Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Les soldats de Passy, la chaleur et la soif en 14-18

Written By: BT

Lire notre revue Vatusium n° 18, 2015 « Les Passerands dans la Grande Guerre » 1ère partie : 1914 et 1915 ; et Vatusium n° 19, 2016 « Les Passerands dans la Grande Guerre » 2e partie : 1916 à 1919 (parution août 2016).

Cette page BONUS complète nos articles publiés dans Vatusium n° 18 et n° 19.

Comme tous les poilus, les soldats de Passy ont fortement souffert des conditions atmosphériques pendant la Grande Guerre.

« Guerre d’usure sur le plan militaire, la Grande Guerre le fut aussi pour des raisons météorologiques, agissant directement et durablement sur le moral et la santé du soldat des tranchées. A une entrée en guerre marquée par la forte chaleur succédèrent des périodes de pluie remarquables : 1915 et 1916 comptèrent parmi les années les plus pluvieuses depuis 1877, date des premiers relevés pluviométriques du B.C.M. de France. Les régiments durent ensuite affronter deux hivers particulièrement rigoureux dont la terrible vague de froid de janvier-février 1917 avec ses périodes de gel remarquables en intensité et en durée. » (site lodel.irevues.inist.fr)

Voir aussi nos pages
Les soldats de Passy dans le froid des tranchées en 14-18
Les soldats de Passy sous la pluie et dans la boue des tranchées

L’uniforme français était inadapté pour des marches en pleine chaleur.

« Le tristement célèbre pantalon rouge « garance » faisait des soldats des cibles parfaites pour l’ennemi ! e képi est aussi rouge et bleu, mais depuis 1913, il est prévu en campagne de le couvrir de bleu (preuve que la visibilité de l’uniforme avait été appréhendée !). Il est aussi doté d’une cravate bleue, et la lourde capote est, elle aussi,  de couleur bleue. Les pans sont remontés lorsque le fantassin est en campagne. Le col est haut et porte comme le képi le numéro du régiment.

Voir notre page « L’uniforme du fantassin français en 14-18 »

C’est ainsi que les troupes sont parties en campagne au mois d’août 1914, sous la chaleur écrasante, dans des uniformes qui ne correspondaient ni aux grandes marches, ni aux assauts et encore moins au camouflage.
Ce sont avec ces mêmes uniformes qu’ils ont affronté les tranchées, l’eau, la boue et le froid. Car si cet uniforme est archaïque par temps chaud, il n’est guère efficace contre la pluie et encore moins contre le froid. Combien ont eu les extrémités gelées au cours de cet hiver 14-15 avant qu’enfin l’état-major prenne conscience de la situation et dote le fantassin d’un nouvel uniforme et équipement en 1915 ? » (site padage.free.fr, page équipement du fantassin en 1914)

Mobilisation des troupes en 1914 

Mobilisation des troupes en 1914 (site herodote.net)

Mobilisation des troupes en 1914 (site herodote.net)

« Certes les témoignages des combattants évoquent comme contraintes majeures la pluie et la boue, le froid, le gel et la neige. Mais la lecture des lettres de guerre si soigneusement conservées par les familles, puis publiées, révèle aussi la pénibilité induite par la chaleur étouffante, accablante, torride, implacable, extraordinaire et ce, dès le début du conflit lorsque les hommes, tout juste mobilisés, eurent rejoint le Front.
Par temps anticyclonique, du 9 au 14 août 1914, les marches interminables dans les campagnes française et belge étaient éreintantes, surtout à midi « en pleins champs » avec des températures maximales supérieures à 30°C qui faisaient « tomber encore beaucoup de monde » comme l’évoque un officier saxon de Kamenz (en Allemagne, au nord de Dresde) dans sa traversée de la Famenne wallonne (de Dampierre). » (Source : Au temps météorologique de la grande guerre. Approche séquentielle des périodes contraignantes dans les tranchées sur le front de la Marne et de la Meuse, 1914-1918, Climatologie, 2011, p. 59-77, par Edwige Savouret, Jean-Paul Amat, Olivier Cantat et Paola Filippucci, site lodel.irevues.inist.fr)
* De Dampierre J., 1916 : Carnets de route de Combattants allemands. Librairie militaire Berger-Levrault.

Marche de soldats français en 1914 ou 1915 

Marche de soldats français en 1914 ou 1915 (site lescarnetsdefrederic)

Marche de soldats français en 1914 ou 1915 (site lescarnetsdefrederic)

« Sur l’ensemble du Front Ouest, au cours de cette période les températures dépassèrent cinq jours de suite la barre des fortes chaleurs (30°C), atteignant 33,7°C à deux reprises dans la Marne, les 13 et 14 août. L’entrée en guerre fut marquée par le « beau temps » et des températures parfois dignes d’une canicule, puis par une succession de jours de chaleur moins excessive, de la fin du mois d’août au 9 septembre 1914.

La chaleur redevint une gêne évidente dès l’arrivée des beaux jours de 1915, même aux yeux de Poilus d’origine marseillaise accoutumés au soleil de plomb.
L’un d’eux, mobilisé en Woëvre, l’évoquait ainsi au 1er mai 1915 : « Déjà forte : sa venue rapide nous la fait trouver désagréable ».

L’été 1915 et, dans une moindre mesure l’été 1917, furent aussi marqués par de longues séquences sèches, si bien qu’au mal-être provoqué par la chaleur ambiante se conjuguait celui du manque d’eau, obligeant quelquefois les hommes à boire celle « d’une source coulant au fond d’une tranchée dont les abords étaient pleins de cadavres et avait mauvaise odeur » (Pouzoulet J., 1933-1937 : Journal résumé de la guerre 1914-1918, caporal au 23ème bataillon de chasseurs alpins, 4ème compagnie. Archives départementales de l’Hérault.)

Soldats épuisés 

Soldats épuisés (site lesfrancaisaverdun)

Soldats épuisés (site lesfrancaisaverdun)

Exceptionnellement, certains régiments profitaient de la distribution de thé, de quelques citrons ou de desserts exotiques tels que tranches d’ananas en conserve ; en témoignent les récits mais aussi les carnets de comptabilité en campagne de l’aéronautique militaire. Ces compléments, plus communs lorsqu’il s’agissait de vin ou de champagne, agrémentaient le quotidien. Comblaient-ils pour autant les méfaits de la chaleur ? Même les nuits fraîches, théoriquement phases de récupération après des journées de fortes chaleurs, restaient des moments de fatigue intense en raison de la dysenterie omniprésente.

En revanche, l’été 1916 fut particulièrement pluvieux, (voir notre page sur la pluie dans les tranchées) avec un cumul de 513 mm d’avril à septembre, soit 100 mm de plus que la moyenne cinquantennale 1851-1900, si bien que chaleur et humidité combinées – situation fréquente l’été en Meuse – contribuèrent amplement à la prolifération des insectes, mouches et moustiques « qui ne cessent de nous tracasser de leur bourdonnement sans fin et de leurs fâcheuses piqûres » (de Ferrari). Sans oublier les puces et autres parasites, vecteurs de maladies… Et c’est bien souvent dans la brume et le brouillard des fonds de vallées humides que les hommes vivaient et tenaient, parfois plus d’un mois comme cela fut le cas du 21 avril au 27 mai 1917 dans la région de Commercy. Ainsi même les périodes de « beau temps » affectaient les hommes, l’humidité ambiante se substituant aux journées d’averses : « la pluie ne tombe pas, mais c’est comme s’il pleuvait : nous sommes saturés d’humidité continuelle » (de Ferrari). »
(Source : Au temps météorologique de la grande guerre, site lodel.irevues.inist.fr)

Tranchée transformée en cloaque 

Tranchée transformée en cloaque (site muad.com)

Tranchée transformée en cloaque (site muad.com)

Le 25 juillet 1918, le Poilu d’origine marseillaise déjà cité décrivait la chaleur « sénégalienne, et cependant, si nous ne précisons pas exactement notre position actuelle, il est aisé de comprendre que nous ne sommes pas dans la région tropicale… Ne croyez-pas, je vous prie, à une amplification de ma part : le thermomètre, qui dit la vérité toute pure, monte à une hauteur inusitée » (de Ferrari).

Le fait est que ce mois de juillet 1918 fut particulièrement chaud du 15 au 20 avec des maxima de 33,5°C le 20 à Châlons-sur-Marne et de 34,5°C le 18 à Commercy.

Sur la carte postale ci-dessous, on découvre les soldats de corvée d’eau potable au Hartmannswillerkopf (ou le Vieil Armand), en Alsace. L’historien Jean-Yves Le Naour explique dans son ouvrage que « le ravitaillement en eau, surtout pendant les grandes chaleurs estivales, est problématique. Les mulets que l’on a fait venir d’Algérie pour porter les précieux tonneaux ne suffisent pas à étancher la soif des Poilus. »

Le ravitaillement en eau 

Le ravitaillement en eau (site linternaute.com)

Le ravitaillement en eau (site linternaute.com)

L’importance du  bidon

Le bidon Modèle 1877  

Le bidon Modèle 1877 (site laguerre14-18.webnode.fr)

Le bidon Modèle 1877 (site laguerre14-18.webnode.fr)

« Un souci me hante, celui de mon bidon, perdu par un Homme qui devait me le rapporter plein d’eau, et que je n’ai plus revu. […] J’ai mon sabre, j’ai mon képi, j’ai mon sac. Mais je n’ai plus mon bidon. […] Plus de bidon ! C’est un malheur. »  écrit Maurice GENEVOIX dans son recueil « Ceux de 14« . Ce passage montre l’importance de cette pièce d’équipement pour le soldat.

« Le bidon M1877 possède deux becs : le premier, est destiné à remplir ce bidon ou bien à le vider rapidement ; sa grande ouverture permettant d’évacuer le contenu rapidement ; il est fermé par un bouchon de liège. Le second bec est bien plus petit et se ferme à l’aide d’un bouchon de bois, celui-ci sert à boire.
Ce bidon connu deux modèles principaux : le premier modèle avait une contenance d’un litre ce qui fut amélioré par la suite : le second modèle pouvait ainsi contenir deux litres. Il contenait soit de l’eau ou, plus souvent de la « gniôle » comme disaient les poilus.
Il est le plus souvent recouvert d’une housse de couleur bleu horizon possédant une étiquette sous le dessous afin d’identifier la gourde d’un soldat. Le bidon se porte en bandoulière à l’aide d’une sangle de cuir réglable. » (site laguerre14-18.webnode.fr)

Sur le bidon, voir aussi les sites :
site humanbonb.free.fr  ; Site lesfrancaisaverdun-1916.fr, page uniforme équipement.

Les ravitailleurs

Les ravitailleurs (site voyageurs-du-temps.fr)

Les ravitailleurs (site voyageurs-du-temps.fr)

La torture de la soif

Les premières chaleurs vont faire émerger un autre ennemi, terrifiant : la soif. C’est notamment parce qu’elle est privée d’eau depuis trois jours que la garnison française du fort de Vaux finit par se rendre, le 7 juin 1916. (site lexpress page Des deux côtés de l’enfer)

Sans arrêt, la mitraille. Un tombait, puis un autre…Ceux qui restaient attendaient dans l’angoisse, épuisés, la gorge en feu. Pour boire, rien que de l’eau croupie des trous empestés. Ils bénissaient le ciel quand la pluie tombait.
Alors ils tendaient leurs toiles de tente pour recueillir un peu de cette boisson tant désirée. La dernière gorgée bue, ils tordaient la toile, l’écrasaient sur leur bouche fiévreuse, et impuissants à désaltérer leurs lèvres brûlantes, pour les humecter encore, ils suçaient leurs capotes toutes souillées de boue. (site histoire-en-questions.fr)

Tenaillés par la soif, certains poilus bravent les balles allemandes pour rejoindre une fontaine. D’autres, le soir venu, puisent quelques gorgées dans des trous d’eau où pourrissent des cadavres. ». (site lexpress page des deux cotés de l’enfer)

Cadavre de soldat près d’un trou d’eau

Cadavre de soldat (site muad.com)

Cadavre de soldat (site muad.com)

Les souffrances de la soif en 1914 racontées par Louis Barthas : « Et pour comble la soif nous torturait en dépit des cataractes d’eau tombant du ciel. C’est qu’encore en ce moment le pinard ne figurait pas au menu du poilu, il fallait se contenter du quart de jus apporté le matin, insuffisant pour étancher la soif provoquée par une alimentation sèche, épicée, et par l’espèce de fièvre « de la tranchée » que nous subissions tous. […] Un jour, nous fûmes assaillis par une soif terrible à ne pouvoir presque remuer la langue. […]
Nous n’avions que quelques pas à faire pour aller au ruisseau qui coupait notre tranchée, mais la seule pensée du contact de nos lèvres à cette eau un horrible dégoût nous envahissait, contractait notre cœur.
Qu’on ne pense pas que ce soit la répugnance de boire de l’eau sale, limoneuse, non certes nous n’étions pas regardants à ce point mais le premier jour nous avions vu le long du ruisseau des cadavres allemands et français et maintenant l’eau les baignait, les assiégeait, les roulait lentement à travers les ajoncs, les roseaux de la rive.
On comprendra facilement notre dégoût ! Et dire que des camarades se résignèrent à boire quand même ! Les souffrances de la soif sont encore plus terribles que celles de la faim. » (Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918, édition du centenaire La Découverte/Poche, 2013, 2e cahier Vers la tuerie, 4 novembre – 14 décembre 1914, p. 51-52)

Trous d’obus à Verdun

Trous d’obus à Verdun (site lezigne1418)

Trous d’obus à Verdun (site lezigne1418)

Autres témoignages :

Journées du 18 au 23 juin 1916, lutte pour l’ouvrage de Thiaumont. Témoignage de Léon Bruneau, caporal au 67e R.I. :  » Jamais je n’ai tant souffert de la soif que du 18 au 23 juin au bois Fumin. Un jour, les pauvres vieux territoriaux nous apportent un bidon de deux litres de pinard qu’ils remettent au sergent-fourier C… Celui-ci se met à boire avec notre lieutenant E…, sans s’occuper de nous. Je dis entre haut et bas : « Ils ne vont pas nous en laisser, les vaches » ; Il faut vous dire que, moi et les copains, on avait bu de notre urine avec un peu de sucre, sucé les racines d’arbres, sucé le jus salé d’une boite de conserves abandonnée sur le parapet par les Boches. Enfin C… me donna un quart de vin, un seul et pas plein jusqu’au bord, que je partageai avec les copains. Quel soulagement, mais on avait le palais brûlé par l’urine. Après l’affaire, je fus proposé avec trois autres pour la croix de guerre, mais le lieutenant biffa mon nom. «  (site lesfrancaisaverdun, page témoignages de poilus)

Journée du 7 juillet 1916, lutte autour de l’ouvrage de Thiaumont. Témoignage de Lucien Marton, soldat au 370e R.I. :  » Nous collions notre bouche au goulot de notre bidon ; le bidon était vide, mais la fraîcheur du métal nous donnait une seconde d’illusion.  » (site lesfrancaisaverdun, page témoignages de poilus)

Journée du 7 juillet 1916, lutte autour de l’ouvrage de Thiaumont. Témoignage de Eugène Batteux, soldat au 65e R.I. :  » Nous ne pouvions plus résister à la soif. Nous ouvrions des boîtes de sardines pour en boire l’huile. » (site lesfrancaisaverdun, page témoignages de poilus)

« Le 30 juillet [1916] après la soupe du soir, par une chaleur suffocante nous allâmes en réserve de la première ligne près du tristement célèbre « Trou Bricot ». » (Louis Barthas, 12e cahier Le 296e régiment en Champagne, 13 juillet – 29 août 1916, p. 351)

Journée du 7 août 1916 : « Terriblement chaud. Très altéré, on peut à peine parler, tellement la bouche est sèche. Rien d’aussi cruel que la soif, aussi les hommes parlent de ficher le camp à l’eau cette nuit malgré le conseil de guerre qui les attend s’ils le font sans un ordre du Cdt de Cie. » Journal de François Baizet, classe 1897, de Chassigny-sous-Dun (Saône-et-Loire) à la date du 7 août 1916. (site loire.fr, pdf Chap. 16 – 1916 (janv.-fév.) – Conditions matérielles de vie des Poilus dans les tranchées avant la bataille de Verdun)

« Le 20 mai [1917] à l’aube, le 296e régiment quitta Isse et prit la direction de Châlons-sur-Marne. […] Il faisait bien chaud en suivant la longue route poussiéreuse et on  jetait des regards d’envie aux frais ombrages de la vallée de la Marne que nous remontions. […]
Après la soupe du soir, avec un camarade, j’allai faire un tour de promenade à Châlons ; ce fut à grand-peine que nous pûmes boire de la bière, les milliers d’embusqués l’absorbant au jour le jour. » (Louis Barthas, 16e cahier L’assommoir du mont Cornillet. Le 296e régiment en Argonne, 26 avril – 1er juillet 1917, p. 469-470)

La chaleur et la puanteur des cadavres

A l’horrible soif et à la chaleur accablante s’ajoute « l’atroce odeur des débris humains un peu partout disséminés et recouverts de myriades de mouches vertes. » Commandant Pelade, conférence donnée devant des anciens combattants le 11 juin 1922, cité dans « Les poilus : Survivre à l’enfer des tranchées de 14-18 », par Gérard A. Jaeger.

Cadavres et trou d’eau à Verdun 

Cadavres et trou d’eau à Verdun (site Internet)

Cadavres et trou d’eau à Verdun (site Internet)

« La journée du 7 juin [1915] fut assez calme […] Nous devions attaquer à trois heures de l’après-midi.
« Ce sera une charge de spectres », dit Mondiès. En effet, nous semblions des spectres, épuisés par plusieurs nuits d’insomnies, par des durs travaux, par l’angoisse qui nous étreignait, par la mauvaise nourriture, par la soif qui nous brûlait le gosier, hâves, amaigris, le teint terreux. Oui, nous semblions des morts qui se seraient levés de leur tombe.
Certes, cuisiniers et ravitailleurs firent tous leurs efforts pour nous faire parvenir les vivres, mais allez manger de bon appétit quand l’air est empesté  par cette odeur immonde de chairs corrompues qui s’exhalait des centaines de cadavres qui nous entouraient et dont le soleil brûlant de juin hâtait la putréfaction ; presque tous nous portions un bandeau soutenant un petit sac de camphre sous notre nez et un mouchoir devant la figure pour nous nous garer de mouches.
On comprendra aisément que les repas étaient vite bâclés, nous n’aurions fait que boire ; de l’eau ou une boisson quelconque, c’est tout ce que nous demandions aux ravitailleurs. Et ce dernier jour, nous eûmes une bonne surprise ; on nous apporta, au prix d’une grande fatigue et de grands dangers pour circuler de jour presque à découvert, un tonnelet de bière par section ; en ma qualité de tonnelier, je fus chargé de mettre en perce celui qui nous revint et nous pûmes étancher complètement notre soif. » (Louis Barthas, 5e cahier Le charnier de Lorette, 2 juin – 2 juillet 1915, p. 131-132)

Journée du 1er septembre 1916, lutte pour le ravin des Fontaines et de la Carrière. Témoignage du Capitaine André Guillaumin du 102e R.I. :  » Mon P.C. se composait d’un vague trou dans la boue où nous nous tenions, mon ordonnance et moi, mi-assis, mi-recroquevillés. Le sol était si mou que les obus faisaient fougasse projetant un geyser de boue…
L’un d’eux me frôla, s’enfonça presque à mes pieds, et dans l’éclatement, au milieu d’une auréole de boue, se dressa un officier allemand à demi décomposé, la figure verte dans un uniforme vert. Je vois toujours ce cadavre, face à face avec moi pendant une seconde, puis la masse de boue retomba et il disparut.  »
(site lesfrancaisaverdun, page témoignages de poilus)

Témoignage du lieutenant Riou du Cosquier du 142e R.I. :  » J’ai bu de l’eau du fond de la Horgne, et j’ai retiré de ma bouche des morceaux de cervelle humaine qui s’y trouvaient.  » (site lesfrancaisaverdun, page témoignages de poilus)

Voir aussi Paul JANKOWSKI, 21 février 1916. Verdun, coll. « Les journées qui ont fait la France », NRF, Gallimard, 2013 ; Chapitre 7 Le cauchemar, p. 198 ; livre CHePP disponible à la bibliothèque de Passy)

Sources et sites à consulter pour en savoir plus :

site padage.free.fr, page équipement du fantassin en 1914

site herodote.net, page mobilisation

site lodel.irevues.inist.fr  : Au temps météorologique de la grande guerre. Approche séquentielle des périodes contraignantes dans les tranchées sur le front de la Marne et de la Meuse, 1914-1918, Climatologie, 2011, p. 59-77, par Edwige Savouret, Jean-Paul Amat, Olivier Cantat et Paola Filippucci

site lescarnetsdefrederic : marche

site lesfrancaisaverdun 

site muad.com

site linternaute.com

site laguerre14-18.webnode.fr

Sur le bidon, voir aussi les sites : site humanbonb.free.fr ; Site lesfrancaisaverdun-1916.fr, page uniforme équipement 

site lesfrancaisaverdun, page témoignages de poilus

site voyageurs-du-temps.fr : les ravitailleurs

site lexpress page Des deux côtés de l’enfer

site histoire-en-questions.fr

site loire.fr, pdf Chap. 16 – 1916 (janv.-fév.) – Conditions matérielles de vie des Poilus dans les tranchées avant la bataille de Verdun

site lezigne1418

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