Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Le 97e RIA et les Passerands à St-Dié et au col de la Chipotte, 24 août-12 sept. 1914

Lire notre revue Vatusium n° 18, 2015 « Les Passerands dans la Grande Guerre », 1ère partie : 1914 et 1915.

Cette page BONUS complète notre article « Les Diables bleus sur la ligne bleue des Vosges. Les Passerands dans les combats de St-Dié et du col de la Chipotte (24 août-12 septembre 1914)» publié dans Vatusium n ° 18, pages 16 à 21.

Extrait : « En août et septembre 1914, 13 Passerands sont MORTS pour la France en LORRAINE, dans les combats des VOSGES ; 19 Passerands ont été BLESSES et/ou faits prisonniers dans ces mêmes combats. Leurs combats et leur sacrifice dans les montagnes vosgiennes ont été déterminants pour la victoire de la Marne qui a mis un coup d’arrêt à l’invasion. »

Ces soldats de Passy et leurs camarades de combat  appartenaient
– à la 27e Division d’infanterie de Grenoble : 2e Rgt d’artillerie de campagne (1 soldat blessé, prisonnier ou tué), 1er Rgt d’artillerie de montagne (2) ; 4e régiment du génie ; 9e Hussards
– à la 28e Division d’infanterie de Chambéry : 30e RI d’Annecy (10), 97e RIA de Chambéry (3), 11e BCA d’Annecy (8), 13e BCA de Chambéry (2), 22e BCA d’Albertville (2), 62e BCAP (1) ; 54e Rgt d’artillerie de campagne (1) ; 4e régiment du génie ; 9e Hussards
– à la 44e Division d’infanterie : 97e RIA de Chambéry, 159e RIA de Briançon
– à la 74e Division d’infanterie : 230e RI d’Annecy (1), 36e Rgt d’infanterie coloniale (1), 51e BCAP d’Annecy, 53e BCAP de Chambéry. Dans la 74e D.I., ont aussi combattu à la Chipotte le 54e BCAP de Grenoble, le 57e BCAP de Brienne-le-Château, le 61e BCAP de Langres
– à la 1e Division d’infanterie coloniale : 6e Régt Infanterie Coloniale
– à la 2e Division d’infanterie coloniale : 5e Rgt d’infanterie coloniale de Lyon (1)

Lire dans notre Vatusium n ° 18, pages 16 à 21 la liste des Passerands blessés et/ou prisonniers et des morts pour la France dans les VOSGES du 25 août au 30 septembre 1914.

Circonstances de la bataille

« À partir du 15 août 1914, les Ire et IIe armées françaises attaquent en Lorraine. Elles se heurtent très vite aux positions bien organisées et à l’artillerie des VIe et VIIe armées allemandes.
Le 20 août 1914, la IIe armée française subit une lourde défaite à Morhange et doit se replier sur la Meurthe. La 1ère Armée française située sur sa droite doit faire de même. La VIIe armée allemande se lance à la poursuite de la 1ère Armée française et la VIe armée allemande poursuit la IIe armée française.


Situation des 1ère et 2ème armées le 23 août après la retraite
(Source : Général Niox, La grande guerre) ;
la Trouée de Charmes est en bas à gauche de la carte, Rambervillers en bas à droite :

Situation des 1ère et 2ème armées le 23 août après la retraite, Général Niox, La grande guerre (site artois1418.skyrock)

Situation des 1ère et 2ème armées le 23 août après la retraite, Général Niox, La grande guerre (site artois1418.skyrock)

Une idée du relief des Vosges

Le col de Sainte-Marie-aux-Mines et la Tête du Violu :

Le col de Sainte-Marie-aux-Mines et la Tête du Violu (site front-vosges-14-18.eu)

Le col de Sainte-Marie-aux-Mines et la Tête du Violu (site front-vosges-14-18.eu)

Pour en savoir plus sur le front des Vosges, voir le site front-vosges-14-18.eu

Quels sont les enjeux de cette bataille ? (lire Vatusium n ° 18, page 16)

Après la 2ème bataille de Mulhouse et les combats de Flaxlanden le 25 août (voir notre page « Mort du premier Passerand, Noël Biava, le 19 août 1914 en Alsace »), le 97e RIA fait partie des régiments engagés autour de St-Dié et du col de la Chipotte.

Extrait de l’historique du 97 R.I.A. (Transcription disponible sur le site de Frédéric Dumoulin)

« Il faut tenir. L’adversaire a la supériorité numérique, il faut tenir ; l’ennemi a des mitrailleuses en masse, il faut tenir ; l’ennemi a une artillerie formidable ; fantassins il faut tenir !
Il faut tenir, c’est-à-dire se dévouer corps et âme, se résigner au sacrifice sans gloire pour le salut de tous, aller jusqu’au bout de l’effort, plus loin encore. C’est là votre rôle au cours des journées en Lorraine, à vous enfants de la Savoie, soldats du 97 : tenir et mieux encore refouler l’ennemi.
Les troupes françaises vers Sarrebourg après quelques succès se sont heurtées à de solides positions qu’elles n’ont pu enlever, puis ont dû céder devant le nombre et se replier lentement vers le sud-ouest. Il faut arrêter à tout prix l’avance allemande vers Nancy et la trouée de Charmes, avance si dangereuse pour toute l’immense ligne de nos armées qui converse à l’heure actuelle en retraite, avec Verdun comme pivot, en attendant le moment favorable où elles pourront faire demi-tour et repartir à l’attaque. »

Carte de la situation du 20 au 24 août 1914 : le repli français (site collateraux-1914.1918)

Carte de la situation du 20 au 24 août 1914 : le repli français (site collateraux-1914.1918)

Carte de la situation du 20 au 24 août 1914 : le repli français (site collateraux-1914.1918)


Voici comment Louis Sadoul analysera la situation en 1920
 : « (…) Toul et Epinal étaient debout, leurs forts, que les Allemands ne pouvaient évidemment espérer enlever par un coup de main rapide, commandaient toujours les lignes ferrées. N’était-ce point inconscience présomptueuse que de tenter en Lorraine la grande percée ?
Évidemment, les Allemands ont voulu élargir leurs succès du 20 août, en profiter dans la plus large mesure, épuiser et user l’armée française, rendre impossible tout envoi de renforts à l’aile gauche menacée, gagner du terrain et des ressources, mais que leurs espérances soient allées bien au-delà, cette hypothèse reste au moins fort douteuse. Ont-ils même été très habiles en persévérant dans cette tâche ?
Le sort du monde se jouait dans l’Ile de France et en Champagne. Les opérations de Lorraine ne pouvaient amener que des résultats secondaires. N’était-ce point à l’ouest, qu’un stratège avisé aurait immédiatement concentré toutes ses forces ? (…) » (D’après un article de Louis Sadoul, paru dans « Le Pays Lorrain » en 1920 et publié sur le site aufildesmotsetdelhistoire).
(lire la suite dans Vatusium n ° 18, page 16)
« Avec les autres batailles situées sur cette ligne de la Meurthe (bataille de la Haute Meurthebataille de la trouée de Charmes, bataille du Grand Couronné, les 1ère et 2ème  armées françaises vont arrêter définitivement, de Nancy à Saint-Dié, l’offensive des VIe et VIIe armées, aile gauche de l’armée allemande. Cette victoire, associée à celle de la Marne, verra l’échec du plan d’invasion allemand, et la guerre de mouvement se transformer en guerre de position. » (Site wikipedia)

Le col de la Chipotte

Le col de la Chipotte se situe dans les Vosges à l’est de Saint-Dié et de Rambervillers (Meurthe-et-Moselle). Ce col est une position clé sur la route menant vers Charmes, Epinal.

Carte actuelle de St-Benoît-la-Chipotte et du col de la Chipotte ;  Ménil et Ste-Barbe en haut à gauche :

Carte actuelle de St-Benoît-la-Chipotte et du col de la Chipotte ; le Ménil en bas à droite au sud de Raon-l’Etape (site jpierre.daganddagand.free)

Carte actuelle de St-Benoît-la-Chipotte et du col de la Chipotte ; le Ménil en bas à droite au sud de Raon-l’Etape (site jpierre.daganddagand.free)

Carte de l’offensive allemande du 25 août au 12 septembre 1914 ;
en bas à droite, la Chipotte, au nord-ouest de St-Dié et au sud-est de Raon-l’Etape; (site Wikipedia, art. Bataille de la Chipotte)

Carte de l’offensive allemande du 25 août au 12 septembre 1914 ; en bas à droite, la Chipotte, au nord-ouest de St-Dié et au sud-est de Raon-l’Etape; (site Wikipedia, art. Bataille de la Chipotte)

Carte de l’offensive allemande du 25 août au 12 septembre 1914 ; en bas à droite, la Chipotte, au nord-ouest de St-Dié et au sud-est de Raon-l’Etape; (site Wikipedia, art. Bataille de la Chipotte)

La bataille au jour le jour (lire Vatusium n ° 18, page 16)

Le 25 août 1914, les Français et les Allemands s’affrontent pour le contrôle des ponts sur la Meurthe (voir carte ci-dessus).

« Comme dans toutes les montagnes des Vosges moyennes, les grands plateaux sont rares, le sol se vallonne en de multiples replis qui rendent l’orientation difficile. Le taillis, les sapinières masquent la vue. Au col de la Chipotte, qui doit son nom à une très humble ferme, perdue dans l’étendue de ces bois, la nature n’avait pas préparé un champ de bataille. La forêt qui l’entoure a un charme pénétrant et doux. Les grands hêtres se mêlent aux noirs sapins des Vosges, la fougère et la bruyère étalent à leurs pieds un tapis vert et rose, forêt profonde, silencieuse, un peu mystérieuse et que l’imagination peuplerait volontiers de gnomes et de sorcières, mais sorcières aimables et fées bienfaisantes. C’est un lieu de promenade et de rêverie, ce n’est point un terrain de bataille et de carnage.
Et cependant, du 25 août au 12 septembre, les troupes vont se heurter là. Le col de la Chipotte marquera le terme de l’avance allemande. (…) » (Louis Sadoul, op. cit.)

« La Chipotte n’a rien de la bataille classique. Il n’est point permis de l’embrasser d’un coup d’œil. (…) A la Chipotte, rares sont les tranchées qui arrêtent l’élan, à peine, parfois, un fossé élargi ou un peu de terre remuée, peu d’artillerie qui brise, sous son choc brutal, toute initiative individuelle.
L’ennemi est invisible, où est-il ? On ne le sait. » (Lire la suite dans Vatusium n ° 18, page 17)

Extrait de l’historique du 97 R.I.A. :

« Le 25 août, le 97e RIA débarqué la veille près de Bruyères, suit la vallée de la Mortagne, traverse Rambervillers, il s’engage sur la route de Raon-l’Etape. De longs convois des migrants chassés par l’incendie, par les hordes barbares, défilent en sens inverse. « Vengez nous, tuez-les tous ! Ils ont tout pris, tout pillé, tout brûlé ». Les cœurs se serrent, les poings se crispent, une froide résolution se lit sur tous les visages.
La colonne a quitté la route de Raon-l’Etape, elle s’élève au nord, gravit les pentes de la longue arrête aux sommets boisés ; des blessés passent, les artilleurs se replient, la rage et la douleur au cœur, leurs batteries mises en pièces par les 105. La colonne avance toujours.
Elle s’engage dans les bois, s’étale, franchit la crête et les premiers éléments arrivent à la lisière sur le versant opposé. Devant s’étend une pente douce et longue, entièrement découverte : en bas, dans le lointain, le village de Ménil, premier objectif assigné.
Les ordres sont rapidement donnés et l’attaque, couverte à droite par le 159e qui marche sur Ste Barbe à l’est du Ménil, à gauche par des marsouins en position en avant, dévale la pente. Les petites colonnes s’élancent, traversent, d’un bond les espaces découverts, se terrent un moment dans les creux pour reprendre haleine et franchissent ainsi avec fort peu de pertes, malgré les gros obus qui exposent en projetant vers le ciel leurs grosses colonnes de fumée, ou les shrapnels qui éclatent sur les têtes avec un déchirement strident, l’espace qui les sépare du Ménil.
Maintenant il est impossible d’avancer davantage sans l’appui de l’artillerie, l’ennemi est  retranché aux abords ou dans le village ; son feu devient par trop meurtrier. Un moment l’espoir a parcouru la ligne d’attaque : nos 75 se sont installés à la lisière des bois à la crête en arrière et règlent leurs tirs sur les défenseurs du Ménil et de Ste Barbe ; contre-battus aussitôt par des 105 ils se taisent, fortement éprouvés, impuissants dans cette lutte trop inégale : ils abandonnent l’infanterie à son sort. Les tentatives de celle-ci ne peuvent aboutir au résultat cherché ; les 2e et 3e bataillons s’épuisent dans un combat sans espoir ! et la nuit tombe sur le champ de bataille où nous n’avons pu triompher mais où du moins par notre vaillance nous avons contenu l’ennemi. »

Souvent, des bataillons entiers tirent les uns sur les autres, sans se voir, se devinant à peine. En certains jours, c’est la grande lutte. Les Allemands ont pris le col, il faut les en chasser. Les clairons des chasseurs sonnent la charge, le 26 août, une musique d’infanterie près du col, jouera la Marseillaise et la charge héroïque s’en va dans la forêt, sur la pente du vallon, sous les sapins et sous les hêtres. (…) Vous tous qui passerez là, découvrez-vous. Des héros dorment à vos pieds. (…) » (Louis Sadoul, op. cit.)

Pour le 26 août, l’ordre de Dubail est d’attaquer. (lire Vatusium n ° 18, page 17)
«  Le 27 août 1914, les Allemands se rendent maîtres de St-Dié obligeant la 27e DI à se replier sur Nompatelize et St-Rémy. (lire Vatusium n ° 18, page 17)
(Voir notre page « Aimer à Passy ; mourir dans les Vosges »)

Extrait de l’historique du 97 R.I.A. :

« La lutte se poursuivit durant deux jours : les hommes avaient creusé des trous pour s’abriter, puis ils les avaient réunis par une tranchée. Ainsi organisé le 97, s’il n’a pu sans appui d’artillerie, enlever Ménil, brise du moins toutes les tentatives que fait l’adversaire pour en déboucher.
L’ennemi impuissant de ce côté poursuivit cependant son attaque sur d’autres points ; de Raon-l’Etape, d’Etival, il pousse avec vigueur les éléments du 21e corps et arrivent sur le sommet boisé qui sépare la vallée de la Meurthe de celle de la Mortagne ; le 27 au soir le 97 reçoit l’ordre d’aller tenir le col de la Chipotte sur la route Raon-l’Etape, Rambervillers. »

Le 28 août 1914, les Allemands reprennent leur offensive. St-Benoît-la-Chipotte et le col tombent entre leurs mains.

Le 29 août 1914, les Français reprennent l’offensive et le 6e RIC reprend St-Benoît-la-Chipotte. (lire Vatusium n ° 18, page 18)

Le 30 août 1914, la 1ère Armée française attaque. (lire Vatusium n ° 18, page 18). Finalement, les Allemands cèdent peu à peu du terrain. »
Le 31 août 1914 sera la première journée sans attaque allemande. Ceux-ci se retranchent sur leurs positions. Une autre bataille vient de débuter, la première bataille de la Marne (lire Vatusium n ° 18, page 19)

col ChipotteCi-contre : Le Col de la Chipote à la croisée des routes, surnommé par les Allemands « Le Col de la Mort » (site ubaye-en-cartes).

 Voici une évocation de cette bataille au cours de laquelle le Passerand Jean Louis Baud, blessé le 4 septembre 1914 au col de Barémont, a perdu une jambe :

Extrait de l’historique du 97 R.I.A. :

« Du 28 août au 10 septembre 1914, le régiment déployé dans les bois, soutient la lutte ; lutte âpre et contre un ennemi invisible. L’étendue du front, la faiblesse des effectifs, la fatigue de tous, l’absence de l’artillerie, ne permettent nul effort sérieux et il faut à tous les combattants une rare énergie pour que les petits groupes épars sur la ligne, presque perdus dans la forêt se cramponnent obstinément au sol et empêchent toute avancée de l’adversaire.
Col de la Chipotte, qui le 1er septembre ne fut sauvé que grâce à l’énergie du général BARBOT, légendaire figure de soldat, et de quelques unités près de lui qu’il lança sans hésiter sur une forte attaque allemande ; col de Barémont, que les 2e et 3e bataillons défendirent avec la fureur du désespoir ; vous êtes peuplés de croix blanches ; le 97 s’y est sacrifié, mais il a tenu. »  (Site « Historique de guerre du 97e R.I. alpine ») (lire Vatusium n ° 18, page 17)
La bataille de la Marne exigeant des troupes expérimentées, les troupes de réserves remplacent de plus en plus celle d’actives dans le secteur. Le front se calme peu à peu, mais les troupes allemandes combattent toujours sur la rive gauche de la Meurthe.
Sentant la bataille décisive passée et le percement vers Épinal impossible, les Allemands entament, à partir du 10 septembre 1914, une retraite stratégique sur la rive droite de la Meurthe et la frontière de 1871. (Louis Sadoul) » (lire Vatusium n ° 18, page 19)
Le 11 septembre 1914, Joffre ordonne de marcher en avant. St-Dié repassera aux mains des Français ce jour même. Raon-l’Etape sera libéré le 12 septembre 1914 (Site lieux-insolites). (lire Vatusium n ° 18, page 20)

1915 06 15 front Vosges stabilise

1915 06 15 front Vosges legende
Carte des combats au nord et autour de St-Dié les 18-20 août 1914 : VOIR notre page « JMO du 2e Dragons. De Sarrebourg à Rozelieures« 

Extrait de l’historique du 97 R.I.A. :

« La bataille de la Marne pendant ce temps, s’achevait en triomphe et sur tous les points l’armée allemande battait en retraite.
Le 12 septembre, le régiment entamait la poursuite, descendait dans la vallée de la Meurthe puis remontait à la l’est de la frontière. Avant d’atteindre l’arête principale des Vosges, il se heurtait aux retranchements ennemis dont il cherchait vainement à s’emparer.
Il réussit à prendre pied dans le hameau de la Fontenelle au Ban-de-Sapt mais la fatigue, l’épuisement de tous, la diminution des effectifs ne permirent pas sur ce point, comme sur tout le front français, de pousser plus loin l’avantage. Après quelques luttes sanglantes, les survivants s’installèrent dans des trous creusés à la hâte, et sous la plus battante, sans couverture, sans toiles de tente, sans abri, attendirent stoïquement qu’on les vint relever.
Le 28 septembre, la division (97, 159 – 54, 57, 61 bataillons de chasseurs) ce qui sera la 77, mais restera la division Barbot, du nom de son premier chef, est rappelée en toute hâte et transportée vers le nord, vers Arras. »

BILAN
Les pertes françaises dépassent les 4 000 tués. Les pertes allemandes sont sensiblement supérieures. (lire Vatusium n ° 18, page 21) Au regard des effectifs engagés, et sur une durée d’une dizaine de jours, le nombre des tués est très important, plus de 4 % et les pertes totales dépassent 16 %.

La nécropole nationale de La Fontenelle à Ban-de-Sapt

« La nécropole nationale de La Fontenelle regroupe près de 1384 corps issus de 9 cimetières militaires provisoires. Les dépouilles de 424 soldats reposent en ossuaire. Au sein même de cette nécropole, est érigé un monument, en grès rose des Vosges. Œuvre du sculpteur Émile Bachelet, ce monument a été dressé en mémoire des « grands soldats des Vosges et vaillants défenseurs du sol vosgien ». Il constitue ainsi un « phare mémoriel » rappelant à tous le sacrifice des combattants. » (Site cheminsdememoire.gouv.fr)

Autre site : aufildesmotsetdelhistoire

Ban-de-Sapt, vue aérienne du cimetière de la Fontenelle

Ban-de-Sapt, cimetière de la Fontenelle, vue aérienne (site Delcampe)

Ban-de-Sapt, cimetière de la Fontenelle, vue aérienne (site Delcampe)

Ban-de-Sapt, cimetière de la Fontenelle 

Ban-de-Sapt, cimetière de la Fontenelle (site Delcampe)

Ban-de-Sapt, cimetière de la Fontenelle (site Delcampe)

Ban-de-Sapt, cimetière de la Fontenelle

Ban-de-Sapt, cimetière de la Fontenelle (site Wikipedia, art. Ban-de-Sapt)

Ban-de-Sapt, cimetière de la Fontenelle (site Wikipedia, art. Ban-de-Sapt)

Nécropole nationale du col de la Chipotte

« La nécropole au col de la Chipotte regroupe 1006 soldats dans des tombes individuelles et 1899 soldats dans un ossuaire. Ce cimetière militaire français situé sur le territoire de la commune de Saint-Benoît-la-Chipotte en allant vers Raon-l’Etape, dans le département des Vosges.

Trois monuments commémorent le sacrifice des soldats français pour barrer la route à l’envahisseur allemand. Le 1er est situé au croisement des routes D424 et D159. Il s’agit du monument de la 2e brigade coloniale érigé en 1917. Le 2e est constitué d’une colonne tronquée élevée en 1915 au fond de la nécropole. Elle symbolise les vies brisées des jeunes gens qui sont tombés à cet endroit.

Nécropole nationale du col de la Chipotte

Nécropole nationale du col de la Chipotte (site Wikipedia, art. Nécropole nationale du col de la Chipotte)

Nécropole nationale du col de la Chipotte (site Wikipedia, art. Nécropole nationale du col de la Chipotte)

Inauguration d’un monument élevé aux héros de la Chipotte

(Coll. du Musée commémoratif de Ménil-sur-Belvitte, Vosges)

Inauguration d’un monument élevé aux héros de la Chipotte (Coll. du Musée commémoratif de Ménil-sur-Belvitte, Vosges)

Inauguration d’un monument élevé aux héros de la Chipotte (Coll. du Musée commémoratif de Ménil-sur-Belvitte, Vosges)

Nécropole nationale du col de la Chipotte : régiments de 349 soldats disparus 

Nécropole nationale du col de la Chipotte : régiments de 349 soldats disparus (site artois1418.skyrock)

Nécropole nationale du col de la Chipotte : régiments de 349 soldats disparus (site artois1418.skyrock)

Nécropole nationale du col de la Chipotte : régiments de 543 soldats disparus 

Nécropole nationale du col de la Chipotte : régiments de 543 soldats disparus (site artois1418.skyrock)

Nécropole nationale du col de la Chipotte : régiments de 543 soldats disparus (site artois1418.skyrock)

Le 3e monument, le plus imposant, est l’œuvre de l’architecte Emmanuel Vateland. (lire Vatusium n ° 18, pages 20-21)
Il servit au 170e DI qui fut affecté au secteur en 1918.

Inauguration du monument au col de la Chipotte le 17 mai 1919

Inauguration du monument au col de la Chipotte le 17 mai 1919

Monument du col de la Chipotte 

Monument du col de la Chipotte (site clg-centre-gap.ac-aix-marseille)

Monument du col de la Chipotte (site clg-centre-gap.ac-aix-marseille)

Monument du col de la Chipotte 

Monument du col de la Chipotte (site petit-patrimoine)

Monument du col de la Chipotte (site petit-patrimoine)

Monument du col de la Chipotte, détail 

Monument du col de la Chipotte, détail (site petit-patrimoine)

Monument du col de la Chipotte, détail (site petit-patrimoine)

Voir aussi dans Vatusium n ° 18, page 22 la photo de Raon l’Étape (Col de la Chipote) La Tranchée de la Mort où gisent, pêle-mêle, Français et Allemands (site ubaye-en-cartes)

En guise de conclusion, un témoignage…
La Chipotte – 13 septembre 1919 – Cinq ans après (Site aufildesmotsetdelhistoire)
« Ici, on s’est battu sauvagement, Allemands et Français se sont colletés avec furie, les uns enragés de succès et d’orgueil, les autres obstinément cramponnés à cette terre doublement sacrée : comment le croire ? La forêt est verte et fraîche, l’air sent la mousse et la résine chaude ; pas une branche ne bouge, au loin chante l’appel d’un oiseau : est-ce possible que ce soit la Chipotte ? (G. BAUMONT, Texte paru dans la revue mensuelle illustrée « Le pays lorrain et le pays messin » 1919)

ADDITIF :
Aux soldats de Passy morts pour la France dans les Vosges en août 1914 et listés dans notre revue Vatusium n° 18 pages 16 à 21, il faut ajouter un Passerand mort près de Sedan le 27 août 1914 :
MARECHAL Ernest Henri, classe 1913 (non mentionné dans Vatusium n° 18)
Né le 19 février 1893 à Villard Bonnot (Isère), comptable à Passy, parents domiciliés à Passy ; engagé volontaire en 1913 au 4e Régiment Infanterie Coloniale, nommé caporal le 1er mai 1914 ; mort pour la France, « tué à l’ennemi » le 27 août 1914 à Jaulnay dans la Meuse (forêt située au sud-est de Sedan dans une boucle de la Meuse). Jugement rendu le 13 octobre 1914 par le tribunal de Bonneville et transcrit le 18 octobre 1914 à Passy.

Carte de fin 1914 situant le secteur de Sedan

Carte de fin 1914 situant le secteur de Sedan

Carte de fin 1914 situant le secteur de Sedan

SOURCES et REFERENCES

Site lieux-insolites
Site sambre-marne-yser
Wikipedia, art. Bataille de la Chipotte ; art. Ban-de-Sapt

Site aufildesmotsetdelhistoire : article de Louis Sadoul, paru dans « Le Pays Lorrain », 1920.
site petit-patrimoine

Historique du 97 R.I.A. : transcriptions sur le Site de Frédéric Dumoulin ou sur le site jpierre.daganddagand.free

site abreschviller.fr
site collateraux-1914.1918

Pour en savoir plus
Sur le front des Vosges : site front-vosges-14-18.eu

Sur Raon-L’Etape : site raon-l-etape-tome7

Sur les nécropoles et les monuments, voir aussi
le site Raon-L’Etape
Wikipedia, art. Nécropole nationale du col de la Chipotte 
site ressources-edu.fr
site petit-patrimoine
Site cheminsdememoire.gouv.fr  
site ubaye-en-cartes.e

site pierreswesternfront.punt.nl

Nos autres pages sur ces combats des Vosges :

Combats du 11e Bataillon de chasseurs alpins autour de St-Dié le 27 août 1914
Aimer à Passy, mourir dans les Vosges : Félix Fivel-Démoret, tué le 27 août 1914

 Voir nos pages sur
– Passy pendant la grande Guerre
en particulier
 notre page consacrée au monument aux morts de Passy.

– Passy de 1920 à nos jours.

Découvrez aussi, sur notre site, la richesse et la variété du patrimoine de Passy :
 Les ex-voto du temple romain de Passy
– Le château médiéval de Charousse à Passy
– Le retable de la Chapelle de Joux, à Passy
– L’étonnant « Cahier » d’Eugène Delale, école de Passy, 1882
–  La méthode Freinet à l’école de Passy, 1932-1952
– La conduite forcée de 1947-1952 et la production hydroélectrique à Passy
– L’Arve des Gures aux Egratz, à Passy
– Vues panoramiques sur le Mont-Blanc depuis Passy
– L’inalpage dans les « montagnes » de Passy, « l’emmontagnée », et la « remuée » pendant l’été
– La gare de Chedde à Passy et la ligne Le Fayet-Chamonix
– La sculpture d’Albert FERAUD (1921-2008), La Porte du soleil (1973), sur la « Route de la Sculpture Contemporaine » à Passy
– La stèle de la Torchette à Passy et les commémorations du maquis de Montfort

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