Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

Les Passerands des 11e, 14e, 114e BCA au Linge en juillet-août 1915

Le « tombeau des chasseurs » !

Lire notre revue Vatusium n° 18, 2015 « Les Passerands dans la Grande Guerre », 1ère partie : 1914 et 1915.

Cette page BONUS complète notre article « Alsace et Lorraine en 1915 (Vosges et Meurthe-et-Moselle) » publié dans Vatusium n ° 18, pages 42-43.

En 1915, de nombreux Passerands se battent dans les VOSGES (au nord, régions de St-Dié, Lunéville ; au sud, sommets des Hautes-Vosges), et en ALSACE (voir notre page « Les Passerands et les combats d’Alsace en 1915 »). Lire l’introduction sur notre page « Les soldats de Passy en LORRAINE et ALSACE durant l’année 1915« .
Nous présentons le détail de ces différentes batailles est présenté dans les pages suivantes  :
– Les Passerands du 133e R.I à St-Dié-des-Vosges début 1915   
 Les Passerands des 11e et 51e BCAP au Reichackerkopf et au Sattelkopf en février-mars 1915
 Les Passerands des 11e et 13e BCAP à l’Hartmannswillerkopf en 1915
 Les Passerands des 11e et 13e BCAP à l’ Hilsenfirst en 1915
 Les Passerands du 11e BCA à Soultzeren en février 1915
 Les Passerands des 11e et 22e BCA à Metzeral en juin 1915
–  Les Passerands des 11e, 22e, 114e BCA au Barrenkopf en juillet 1915
Voir aussi notre page Les chiens d’Alaska dans les Vosges pendant la Grande Guerre

Situation géographique du Linge dans le massif des Hautes Vosges : 1914 02  Le Linge et L’Hartmannswillerkopf  

Situation géographique du Linge dans le massif des Hautes Vosges : 1914 02 Le Linge et L'Hartmannswillerkopf (site taulignan14-18)

Situation géographique du Linge dans le massif des Hautes Vosges : 1914 02 Le Linge et L’Hartmannswillerkopf (site taulignan14-18)

Lire dans notre Vatusium n° 18, page 43 la liste des Passerands blessés et/ou prisonniers en Alsace en 1915.

De nombreux Passerands ont servi aux 11e, 14e et 22e BCA  en août 1915 et ont donc participé aux combats du Linge sur le versant alsacien des Hautes-Vosges. Voici, par ordre alphabétique, ceux dont nous avons retrouvé le nom :

Une bonne quinzaine de Passerands au 11e BCA (voir historique ci-dessous) : Berguerand Ernest Alfred, classe 1904, Béguin Pierre César, classe 1901, Bottollier Alexandre Emmanuel, classe 1905, Bottollier Elie, classe 1901, (peut-être Cossard Edouard François, classe 1906, voir ci-dessous), Couttet Joseph Eugène, classe 1901, Decret François Ulysse, classe 1916, Descruy Clovis, Classe 1910, Devouassoux François Théophile, classe 1905, Dilphy, Henri-Pierre, classe 1914, Duffoug Henri, classe 1907, Foulaz Henri Joseph, classe 1914, GrossetJeannin Eugène, classe 1912, Lavigne Lucien Joseph, classe 1900, Michollin Marcel Félix, classe 1914, PissardGibollet Jacques Albert, classe 1905, Pugnet Anselme Alfred (surnom Canti), classe 1912.
Anselme Alfred Pugnet est blessé à Metzeral le 20 juin 1915.

Deux Passerands au 14e BCA (voir historique ci-dessous) : BOUCHARD François Auguste, classe 1896, passé au 14e Btn de Chasseurs le 17 février 1915, aux armées du 20 février 1915 au 20 juillet 1915 ; blessé le 20 juillet 1915 au combat du Linge en Alsace (Voir notre page sur le Barrenkopf). Lire détails dans Vatusium n° 18, p. 43 ; RAPIN Michel Eugène, classe 1916.

Deux Passerands au 114e BCA (voir historique sur notre page « Les Passerands et le 11e BCA à Soultzeren en février 1915 ») : CHATELLARD Jean-François, classe 1915, Chasseur de 2e classe au 114e Btn de Chasseurs à pied le 31 mars 1915 ; blessé le 22 juillet 1915 au Linge (Voir notre page sur le Barrenkopf)
MOGENY
Alexandre, classe 1915, passé le 10 mars 1915 au 114e Btn de Chasseurs à pied.

Le front en Haute Alsace : la ligne rouge marque le front fin 1915 

Le front en Haute Alsace : la ligne rouge marque le front fin 1915 (site pierreswesternfront.punt.nl)

Le front en Haute Alsace : la ligne rouge marque le front fin 1915 (site pierreswesternfront.punt.nl)

Voir sur notre page « Les soldats de Passy en LORRAINE et ALSACE en 1915 » le texte qui figure à l’entrée des cimetières militaires nationaux en Alsace.

Contexte stratégique

« La région du Haut-Rhin est, depuis décembre 1914, le théâtre d’âpres combats entre Français et Allemands. En février 1915, les Allemands ont pris le Linge. Ils ont pris aussi Stosswihr et le Reichackerkopf menaçant ici les communications des Français, lesquels s’efforcent de contre-attaquer : les 5 et 27 mars, le 5 avril et le 4 juin, à la faveur d’un coup de main imprévu et réussi. Ce dernier déclenche une terrible riposte allemande. » » (site ladepeche.fr)

La bataille du Linge, juillet-octobre 1915

La bataille du Linge, juillet-octobre 1915 (Site encyclopedie.beditions.fr)

La bataille du Linge, juillet-octobre 1915 (Site encyclopedie.beditions.fr)

« Une attaque de diversion le 14 juin sur la vallée de Sondernach précède l’offensive principale, le lendemain, sur l’Almattskopf et Altenhof puis, le 19 juin, l’attaque sur Metzeral qui tombe le 21 et Sondernach le 22.

Du 21 au 28 juin 1915, les Allemands bombardent le Reichackerkopf, le Sattellkopf et tentent un assaut qui est arrêté. La 2e Armée perd 165 officiers et 6.502 hommes dont 1.512 tués ou disparus. » (site ladepeche.fr)

Munster et sa vallée, à l’ouest de Colmar (Google earth)

Munster et sa vallée, à l’ouest de Colmar (Google earth)

Munster et sa vallée, à l’ouest de Colmar (Google earth)

« Les opérations se transportent sur la crête du Linge, située dans les Vosges alsaciennes. Haute de 1 000 mètres, elle sépare les vallées d’Orbey et de Munster, à une vingtaine de kilomètres à l’Ouest de Colmar. Les Allemands y ont organisé leur défense afin d’empêcher l’avance vers Colmar des troupes françaises. Ils ont eu le temps de bien organiser et fortifier leurs lignes et positions sur ce terrain montagneux et accidenté, qui rend difficiles les manœuvres des soldats. » (site ladepeche.fr)

Réseau de fil de fer au Linge 

Réseau de fil de fer au Linge (site savoieinparis)

Réseau de fil de fer au Linge (site savoieinparis)

Collet du Linge en 1915 

Collet du Linge en 1915 (site savoieinparis)

Collet du Linge en 1915 (site savoieinparis)

Les combats débutent le 1er juillet 1915 par une opération surprise allemande qui s’empare momentanément de l’Hilsenfirst puis, le 20 juillet, c’est la riposte française.
La lutte se transforme en affrontements localisés et, jusqu’au 15 octobre, les chasseurs alpins, âgés souvent d’à peine 20 ans, lancent l’assaut contre ce bastion inexpugnable. Des obus à gaz et des lance-flammes sont utilisés. Les pertes s’élèvent à 10 000 soldats côté français, les unités engagées ont perdu 80 % de leurs effectifs. Ce sont les pertes les plus lourdes de la guerre, à proportion du théâtre d’opérations et des engagements.

C’est ce qui a valu au Linge son appellation de « cimetière des chasseurs». (site ladepeche.fr)

Vallée de Munster et Lingekopf 

Vallée de Munster et Lingekopf (site balades en Alsace)

Vallée de Munster et Lingekopf (site balades en Alsace)

Résumé des combats du Linge en août 1915

« Le 27 juillet 1915, les Français abandonnent le Barrenkopf, trop exposé (voir notre page). Joffre n’entend pas rester sur cet échec. Il ordonne la reprise de la crête coûte que coûte. Les chasseurs repartent.
La lutte est dantesque, souvent au corps à corps. Entre les lignes, les cadavres s’amoncellent au point qu’il faut les arroser de phénol pour combattre l’insoutenable puanteur.
Dans la seule journée du 4 août, plus de 40 000 obus sont tirés, ensevelissant morts et vivants. Les chasseurs s’épuisent. Le 7 août la Landwehr Bavaroise contre-attaque alors qu’un canon Krupp bombarde l’état-major français à l’Altenberg, près de la Schlucht.
Mais Joffre veut un succès décisif. Le 18 août, les chasseurs repartent et prennent la crête du Schratzmaennele. Ce n’est pas suffisant : le Q.G. ordonne de continuer. Nouvel assaut le 26 août sous un déluge de pluie et d’obus… pour de si maigres résultats que le général Maud’hui stoppe le carnage. » (Site encyclopedie.beditions.fr)

Le contexte stratégique des combats du Linge 

Carte du front le 24 août 1915 Le Linge 

Carte du front le 24 août 1915 Le Linge (site artois1418.skyrock.com)

Carte du front le 24 août 1915 Le Linge (site artois1418.skyrock.com)

Le Schratzmannele vu d’un observatoire français 

Le Schratzmannele vu d’un observatoire français (site lencrierdupoilu.free.fr)

Le Schratzmannele vu d’un observatoire français (site lencrierdupoilu.free.fr)

« En 36 jours, les chasseurs ont perdu 9 600 hommes. Autant côté adverse. Les Allemands vont profiter de la lassitude française…
Le 31 août 1915, une terrible contre-offensive est déclenchée utilisant lance-flammes, gaz de combat et aviation, qui aboutit le 9 septembre au décrochement des Français
L’horreur atteint son comble. » (Site encyclopedie.beditions.fr)

Utilisation du lance-flammes par les Allemands 

Utilisation du lance-flammes par les Allemands (Internet)

Utilisation du lance-flammes par les Allemands (Internet)

« Début octobre 1915, une dernière offensive allemande rétablit en 15 jours le front tel qu’il se présentait avant l’offensive française. Plus question de prendre Munster. L’erreur du Haut Commandement aura coûté des milliers de vies. Le silence se referme sur le « Tombeau des chasseurs ». » (Site encyclopedie.beditions.fr)

Chasseur alpin portant un masque à gaz, le Linge, octobre 1915

Chasseur alpin portant un masque à gaz, le Linge, octobre 1915 (site pierreswesternfront.punt.nl)

Chasseur alpin portant un masque à gaz, le Linge, octobre 1915 (site pierreswesternfront.punt.nl)

L’action du 11e BCAP d’Annecy en août 1915 au Linge

« On va se reformer au Bois de Munnenvald. Mais la trêve accordée est courte. Le 5 Août 1915, vite, vite, il faut remonter ! Les Boches lancent sur le Linge une très puissante offensive.
Un effroyable bombardement écrase nos nouvelles lignes peu profondes et sans abri.
L’ennemi fait un gros effort. Deux de nos Compagnies sont presque anéanties. Un Officier du 5e Ba-taillon arrive au poste de commandement et signale que son front vient d’être disloqué,
que les Prussiens vont dévaler la pente.
Aussitôt, comme mus par un ressort, tous les clairons du 11e se dressent et sonnent la charge. »

Vestiges de tranchées au Linge 

Vestiges de tranchées au Linge (site tourisme-alsace.com : Musée mémorial du linge)

Vestiges de tranchées au Linge (site tourisme-alsace.com : Musée mémorial du linge)

« Irrésistiblement empoignés à leur tour, les chasseurs courent en avant. Déjà, la baïonnette est
rouge, on troue, on assomme, et l’on passe.
On enlève avec soi des groupes disloqués du vaillant 54e et tous unis dans cet élan,
dans cette furieuse mêlée, on arrive au sommet que l’on avait perdu.
Nos premières tranchées mêmes sont reconquises. On les défend toute la nuit avec succès.
Le piton du Linge est à nous ; le Bataillon en a la garde. » (Historique du 11e BCAP)

Le Linge (site thebluelinefrontier)

Le Linge (site thebluelinefrontier)

« C’est alors, du 7 au 16 Août (1915), une série d’attaques boches qui viennent se briser contre nos
positions.
« A notre tour, Messieurs d’en face, à notre tour ! » Bientôt, nous passons à l’offensive et d’un bond, nous capturons le blockhaus
de la crête en faisant des prisonniers. Mais des batteries de 105 nous prennent à partie de suite, à bout portant.
On doit se résigner à laisser cette cime, aucun des adversaires ne pouvant plus s’y maintenir.

Tranchée au Linge 

Tranchée au Linge (site alsace.lib-expression.fr)

Tranchée au Linge (site alsace.lib-expression.fr)

« Jusqu’au 25 Août (1915), le 11e est en ligne avec ses trois cents combattants,
améliorant le terrain qu’ils ont sauvé et où dorment tant de frères d’armes. Tous se sont noblement battus.
Ceux qui restent ont fait doublement leur devoir.
Le Général de Maud’huy rend hommage à tant de bravoure en accordant au Bataillon 3 Mé-dailles militaires et 25 Croix de guerre avec palme. »
(Historique du 11e BCAP d’Annecy Récit patriotique publié en 1920, transcrit par CHePP. (Source site gallica.bnf, pages 14 à 20)

Au milieu des pins des Vosges en 1915, le général de Maud’huy décore le fanion d’une compagnie du 14ème BCA 

le général de Maud'huy décore le fanion d'une compagnie du 14ème BCA (site alpins.fr14eme_BCA)

Le général de Maud’huy décore le fanion d’une compagnie du 14ème BCA (site alpins.fr14eme_BCA)

Le Linge : touristes après la guerre, en 1925 

Le Linge : touristes après la guerre (site thebluelinefrontier)

Le Linge : touristes après la guerre (site thebluelinefrontier)

L’action du 14e BCA de janvier 1915 à mai 1916 sur le site alpins.fr

« Il passe l’hiver dans le secteur de la tête de Faux et du col du Bonhomme.

« Toute grande opération de guerre est impossible dans cette région pendant de longs mois de froid rigoureux où la neige tombe en grande abondance et rend très difficile les communications. Il faut donc s’organiser et créer des systèmes défensifs pour parer aux surprises. Après avoir été des combattants d’élite, les Chasseurs deviennent des travailleurs acharnés. »

Du 21 au 25 février, attaque allemande dans la vallée de la Fecht. Les 1ère et 6ème compagnie résistent jusqu’à leurs dernières cartouches, enfermées dans le château de Stosswihr.

Juillet 1915 : attaque du Lingekopf. Du 20 au 27 juillet l’offensive permet de prendre le sommet de la montagne au prix de très lourdes pertes. Cela vaut au bataillon sa première citation à l’ordre de l’armée.

Le 1er septembre 1915, le bataillon repousse l’attaque allemande sur le Linge menée avec obus à gaz et liquide enflammé…

Il passe l’hiver 1915-1916 dans les Vosges à vivre et travailler dans la neige, la boue et le froid, sous les bombardements des minnenwerfer.

En avril et mai 1916, il défend et organise le secteur du Braunkopf.

Juin – septembre 1916 : la Somme (…). »

Vue depuis le Schratzmännele, vers le sud du Barrenkopf, hiver 1915.
 Noter la proximité entre les tranchées

Vue actuelle depuis le Schratzmännele (site tim-slater.blogspot.fr)

Vue depuis le Schratzmännele (site tim-slater.blogspot.fr)

L’Historique du 14e BCA rend compte de cette bataille du Linge en juillet-août 1915

« Au mois de juillet 1915, le 14e Bataillon participe à l’attaque du Lingekopf. Il faudrait écrire un gros livre pour dire tous les actes d’héroïsme qui s’accomplirent dans ces journées. Les gains de terrain ne furent peut-être pas très considérables, mais ils furent obtenus dans des conditions telles qu’on peut hardiment affirmer que jamais, sur aucun autre point du front, une troupe n’a pu faire preuve de plus d’énergie, de volonté de vaincre qu’en montrèrent les Chasseurs pendant cette offensive. Le 20 juillet, le 14e réussit à forcer la première ligne allemande sur tout le front qui lui a été fixé, mais les pertes sont très lourdes.
Le 22 juillet, il attaque encore, gagne un peu de terrain, mais subit de fortes pertes sur des réseaux de fil de fer intacts.
Enfin, le 26, une troisième attaque l’amène sur le sommet de la montagne si âprement disputée. Le 27, l’ennemi contre-attaque violemment après de puissantes et très meurtrières préparations d’artillerie. Vainement ! Le 14e ne rend pas ce qu’il a pris ! Et encore une fois, les Chasseurs pourront dire
avec orgueil : « Là où nous sommes, le Boche est vaincu ! »

Une première citation à l’Ordre de l’Armée est donnée au Bataillon à la suite de ces combats :
Citation du 14e Bataillon à l’Ordre de la VIIe Armée.
Sous le commandement du Commandant de REYNIÈS, s’est affirmé une fois de plus comme une troupe d’élite. Dans une région montagneuse très difficile, a enlevé sous le feu de l’infanterie et de l’artillerie ennemies, d’une violence extrême, et après plusieurs vigoureux assauts sous-bois, une position organisée de longue date par l’ennemi ; s’y est maintenu malgré des attaques réitérées de troupes fraîches, précédées par des bombardements d’artillerie lourde d’une intensité peu commune. A infligé de lourdes pertes à l’ennemi.

Le 1er septembre 1915, l’ennemi, ayant traîtreusement fait usage d’obus à gaz et de liquides enflammés, reprend la crête du Linge. Le 14e, qui est au repos, est rappelé en hâte.
Deux compagnies, les 4e et 5e, sont envoyées pour contre-attaquer. Avec une fougue et un courage qui font l’admiration des bataillons voisins, elles reprennent la position perdue. Deux autres tentatives des Allemands avec les mêmes procédés barbares restent sans résultat. La montagne du Linge, où tant des nôtres sont tombés, est une terre sacrée que ne souillera jamais plus le Teuton exécré.

Le Bataillon passe l’hiver 1915-1916 dans cette montagne.

Il organise la position. Du 7 novembre au 14 mars, sans un repos, les hommes ont vécu et travaillé dans la neige, dans la boue, par un froid extrême, sous le tir incessant des minnenwerfer et de l’artillerie ennemie qui, des Trois Epis, du Rain des-Chênes et de la côte de Grimaude, pouvait prendre nos tranchées de
face, de flanc et à revers.
Pendant les mois d’avril et mai, le 14e est au Braunkopf et en fait un secteur, cité comme un modèle d’or-
ganisation.
Au mois de juin, il est envoyé au camp d’Arches. A partir de cette époque, la 47e Division de Chasseurs Alpins classée comme unité d’élite, va faire partie des troupes de choc. Dans toutes les grandes
offensives, sur tous les points où l’ennemi, bousculé abandonnera quelques parcelles du territoire national, on retrouvera ses glorieux fanions.

Pendant que l’armée de Verdun brise héroïquement toutes les tentatives de victoire allemande, une grande bataille se prépare sur le front de la Somme qui libérera la ville martyre et qui obligera le commandement allemand à ordonner un grand recul pour éviter une défaite plus grave. Le 14e Bataillon entre en ligne dans cette bataille le 11 juillet 1916. » (p. 17 site gallica.bnf.fr)

Le Lingekopf en juillet 1915 

Le Lingekopf en juillet 1915 (site anduze1418.blogspot.fr)

Le Lingekopf en juillet 1915 (site anduze1418.blogspot.fr)

Le Drame du Linge, par A. DURLEWANGER, ouvrage Colmar- Ed . A.E.P, 1970, d’après le rapport d’opérations du Général de Pouydraguin – Préface par le Général Henri de Vernejoul – 158 pp avec des photos en N et B et en couleurs en HT – (texte publié sur le site anduze1418.blogspot.fr)

20 juillet 1915. Des vagues d’assaut, des garçons de 20 ans, chargent à bout de souffle dans des pentes abruptes sous un bombardement infernal, sont criblées de balles dès qu’elles débouchent et viennent mourir, mitraillées à bout portant, devant d’infranchissables réseaux de barbelés et des blockhaus bétonnés, où les attendent les corps des cisailleurs tués :

C’EST LE LINGE !

Des monceaux de morts gisant mêlés aux blessés entre les lignes, frémissent sous le soleil de l’été 1915 : c’est la jeunesse de France, la classe 1915 des troupes d’élite de Chasseurs, grouillant de rats, de mouches bleus, d’asticots, soulevée par des rafales d’obus, frappée par les balles, dans une puanteur indescriptible :

C’EST LE LINGE !

Des chasseurs blessés, raidis par un gel polaire, se traînant sous la tempête de neige vosgienne vers de trop lointaines ambulances, succombant par dizaines dans les rigueurs de l’hiver :

C’EST LE LINGE !

4 août 1915. Un bombardement d’une violence inouïe commence ; les rafales de 74, 77, 105 arrivent sans discontinuer ; les 150 et 210 hachent les gros sapins ; sur la crête, sur un front de 200 m, les mines de 170 et 245 pleuvent à 600 par heure :

C’EST LE LINGE !

9 septembre 1915. Pluie de grenades et de liquides enflammés. Les sacs à terre du parapet et du parados des tranchées s’enflamment, surprenant les Chasseurs dans une ruelle de feu. Un dépôt de fusées éclairantes saute. Plus de la moitié d’une section est instantanément hors de combat :

C’EST LE LINGE !

18 septembre 1915. Jour de deuil ; un obus tue le Commandant Bouquet du 30eme B.C.A. Le commandant Julliard qui lui succède est tué le 12 octobre :

C’EST LE LINGE !

Des Chasseurs gazés, haletant dans les nappes toxiques qui embrument les pentes, les tranchées, les sapes et les vallons :

C’EST LE LINGE !

Des hommes englués dans la boue des boyaux, piétinant les corps méconnaissables des morts de la veille, accrochés aux barbelés, aveuglés par les gaz, brûlés aux lance-flammes, assommés par les obus, déchiquetés par les grenades, hachés par les mitrailleuses, tour à tour perdus dans le brouillard, tannés par le soleil ou mordus par les rigueurs de l’hiver vosgien, c’est le combattant du Linge, la jeunesse des 18, 19 et 20 ans de 1915, sur son calvaire.

Dix mille morts français

Août 1915, un Passerand remarqué pour son courage au Linge :

Extrait : GROSSET-JEANNIN Eugène, classe 1912, 11e Btn de chasseurs, cité à l’ordre du Bataillon le 30 août 1915  n° 91 : « A été volontaire pour faire partie d’une patrouille chargée d’aller relever des blessés tombés très près des ouvrages ennemis. [Le Linge, près de Munster] ».

Orbey, le Linge 1915, cimetière militaire français

Cimetière militaire français 

Cimetière militaire français (site pierreswesternfront.punt.nl)

Cimetière militaire français (site pierreswesternfront.punt.nl)

Tombes sur le Linge 

Tombes sur le Linge (site pierreswesternfront.punt.nl)

Tombes sur le Linge (site pierreswesternfront.punt.nl)

Cimetière de Munster en hiver (internet)

Cimetière de Munster en hiver (internet)

Cimetière de Munster en hiver (internet)

Le cimetière de Munster a choisi de laisser reposer côte à côte les soldats des deux camps, unis dans le même sacrifice.

Le carré militaire du cimetière de Munster (site lencrierdupoilu.free.fr)

Le carré militaire du cimetière de Munster (site lencrierdupoilu.free.fr)

Le carré militaire du cimetière de Munster (site lencrierdupoilu.free.fr)

Sources et sites à consulter pour en savoir plus :

Site cheminsdememoire.gouv.fr ; Site linge1915  (Musée mémorial Le Linge 1914 1918 ; actualités) ; Site youtube  VIDEO ; site front-vosges-14-18.eu ; site pages14-18 ; (sur le Linge) ; site chtimiste : Les  Vosges  déc.1914 – mars 1915 ; Site encyclopedie.beditions.fr (nombreuses photos du Linge) ; Site artois1418.skyrock.com : Orbey – Nécropole nationale Le Wettstein, cimetière des Chasseurs, cimetière du Linge ; Bataille du Linge ; Site en.wikipedia.org   (Nécropole nationale Le Wettstein) ; Site danielsaillant.blogspot.fr  (11e BCA et 22e BCA…) ; site alsace1418.fr : le contexte stratégique des combats du Linge ; site pixpixel.fr (vestiges au Linge) ; site front-vosges-14-18.eu (la bataille des cols) ; site strategietotale.com ; site ladepeche.fr ; site gallica.bnf, pages 14 à 20 : Historique du 11e BCAP d’Annecy en 1915 ; site gallica.bnf.fr : historique du 14e BCA ; site alpins.fr14eme_BCA ; site blog sur les morts du canton de Saint-Gervais-d’Auvergne  ; site pierreswesternfront.punt.nl (très nombreuses photos des vestiges au Linge) : Schratzmannele  ; munster valley petit-ballon ; le Linge ; site savoieinparis ; site barberot (Le 4 août 1915, le commandant Barberot tombe au collet du Linge) ; site lencrierdupoilu.free.fr : le document de Gilles ROLAND ; site taulignan14-18 ; site balades en Alsace ; site thebluelinefrontier ; site alsace.lib-expression.fr ; site tim-slater.blogspot.fr ; site anduze1418.blogspot.fr

Voir nos autres pages sur
– Passy pendant la grande Guerre
en particulier
 notre page consacrée au monument aux morts de Passy.

– Passy de 1920 à nos jours.

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– Le retable de la Chapelle de Joux, à Passy
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