiremilitaria2)

Un groupe d’une section de FM « Chauchat » du 414e RI (coll. les alpins) site histoiremilitaria2)

L’historien Pierre Miquel raconte dans son roman Le Serment de Verdun la difficile naissance de cette nouvelle arme :
« Le polytechnicien Chauchat a mis au point le prototype dès 1911, avec le maître armurier Charles Sutter […]. J’assistais alors aux premières démonstrations. Le fusil-mitrailleur pouvait tirer plus vite que la mitrailleuse légère Hotchkiss : cent coups-minutes. Une révolution ! Aumoine interroge, stupéfait :
– Pourquoi ne pas l’avoir mis tout de suite en fabrication ?
– A-t-on produit des 155 courts avant 1914 ? Allons, ne sous-estimez pas la toute-puissance des bureaux de la guerre. Il aurait fallu passer commande à l’industrie privée, et il n’en était pas question à l’époque. […]
– La décision de produire l’arme aux établissements de cycles Gladiator n’a été prise qu’en juillet 1915, explique le colonel Picart. L’état-major a longtemps considéré le Chauchat comme une arme défensive, lourde à l’attaque, consommant trop de balles. Quand les Allemands en ont équipé leurs Strosstruppen [unités d’élite], nous avons accéléré la production. Joffre avait passé contrat pour 50 000 engins, avec musettes spéciales pour les magasins de munitions, les fameux camemberts. Les écoles d’instruction n’ont été mises en place qu’en décembre dernier. On n’avait prévu que six jours d’entraînement. Il en fallait au moins quinze…
– Et voilà pourquoi votre fille est muette ! conclut, excédé, le général Passaga. Il faut savoir que l’efficacité de l’arme a été suffisamment prouvée à la bataille de la Somme. Ici, à Verdun, le fusil-mitrailleur apparaît comme une arme nouvelle, mais nous venons d’avoir la preuve que nos sections ne savent pas s’en servir ! »
(Pierre Miquel, « Les Enfants de la patrie », tome 3, « Le Serment de Verdun », Fayard, 2002, p. 380, livre CHePP disponible à la bibliothèque de Passy)

« Cette arme tirait la munition de 8 mm du fusil Lebel réglementaire. » (site artois1418.skyrock.com) « On pouvait tirer en mitrailleuse, au coup par coup, ou mettre le F.M. en position de sûreté. Doté d’une extrême mobilité, très efficace aux petites et moyennes distances (jusqu’à 600-700m), on pouvait aussi tirer en marchant.
Calibre : 8 mm Lebel ; Chargeur : de 20 cartouches, en demi-lune ; cadence : 240 coups/min ; cadence pratique au coup par coup : 60 à 80 coups/min ; cadence pratique en mitrailleuse : 140 coups/min ; portée maximale : 2000 m. » (Site rosalielebel75)

D’un emploi plus souple que les lourdes mitrailleuses (seulement 9 kg comparés aux 52 kg d’une Hotchkiss !), il permet d’apporter l’arme au plus près de l’ennemi lors d’une avancée dans les lignes ennemies. (Yvan Thomas, Le fantassin français, OREP éditions, 2008, p. 22)

Les nouvelles spécialités de l’infanterie : fusilier mitrailleur Chauchat et grenadier fusilier 

Les nouvelles spécialités de l'infanterie : fusilier mitrailleur Chauchat et grenadier fusilier publié dans le journal L'illustration du 2 février 1918 (site rosalielebel75)

Les nouvelles spécialités de l’infanterie : fusilier mitrailleur Chauchat et grenadier fusilier publié dans le journal L’illustration du 2 février 1918 (site rosalielebel75)

Arme de crise, le FM Chauchat « permit aux Français de reprendre la supériorité de feu d’infanterie sur leur adversaire allemand. Il a été par excellence l’arme d’accompagnement de l’infanterie, que ce soit pour les attaques ou la conservation du terrain acquis. Avant sa mise au point, on était obligé de faire venir les mitrailleuses sur les points nouvellement conquis, ce qui se faisait assez lentement et rendait les positions vulnérables. On le considérait comme l’avant-garde de la mitrailleuse qui devenait alors surtout une arme défensive. » (Site rosalielebel75)

Tireur de FM Chauchat et ses deux pourvoyeurs 

Tireur de FM Chauchat et ses deux pourvoyeurs (site poilumartinique.centerblog.net)

Tireur de FM Chauchat et ses deux pourvoyeurs (site poilumartinique.centerblog.net)

Passerands ayant servi un FM Chauchat

BOTTOLLIER-CURTET Pierre René, classe 1907, 2e Rgt de Zouaves, cité à l’ordre du Rgt du 11 juin 1918 : « Excellent tireur fusilier mitrailleur. Le 3 juin 1918 a servi son arme avec le plus grand sang-froid et continué son tir, sans se soucier d’une menace d’enveloppement de la ligne est resté bravement en position. »

En juillet 1916, un insigne destiné aux fusiliers-mitrailleurs Chauchat est créé. Il représente la silhouette de l’arme surmontée d’une grenade. (site lesfrancaisaverdun-1916.fr, page L’uniforme français bleu horizon)

Insigne de spécialité du fusilier-mitrailleur, cousu sur la manche gauche 

Insigne de spécialité du fusilier-mitrailleur, cousu sur la manche gauche (site lesfrancaisaverdun-1916.fr, page L’uniforme français bleu horizon)

Insigne de spécialité du fusilier-mitrailleur, cousu sur la manche gauche (site lesfrancaisaverdun-1916.fr, page L’uniforme français bleu horizon)

Les soldats de Passy ont reçu pendant leurs classes, à partir de 1916, une formation spécialisée comme en témoigne le carnet de route de Joseph Perroud :
[août 1917-février 1918] : « Quitté Chambéry pour le Camp d’Instruction à Pierrelatte, département de la Drôme. Durée des manœuvres deux mois ; Parti avec le premier renfort pour le Bataillon de marche à St-Etienne-lès-Remiremont, département des Vosges le 11 octobre 1917, caserne Victor.
Fait un stage sur les mitrailleuses St-Etienne-Hotchkiss et Maxim ; durée du stage un mois ; fait un stage de quinze jours sur le fusil mitrailleur, le canon Brandt et les grenades. » (Carnet de route de Joseph Perroud, p. 2)

Voir aussi sur notre page « Mitrailleuses de 14-18 et mitrailleurs passerands » les noms d’autres mitrailleurs

Tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur 

Tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur (site bleuhorizon.canalblog)

Tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur (site bleuhorizon.canalblog)

Les limites du Chauchat

« Les incidents de tir sont nombreux, les ajustages défectueux, les tolérances de fabrication trop larges, l’arme est sensible à la boue du champ de bataille qui s’introduit partout et grippe le mécanisme, de plus la forme particulière de la munition de 8x50R montre vite ses limites, son bourrelet est inadapté au tir automatique en chargeur, d’où la forme particulière du chargeur de 20 coups…
Pourtant le fonctionnement est correct dès lors que certaines conditions sont réunies et en particulier lors de la reprise de la guerre de mouvement vers la fin de la guerre, dans ces conditions en effet le mécanisme est à l’abri de la boue des tranchées et les tireurs ont moins de soucis d’enrayages.
Arme innovante mais fragile, le Chauchat a rempli son office en temps voulu, à savoir fournir à nos troupes une arme automatique légère et disponible en grand nombre. » (Site armesfrancaises.free.fr)

Sa mauvaise réputation « est due en partie aux Américains. Il ne faut pas oublier que le Chauchat est la première arme de ce type en dotation en quantité à une armée, les Américains l’avaient aussi en dotation car ils étaient incapables d’en produire une en quantité suffisante.
Les soldats français suivaient un entraînement intensif de plusieurs semaines avant d’être considérés comme qualifiés au maniement de cette arme et en étaient relativement satisfaits. Les bidasses américains avec leur arrogance typique, après un entraînement de quelques heures  » nous sommes des experts dans le maniement des armes » étaient qualifiés et totalement incapables de se servir de cette arme. » (site tircollection.com)

L’homme placé au centre est équipé des porte chargeurs en forme de demi-lune spécifiques au FM Chauchat

L’homme placé au centre est équipé des porte chargeurs en forme de demi-lune spécifiques au Fm Chauchat (site premiere-guerre-mondiale-1914-1918.com)

L’homme placé au centre est équipé des porte chargeurs en forme de demi-lune spécifiques au Fm Chauchat (site premiere-guerre-mondiale-1914-1918.com)

Les poilus parlaient de la « gifle » du Chauchat quand on ne l’épaulait pas correctement.

Pierre Miquel raconte : « Joffre a finalement admis que trois hommes – et non deux – étaient nécessaires pour porter les quarante kilos de charge d’un seul engin. […] »
– Quels sont les défauts de  cet engin ?
– La gifle, mon capitaine. […]
– La gifle, c’est la beigne. En tirant, l’engin se déporte et vous claque la gueule. […]
– Le maxillaire peut être brisé. On a vu des cas.
– Il n’est pas un mitrailleur qui ne craigne la gifle. […]
– Il ne faut pas tirer au FM comme au fusil ordinaire. Le corps du tireur doit être décalé par apport à l’arme. Sinon, c’est  la gifle ! […]
– Mon capitaine, intervient Martin timidement, il y a d’autres obstacles. Quand nous avons attaqué en septembre, le temps était à la pluie et les fusils, recouverts de boue, refusaient tout service. Ils étaient deux fois plus lourds au portage et leur mécanique s’enrayait.
– Il y a aussi la surchauffe, ajoute Bonnichon. Les tubes rougissent à vous fondre dans les bras. La cadence du tir n’est pas celle d’une Hotchkiss.
– C’est pourtant le seul moyen de contrebattre leurs mitrailleuses portatives, abrège Aumoine. La production en cours est de plus de cent mille pièces. Vous devez apprendre à n’importe quel prix à les maîtriser, et sans tarder. L’heure de la bataille approche.
– Je préfère les VB [Vivien-Bessières], risque Roland Martin. Ces fusils lance-grenades sont plus sûrs ! […] A deux cents mètres, il touche sa cible à coups sûr. Et il est maniable, facile à transporter. » (Pierre Miquel « Les Enfants de la patrie », tome 3 « Le Serment de Verdun », Fayard, 2002, pages 380 et 386 (bibliothèque de Passy)

Soldat français avec le FM Chauchat : utilisation de la poignée avant ; à noter : ici le FM est un modèle précoce sans cache-flamme 

Soldat français avec le FM Chauchat : utilisation de la poignée avant ; à noter : ici le FM est un modèle précoce sans cache-flamme (site armesfrancaises.free.fr)

Soldat français avec le FM Chauchat : utilisation de la poignée avant ; à noter : ici le FM est un modèle précoce sans cache-flamme (site armesfrancaises.free.fr)

Pierre Miquel a aussi évoqué le Chauchat dans son roman « Le beau Danube bleu » :
« Jean vient de faire la preuve que tout homme solide, en possession de ses moyens, peut tirer normalement au FM, à condition de « décaler le corps », selon la formule du capitaine Mulot.
Il ne laisse pas partir l’inspecteur sans lui faire démonter lui-même l’arme pièce par pièce, et expliquer posément le rôle mécanique de chaque élément. Milot présente la trousse d’entretien, dont le premier pourvoyeur est responsable. Dans toute équipe de trois – le tireur et ses deux assistants -, chacun doit pouvoir démonter et nettoyer. Lutter contre la boue est le premier devoir. Tenir l’arme propre est une sauvegarde.
– Chacun de nous doit devenir instructeur, déclare Jean aux gradés qui l’entourent. Dans notre combat de taupes, les armes spéciales font la différence. Joffre et Pétain n’ont pas voulu former de ces unités privilégiées, les Strosstruppen, élite de l’armée allemande, qui bénéficient chez elle d’un traitement particulier. Pour eux pas de tranchées ni de garde dans la boue. Ils s’entraînent sans cesse dans des camps spéciaux et n’apparaissent sur le champ de bataille qu’au moment de l’assaut. Ils sont capables de percer n’importe quel front parce qu’ils ont appris à marcher au chronomètre, exactement derrière le feu roulant qui leur ouvre la voie. […] Depuis six mois est venu le temps des spécialistes : les bombardiers, les grenadiers, les mitrailleurs. » (Pierre Miquel, « La poudrière d’Orient », tome 4 « Le beau Danube bleu », Fayard, 2004, p. 120-121, livre CHePP disponible à la bibliothèque de Passy)

Soldat français, tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur 

Soldat français, tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur (site bl.uk)

Soldat français, tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur (site bl.uk)

« Deux servants au moins doivent assurer son transport d’un trou à l’autre, et deux autres son utilisation, sous les ordres d’un gradé (…) Ils peuvent tirer trois cents balles à la suite, à condition de changer constamment les magasins qui n’en contiennent que dix-huit. Les tireurs sont donc toujours accompagnés de deux pourvoyeurs spécialement instruits, sans compter les porteurs. Ils veillent au refroidissement de l’engin et s’efforcent de le tenir au sec, car la boue lui est fatale (…) il a donné les meilleurs résultats à la bataille de Verdun.
Le fusil de l’ingénieur Chauchat n’est pas un joujou, mais une arme lourde. Nous avons dû ouvrir à l’arrière du front français douze centres d’instruction pour parer à toute éventualité de fausses manœuvres. » (Pierre Miquel, « Le beau Danube bleu »)

L’équipe Chauchat est formée de trois hommes : un tireur et deux pourvoyeurs.

Tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur

Tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur

Tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur

La musette spéciale M1e 1915 contenant 4 chargeurs portée par le tireur et le pourvoyeur

La musette spéciale M1e 1915 contenant 4 chargeurs portée par le tireur et le pourvoyeur

La musette spéciale M1e 1915 contenant 4 chargeurs portée par le tireur et le pourvoyeur

Les armes et la boue…

Le Colonel Picard Cdt le 321e RI décrit l’effroyable situation de ses soldats qui assurent l’occupation du fort de Vaux au début du mois de novembre 1916 ; il n’y a plus de Passerand dans ce régiment depuis la mort de Joseph François Buttoudin, tué le 24 octobre 1916 à Douaumont, mais l’épisode est révélateur de ce que ces hommes ont enduré comme horreurs et souffrances à Verdun pendant ces dix mois :

« De la première ligne, les comptes rendus devinrent de tels cris d’angoisse que je me rendis auprès de mes pauvres poilus. Le marmitage était effarant. Je me rappellerai toujours le spectacle que m’offrit l’abri 2649 où se trouvait le commandant Gatinet, du 6e bataillon, et je ne sais combien d’hommes. Sans tarder, les doléances commencèrent : Mitrailleuses, fusils mitrailleurs, fusils, tout était enrayé, perdu de boue ; le Fritz ne tirait que du gros calibre ; impossible de manger, de boire, de dormir, de travailler. Les Noirs, après avoir bien donné, étaient repartis, à bout de forces ; la ligne allait sûrement craquer » ; etc. etc. J’arrêtai tout d’un geste. « Nous sommes les vainqueurs de Douaumont ; c’est acquis pour toujours. Eh bien ! Cela suffit je pense. Vous êtes ici et moi avec vous pour y crever au besoin. Sachez bien tous que l’honneur est engagé, le vôtre et le mien, et, tant qu’il restera vos grenades et vos poignards, vous devrez tenir. Jurez-moi que vous tiendrez jusqu’au bout. »
Quelques jours plus tard, le brave Sonolet, capitaine mitrailleur, qui venait d’être décoré pour son héroïque bravoure, me disait : « Mon colonel, vous nous avez réconfortés, remontés à un point incroyable… » » (Patrick Facon (Dir.,) Le Grand Atlas de la première Guerre mondiale, éd. Atlas, 2013, p.96.

Tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur 

Tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur (site rosalielebel75)

Tireur de FM Chauchat et son pourvoyeur (site rosalielebel75)

Pour sa défense rapprochée, le tireur dispose (non visible car fixé à l’arrière du ceinturon) d’un pistolet Ruby.

Pistolet automatique de 7,5 mm genre Ruby ou Star : Acheté durant la grande guerre ils servaient aux grenadiers, téléphonistes, brancardiers, fusiliers et servant de 37 pour leur protection. On le distribuait aussi aux fractions chargées d’une opération de nettoyage.
Le personnel armé du revolver d’ordonnance modèle 1892  (officiers, etc.) pouvait aussi à l’occasion recevoir un pistolet automatique de 7,5 mm ou bien un pistolet automatique colt de 11,25 mm.

Pistolet espagnol Ruby de 7,65 mm 

Pistolet espagnol Ruby de 7,65 mm (site poilumartinique)

Pistolet espagnol Ruby de 7,65 mm (site poilumartinique)

Etui du pistolet Ruby

Etui du pistolet Ruby

Etui du pistolet Ruby

Utilisation anti-aérienne de FM Chauchat

Utilisation anti-aérienne de FM Chauchat (site rosalielebel75)

Utilisation anti-aérienne de FM Chauchat (site rosalielebel75)

Sources et sites à consulter pour en savoir plus :

site tircollection.com

site artois1418.skyrock.com

Site rosalielebel75

site bleuhorizon.canalblog

site lesfrancaisaverdun-1916.fr, page L’uniforme français bleu horizon : insigne de manche

Excellent site sur le Chauchat, très détaillé : armesfrancaises.free.fr

site bl.uk

site premiere-guerre-mondiale-1914-1918.com

site poilumartinique.centerblog.net : le fusil-mitrailleur ;
site poilumartinique : le pistolet Ruby

Sur l’ingénieur Chauchat : site appl-lachaise.net

Voir nos autres pages sur
– Passy pendant la grande Guerre
en particulier
notre page consacrée au monument aux morts de Passy.

– Passy de 1920 à nos jours.

Découvrez aussi, sur notre site, la richesse et la variété du patrimoine de Passy :
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– Le retable de la Chapelle de Joux, à Passy
– L’étonnant « Cahier » d’Eugène Delale, école de Passy, 1882
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