Culture, Histoire et Patrimoine de Passy

La traversée des Houches au XVIIIe siècle

Lire notre revue Vatusium n° 17, p. 50 à 52.

Chemin des Diligences », aujourd’hui, aux Chavants (cliché Bernard Théry)

Chemin des Diligences », aujourd’hui, aux Chavants (cliché Bernard Théry)

Le « Chemin des Diligences »

A la fin des Montées Pélissier, on débouchait autrefois dans la vallée de Chamonix aux Houches par l’actuel « Chemin des Diligences » (Chavants). Voir photos dans Vatusium n° 17, p. 66.

L’actuel « Chemin des Diligences », à l’arrivée aux Chavants (cliché Bernard Théry)

L’actuel « Chemin des Diligences », à l’arrivée aux Chavants (cliché Bernard Théry)

Ce chemin surplombe encore aujourd’hui la « Route Blanche » à flanc de falaise ; en fait de « diligences », il ne s’agissait que de petits chars à bancs (voir Vatusium n° 17, p. 54-55, l’article sur les chars à banc démontables, « De merveilleux voyageurs dans leurs drôles de machines »).

Vu la pente, la nature du sol et les rochers qui le tapissent, on se demande comment les véhicules pouvaient circuler sur ce chemin…

L’actuel « Chemin des Diligences » (cliché Bernard Théry, 2014)

L’actuel « Chemin des Diligences » (cliché Bernard Théry, 2014)

Un oratoire dédié à la Vierge a été creusé dans la falaise en 1856 : « Protégez les voyageurs » ; on comprend pourquoi !

L’oratoire du « Chemin des Diligences », à l’arrivée aux Chavants (cliché Bernard Théry, 2014)

L’oratoire du « Chemin des Diligences », à l’arrivée aux Chavants (cliché Bernard Théry, 2014)

Les Houches et la difficile traversée des nants au XVIIIe siècle

De gauche à droite, le nant Nalien et le torrent du grand Bois, le nant Noir (ne aps confondre avec celui de Passy), le nant Fresney et la Griaz,  aux Houches (carte IGN, 1951)

De gauche à droite, le nant Nalien et le torrent du grand Bois, le nant Noir (ne aps confondre avec celui de Passy), le nant Fresney et la Griaz, aux Houches (carte IGN, 1951)

Saussure : « Un demi-quart de lieue au-delà de cette ravine, on passe dans le village des Ouches, l’une des trois paroisses de la vallée de Chamouni. On voit encore ici sur sa droite, les ardoises presque verticales, appuyées contre les montagnes primitives. Les maisons du village sont couvertes de ces ardoises. » (Saussure, Voyages dans les Alpes, 1779-1786,  § 513)

« A une bonne demi-lieue de l’entrée de la vallée, on traverse une profonde ravine, creusée par un torrent qui se nomme le Nant de Nayin *. On voit au pied de la montagne un grand amas de débris coupés par ce torrent, et au-dessus de ces débris, des bancs d’ardoise, appliqués contre le corps de la même montagne. Le lit même du torrent est rempli de fragments de ces ardoises qui sont mêlées de spath et de quartz. » (Saussure, Voyages dans les Alpes, 1779-1786, § 512)

Bourrit : « Nous approchons du bourg de Chamouni ; mais avant d’y arriver nous devons monter sur le glacier des Bossons : nous le voyons devant nous sans pouvoir, à ce premier aperçu, nous en faire une juste idée ; il nous faut passer encore deux torrents, souvent dangereux, celui de Nallian * et celui de Grias ; ils présentent des difficultés dans les mauvais temps : ce fut dans le premier que le curial Paccard se noya, et l’on sait que le second m’a été funeste par la chute de mon cheval et de mon cabriolet, que j’avais menés jusques là sans dangers**. » (Marc-Théodore Bourrit, Itinéraire de Genève, des glaciers de Chamouni, du Valais et du canton de Vaud, 1818, p. 51-52)

* Note CHePP : Le « nant Nalien » se jette dans le ruisseau du Grand Bois (entre les Trabets et l’Essert) à l’est du téléphérique et passe à Bellevue.

**Voir article « Cheval et cabriolet dans le ravin » dans Vatusium n° 17, p. 52.

Nant et glacier de la Griaz

Saussure : « A quelques minutes des Ouches, on traverse encore une profonde ravine, formée par le torrent de la Gria, qui descend d’un petit glacier que l’on voit suspendu au sommet d’une gorge de la montagne à droite.
On passe encore un autre torrent à demi-lieue du précédent ; il descend aussi d’un glacier, et porte comme lui le nom de Taconay. Ce glacier m’a paru considérablement augmenté depuis l’année 1760, où je le vis pour la première fois.

Ces deux glaciers descendent des deux côtés d’une haute montagne que l’on voit de Genève, au pied des neiges du Mont-Blanc ; elle paraît comme une grande porte noire, de forme circulaire par en haut, et sillonnée par des ravines perpendiculaires à l’horizon. » (Saussure, Voyages dans les Alpes, 1779-1786, § 514)

En 1771, Bourrit et ses amis traverseront le torrent de la Griaz d’une façon mouvementée :

« La première paroisse que l’on rencontre est celle des Ouches, à trois quarts de lieue [3 km env.] de l’entrée de la vallée, à une lieue et demie [6 km env.] du prieuré, qui en est le chef-lieu. Avant d’atteindre cette paroisse, l’on rencontre des ravins et des torrents qui, dans les temps de pluie, arrêtent souvent les voyageurs : celui de Grias, qui est au-delà, est le plus dangereux ; il ne faut qu’une pluie de quelques heures dans les montagnes, pour l’enfler au point de le rendre impraticable : j’en fis l’expérience il y a quatorze ans [en 1771] » (Marc-Théodore Bourrit, Nouvelle description des glacières et glaciers de Savoye, 1785)

Lire le récit de cette traversée dans Vatusium n° 17, page 51.

Découvrez le n° 17 de Vatusium : La traversée de Passy

Voir aussi nos pages :

– Histoire des lettres de W. Windham et P. Martel relatant leurs voyages à Chamonix (1741 et 1742) par Théophile DUFOUR
– La lettre de William Windham en 1741
– La lettre de Pierre Martel en 1742
– Découverte de la vallée et du Prieuré de Chamouny (Chamonix) au XVIIIe
– Nant et glacier des Buissons [Bossons] au XVIIIe siècle

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